UNE SOCIETE CIVILE BIEN ORGANISEE ...

Mercredi 11 Oct. 2017 : 10H00

UNE SOCIETE CIVILE BIEN ORGANISEE EST UNE ARME FORTE, PLUS PUISSANTE, POUVANT RESISTER AUX GROUPES ARMES. MAIS EN RCA...

La société civile regroupe les associations des femmes et  jeunes, les coopératives, les groupements, les ONG nationales, les confessions religieuses etc.  Il y a autant d’associations, de coopératives, d’ONG nationales, de groupements… qui pullulent en République Centrafricaine. C’est l’ensemble de ces organisations qui constituent la société civile centrafricaine. Si elle est bien organisée, elle  peut constituer une arme forte, plus puissante, pouvant résister aux groupes armés. Mais la société civile centrafricaine est moribonde pour mener des actions concrètes afin de sauver la population et la nation en danger de mort.

La société civile existe depuis fort longtemps en République Centrafricaine. Qu’est-ce qu’elle a fait concrètement en termes d’éducation de la population et particulièrement de la jeunesse ? Est-ce seulement en temps de crise que la société civile peut réagir ? La jeunesse est le noyau du développement. A cet effet, cette jeunesse a besoin d’être éduquée pour prendre en main son destin. La société civile est bien vivante quand l’éducation des jeunes va de mal en pis depuis plus de trente (30) ans. Aucune action n’a été menée pour sensibiliser et éduquer les jeunes et surtout ceux qui sont désœuvrés à aimer leur patrie. Les notions de l’éducation civique et de la citoyenneté qui jadis faisaient l’objet de l’enseignement dans les établissements primaires et secondaires ont fondu depuis belle lurette comme du beurre au soleil.

Conséquence, la jeunesse centrafricaine, même celle qui se vante de diplôme de doctorat, master 1 et 2, licence, BTS, voire baccalauréat, n’a aucune notion de l’amour de la patrie. Elle est prête à être téléguidée et manipulée pour détruire son propre pays. Un jeune qui n’a même pas été à l’école, mais bien éduqué et sensibilisé sur le civisme et la citoyenneté ne peut jamais accepter d’être manipulé pour prendre une arme et détruire son pays. La crise enclenchée en décembre 2012 par l’ex-coalition Séléka et qui continue d’ébranler les fondements de la République nous fait comprendre que le niveau de l’éducation de la jeunesse est tombé plus bas que terre. Le Rwanda a traversé la pire crise que la RCA. Mais, la jeunesse rwandaise bien éduquée ne s’est pas laissée emporter dans les manipulations pour détruire son pays. Plusieurs personnalités centrafricaines qui ont foulé le sol rwandais après le génocide ont été étonnées de constater que les bâtiments de l’Etat, les sociétés, et les maisons des particuliers n’avaient subi aucun dommage. Voilà comment la jeunesse rwandaise a démontré son sens du patriotisme vis-à-vis de l’opinion internationale.

Quand le régime du KNK de François Bozizé maltraitait la population civile, braquait les collecteurs de diamant, détournait les biens de l’Etat, cela ne faisait ni chaud, ni froid à la société civile. Or, ce sont ces maux qui étaient à la base de l’injustice sociale, créant ainsi la frustration au sein de la population et poussant certains de nos compatriotes à la révolte, synonyme de rébellion. Ce n’est pas Michel Djotodia, le leader de l’ex-coalition Séléka qui nous démentira. Il a justifié leur soulèvement contre le régime de François Bozizé par la marginalisation de leur région. Si la société civile existait réellement à l’époque, elle aurait dû informer les autorités  du pays sur les conséquences de ces actes dans la société. Malheureusement, ce n’était pas le cas. Conséquence, la Séléka qui a jailli du néant, après avoir renversé le régime de François Bozizé le 24 mars 2013, s’est vite répandue comme une traînée de poudre dans toutes les régions du pays avec des massacres, des tueries, des pillages, des viols, d’incendies de villages entiers. A qui la faute ?

Quand les éléments de l’ex-coalition Séléka étaient  plongés dans les massacres de la population, la société civile s’est retirée dans sa coquille. Il a fallu le courage des vaillants citoyens centrafricains sans défense pour s’organiser et s’opposer à la rage destructrice des ex-Séléka. La société civile a croisé les bras et  a laissé les médias internationaux instrumentaliser la crise centrafricaine en une «  crise interconfessionnelle ». Et les centrafricains ont saisi l’occasion pour s’entretuer entre eux. D’où sort l’idée de chrétien et musulman ?

Comment vivions-nous auparavant ? C’est de cette manière que la société civile doit s’interroger tout en cherchant des voies et moyens pour rétablir la confiance au sein des communautés afin de favoriser le vivre ensemble et la réconciliation nationale dans tout le pays.

Les porte-parole de l’UPC et du FPRC ont dit clairement sur les ondes de la radio Ndeke-Luka qu’ils n’ont jamais vu une société civile à l’intérieur du pays. C’est la preuve que la société civile centrafricaine n’existe que de nom. Les quatre millions (4.000.000) de centrafricains ne peuvent plus succomber d’un seul coup devant les groupes armés. Et les milices armées ne sont pas des extraterrestres. Ce sont des êtres humains crées à l’image de Dieu et qui ont besoin  aussi d’être sensibilisés et éduqués afin de renoncer aux violences. Quelle est la contribution de la société civile en termes de sensibilisation des groupes armés ? Néant.

A part la sensibilisation des victimes, les cas des tueries et incendies qui se poursuivent allègrement dans les villes de provinces ne n’émeuvent nullement la société civile. Certes, il faut que justice soit rendue aux victimes. C’est ce qui est entrain d’être fait à travers la concrétisation de la Cour Pénale Spéciale en vue. Mais en attendant, il faut la paix. Et c’est l’affaire de tout le peuple et non d’un régime où d’un groupe de personnes.

C’est la société civile qui a ramené la paix au Burkina-Faso durant la transition. Qu’en est-il de la société civile centrafricaine ? Dommage !

 

Amedé NGUETE

 

 

 

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