UNE COMPAGNIE DE B.I.T. 3 FORMEE :

Mardi 27/12/2016 : 11H13

UNE COMPAGNIE DE  B.I.T. 3 FORMEE : L’OPERATIONNALISATION EFFECTIVE DES FACA EST EN MARCHE

Du 19 septembre au 23 décembre 2016, une compagnie du Bataillon d’Infanterie Territoriale (BIT3) des Forces Armées Centrafricaines (FACA), a subi un entraînement opérationnel. Cette formation a été pilotée par la Mission Européenne de Training (EUTM) qui a pris sa fonction le 15 septembre dernier après que l’EUMAM lui a passé le relais. Au cours de cette formation opérationnelle, seulement cent quatre vingt-quinze (195) éléments des FACA du BIT3 ont obtenu leur parchemin de fin d’entraînement opérationnel, ce vendredi 23 décembre 2016. Et la rédaction de « Centrafric Matin » s’interroge en ces termes : avec cette première compagnie du BIT3 formée par l’EUTM, s’achemine-t-on réellement vers l’opérationnalisation effective des FACA ?

C’est toute la question que le peuple centrafricain se pose aujourd’hui. Car depuis le 24 mars 2013, date de la prise de pouvoir par la nébuleuse coalition Séléka, menée par Michel Djotodia Am Non Droko, l’armée centrafricaine semblait disparaître sur la scène nationale. Elle n’existait que de nom. Les combattants de la Séléka ont régné en lieu et place des vaillants fils du pays qui ont choisi le métier des armes, c’est-à dire les soldats centrafricains formés par l’Etat. Le fameux embargo sur les armes à destination de la RCA et sur les FACA, décrété par le comité de sanction des Nations-Unies, a enfoncé le clou. Profitant de l’absence de l’une des composantes de la souveraineté de l’Etat centrafricain, les rebelles Séléka et Anti-Balaka ont pris position dans certaines régions du pays. Leur premier objectif, c’est de tuer, massacrer la population civile qui tente de leur résister ou de s’opposer à leur diktat. Partout, des cris de détresse, les lamentations, les gémissements des populations civiles se font entendre sur le territoire centrafricain. Face aux exactions inouïes, ignobles, bestiales, indignes des groupes armés, des voix se sont levées pour demander la réhabilitation et le redéploiement des FACA sur l’ensemble du territoire

Aujourd’hui, ce que le peuple centrafricain réclamait à cor et à cri est entrain de se concrétiser doucement mais sûrement. L’EUTM répond d’une manière progressive aux attentes des Centrafricains, en formant une  compagnie du BIT3, composée de 195 éléments des FACA. C’est déjà un pas vers l’avant. Mais d’après les Centrafricains que nous avons croisés dans  les rues de Bangui, « 195 éléments du BIT3 formés par l’EUTM en l’espace de trois (3) mois, c’est très insuffisant. L’EUTM doit redoubler d’effort pour en former plus dans les trois (3) prochains mois à venir ». En réponse aux préoccupations du peuple centrafricain, le général commandant l’EUTM , Hautecloque a clairement affirmé lors de la conférence de presse qu’il a animé avec le ministre de la Défense Nationale et le chef d’Etat-major des armées, que l’EUTM envisage former deux (2) compagnies simultanément dans les jours à venir. Cette annonce prouve à suffisance que l’EUTM a la volonté de rendre optionnelles nos FACA.

  Le problème crucial qui se pose aujourd’hui à notre armée, c’est l’équipement. Une chose est de former, une autre est d’équiper ceux qui sont formés. Vous êtes sans ignorer que toutes les armes qui se trouvaient dans les différentes poudrières ont été toutes pillées et emportées par les combattants Séléka. Pour ce faire, il faut trouver des moyens, des matériels militaires pour mettre à la disposition de ces militaires formés. Sur ce, le chef d’Etat-major des armées, le général Ludovic Ngaïfeï a lancé un appel pressant au gouvernement et à la Communauté Internationale dans ce sens. Nous espérons que dans les jours à venir, ces 195 militaires qui ont suivi une formation d’entraînement opérationnel ne seront pas encore abandonnés à leur triste sort. Des efforts sont entrain d’être déployés pour les équiper car on ne peut former des militaires et les laisser pour compte. L’enseignant a besoin d’un stylo, d’un morceau de craie pour enseigner. Il en sera même pour ces soldats car il faut les doter d’une tenue militaire, d’une arme, et nous en passons.

Donc, il n’y a plus de souci à se faire. Au fur et à mesure que ces soldats centrafricains seront formés, ils deviendront automatiquement opérationnels. Le ministre de la Défense Nationale, Joseph Yakété et le chef d’Etat-major des armées, le général de division, Ngaïfeï y veillent au grain. Nous nous acheminons aujourd’hui vers l’opérationnalisation effective des FACA.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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