SUCAF-CENTRAFRIQUE :VISITE DES INSTALLATIONS

Vendredi 25-05-2018 : 10H08

VISITE DES INSTALLATIONS, SUIVIE DE L’ASPECT ECONOMIQUE ET SOCIETAL DE SUCAF-CENTRAFRIQUE PASSE AU PEIGNE FIN PAR LA DIRECTION GENERALE

Il était presque 09 heures, ce jeudi 24 mai 2018, quand les professionnels des medias audio-visuels et de la presse écrite sont arrivés sur le lieu des installations de production du sucre de la SUCAF-CENTRAFRIQUE à Bangui. Accompagnés par Mathieu Zachée, responsable d’agglomérerie, les hommes de plume ont pu visiter les différentes machines de production. D’abord, Zachée nous a conduits dans la salle de maturation où une fois le sucre produit à Ngakobo, on le met dans des cartons de 25 kg. Dans cette salle, il n’y a pas assez de stock. Il a indiqué que sa société attend les camions chargés du sucre en poudre qui viendront de Ngakobo. Il a précisé par ailleurs, « comme il y a une forte demande, on fait venir du sucre du Brésil et du Congo-Brazzaville qui représente moins de 10 % de la production de Sucaf-Centrafrique. Le sucre qui arrive de Ngakobo, on l’appelle sucre roux ou blond. D’autres sucres sont produits ici dans les machines que vous voyez devant nous. Comme il n’y a pas une forte demande, les machines sont en stand by. Nous produisons des sucres en sachets (poudre) et des sucres en carreaux. Avec cette machine-là, on peut produire plus de 40 tonnes par mois ».

Quant à Ignace Gongbanga, un machiniste, il a expliqué les différentes étapes suivies par le sucre. « Dans la mouleuse, le sucre arrive en poudre. Puis, on le mélange avec de l’eau. Il sort en carreaux et on le fait sécher dans une machine qui fait 160°. Ensuite, il passe dans l’emboiteuse et enfin dans l’encolleuse. Une fois sorti, il va dans la salle de maturation. C’est là où on élimine au maximum le taux d’humidité », a-t-il indiqué.

Après cette visite qui a émerveillé les journalistes, Martin Aken, Directeur Général Adjoint a présenté un film documentaire qui a retracé l’historique de Sucaf-Centrafrique, et l’aspect économique et sociétal de ladite société.

Dans sa présentation, Martin Aken a signifié, « Sucaf-Centrafrique est une filiale du groupe SOMDIAA, depuis 2003 en RCA. Ce groupe est implanté aussi au Cameroun, Gabon, Tchad, Congo-Brazzaville, Côte d’Ivoire. La superficie du site de Ngakobo est de 1.800 hectares. Il y a deux sites : le site de Ngakobo et le site administratif et commercial de Bangui qui regroupe 4 services. La capacité de production annuelle de Sucaf-Centrafrique est de 10.000 tonnes. En 2020, elle pourra atteindre 16.000 tonnes. Sucaf emploie 1.300, voire 1.500 employés. La population du site de Ngakobo est estimée à 30.000 personnes. Sucaf-Centrafrique est une société centrafricaine, située à Ngakobo dans la sous-préfecture de Kouango (préfecture de la Ouaka). Elle donne de l’eau et l’électricité gratuitement aux populations de Ngakobo. Sucaf-Centrafrique a construit un collège (200 élèves), deux écoles primaires (1.000 élèves/école), une maternelle et un dispensaire où le médecin-chef de l’hôpital préfectoral de Bambari vient une fois par semaine consulter le personnel de Sucaf et les populations du site de Ngakobo. Sucaf loge ses employés, fait des efforts pour réparer les infrastructures routières afin de faciliter l’acheminement de ses produits finis. La qualité, c’est Princesse Tatie qui sucre vos envies. Le site de Ngakobo a un directeur et trois (3) départements (industrie, culture…) ».

Dans la foulée de cette présentation, le Directeur Général (DG) de Sucaf-Centrafrique, monsieur Stéphane Jaffret, a animé une conférence de presse. Dans ses propos liminaires, il a indiqué, « Sucaf-Centrafrique a cent (100) employés à Bangui et tout le reste se trouve sur le site de Ngakobo où il y a plus d’actions sociales. Elle fait vivre 12.000 personnes en moyenne. Pour des raisons de sécurité, on y trouve aujourd’hui des déplacés (12.000 à 13.000 individus), ce qui fait présentement 25.000 personnes sur le site. Sucaf fournit de l’eau et de l’électricité car nous avons une turbine qui fonctionne à base des résidus du sucre. Elle verse également à l’Etat centrafricain la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA). Des projets sont en cours pour l’élevage des poulets, les cultures vivrières… ».

En réponse aux préoccupations majeures des journalistes, Jaffret de dire, « Sucaf est toujours restée à Ngakobo et SOMDIAA a toujours investi des millions dans cette société malgré qu’elle a été pillée, saccagée. Après cette crise, Sucaf est repartie en 2015-2016 mais connait des difficultés.

Nous avons des problèmes pour amener les pièces de rechange à Ngakobo et les sucres en poudre à Bangui. Nous demandons toujours l’appui de la Minusca pour l’escorte de nos véhicules entre Bangui et Ngakobo car nos camions ont été attaqués. Si le véhicule tombe en panne et que la Minusca part, les populations vident son contenu. Pour les investissements, nous avons donné nos engagements pour continuer à produire et à investir. Sucaf contribue économiquement à l’Etat et à la société ».

S’agissant de la sécurité de l’usine de Ngakobo, Jaffret a souligné que le contingent mauritanien de la Minusca protège la population et l’usine. Il a remercié le gouvernement qui a déployé onze (11) gendarmes sur le site de Ngakobo, ce qui a permis de réduire les tracasseries. Certains bandits sont même arrêtés. La sécurité de la population, du personnel et de l’usine est assurée par la Minusca et la gendarmerie.

Le DG de Sucaf-Centrafrique a reconnu tout de même la faible production du sucre par sa société qui ne répond pas à la demande de la population. « La production réelle de Ngakobo en 1987 était de 6.000 tonnes. Et en 2015-2016, elle se situait entre 10.000 à 12.000 tonnes par an. Cela ne satisfait pas la population. L’idée, c’est d’atteindre 16.000 tonnes, en 2020 », a-t-il poursuivi.

Avant de boucler, le DG Stéphane Jaffret a déploré l’importation frauduleuse du sucre et a besoin du concours de l’Etat pour protéger les frontières.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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