UN SURDOSAGE DES BRAS CASSES

Mardi 19.09.2017 : 09H57

L’Editorial de Julien BELA

GOUVERNEMENT SARANDJI 2 :

UN SURDOSAGE DES BRAS CASSES

 

Un gouvernement sans vision, sans principes directeurs, sans orientation, véritable pilotage à vue, c’est le cas du gouvernement Sarandji 1. Comble de malheur, Sarandji 2 est un surdosage des bras cassés. Même les yeux fermés, un Centrafricain lambda, dans les circonstances actuelles, ne peut former un tel gouvernement. Le ministère du Plan, de l’Economie et de la Coopération, est plein d’experts de tout genre. Les technocrates ne font guère défaut. Sarandji a fait 05  ans comme Directeur de Cabinet à la Primature. C’est un poste stratégique qui permet de détecter les cadres compétents, les technocrates, les hommes intègres, honnêtes. Le séjour à la Primature pendant 05 ans n’a pas transformé Sarandji en observateur averti de l’administration centrafricaine. Sarandji 2 est un gouvernement qui décourage les bonnes volontés, démoralise les cadres valeureux, un non évènement en somme.

Touadéra semble ne pas vouloir un second mandat, car il cautionne un gouvernement décrié par toute la population, un gouvernement mort-né. L’intervention de Touadéra lors du premier conseil des ministres du gouvernement Sarandji 2, ne rassure personne. Un gouvernement qui échoue lamentablement, médiocre, est adulé, vénéré, couronné. C’est l’éternel paradoxe  des dirigeants centrafricains. Aucune différence, aucune démarcation, aucune rupture avec le cordon ombilicale avec la médiocrité absolue. Presque deux ans après l’investiture et les Centrafricains ont toujours un gouvernement au brouillon. Et pourtant le temps passe. Si Sarandji trouve son compte, ce n’est pas le cas pour Touadéra à qui les Centrafricains ont placé leur espoir. Touadéra sera devant la barre populaire aux prochaines élections.

Dans tous les pays responsables de la planète, on change une équipe qui perd lamentablement, humiliant le pays. La corruption, les détournements, les scandales miniers, les mauvaises manières de servir, sont combattus avec la dernière énergie par le gouvernement, afin de moraliser la société, inculquer la culture du progrès, de l’entreprenariat, des inventions et des innovations technologiques. C’est ce langage qui domine dans tous les pays africains, notamment le Sénégal, le Burkina-Faso, le Rwanda, le Mali, pour ne citer que ceux-là. En RCA, c’est un silence de cimetière, comme s’il n’y avait pas encore de Premier ministre et de gouvernement. La corruption, les détournements ont libre cours comme de rien n’était, incroyable, mais pourtant vrai ! Pour la première fois, des professeurs d’université à la tête du pays, et il n’y a aucune différence avec ceux qui n’avaient que le Certificat d’Etudes Indigène.

La RCA est-elle maudite ou comment ? Si un professeur d’université n’arrive pas à sortir la tête de l’eau, c’est grave. Des économistes, des banquiers, des professeurs d’universités à la Primature, mais hélas, sans faire bouger la société d’un iota. Le cauchemar des Centrafricains depuis 30 ans, se poursuit allègrement, mais cela n’empêche pas un Premier ministre de savourer les délices des avantages liés à sa fonction, c’est l’essentiel. Pourvu que le temps passe et qu’on engrange davantage.     

 

               Julien BELA

 

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