SECTEUR KM5 : IGOR DOUMOLOMA, PIEGE...

Lundi 16 Oct. 2017 : 08H30

SECTEUR KM5 : IGOR DOUMOLOMA, CONDUCTEUR DE TAXI-MOTO,

PIEGE ET BRAQUE PAR UN CLIENT

Km5 2Nul n’ignore que ces derniers temps, les commerçants du Km5 cherchent par tous les moyens à faire assoir la paix dans leur secteur. Mais certains de nos frères malintentionnés, possédant des démons dont nous taisons le nom, veulent à tout prix mettre le feu dans ce milieu. Très souvent pour régler les contentieux, ils choisissent le Km5. Car, une fois que le forfait sera fait, personne ne saura que ce sont eux. Et ils seront le premier à accuser les musulmans, histoire de provoquer la terreur. Tous les braqueurs, voleurs patentés de la capitale, sont aujourd’hui bien habillés et se promènent le jour comme la nuit au Km5, afin de chercher à mettre en cause ledit secteur. Monsieur Igor Doumoloma, habitant le quartier Nzangogna, conducteur de taxi-moto, père de deux (2) enfants, l’un de leur victime, nous explique son calvaire.

« Dans la journée du vendredi 13 octobre 2017, aux environs de 07 heures, au quartier Lakouanga, un client m’a pris en course pour le déposer au pont Jackson. Une fois arrivé sur le lieu, il m’a dit de le conduire directement chez lui. Dit-on que sa maison est à 100 mètres du pont à côté du canal en allant vers le quartier Sango, derrière une base de la MINUSCA. Arrivé chez lui, il est descendu de la moto. Il y a un monsieur assis devant la maison. Croyant qu’il voulait me donner mon argent, il a saisi la clé de la moto en me demandant de descendre. J’ai refusé. Il a fait sortir un couteau et m’a poignardé premièrement au niveau de mon avant bras gauche. Grande a été sa surprise de constater  que la plaie a disparu. Il m’a donné encore le second coup de couteau à la poitrine. Ce qui n’a pas fait couler du sang, pas de blessure. Il a dit, « ah ! c’est vous les Anti-Balaka. Comme tu résistes à mon couteau, on va voir si tu peux résister aussi à mon arme ». Il a crié au monsieur qui était devant la cour d’amener son arme pour voir si je pouvais aussi résister. Le monsieur m’a poussé par terre. Ils ont pris la moto et sont disparus. Sur la toiture de « sa maison », il y a le drapeau centrafricain.

En retournant au pont Jackson, j’ai alerté un taxi-moto qui veut emprunter le même itinéraire. Je suis descendu au poste des taxis-motos du Km5 pour les tenir informer. Là, j’ai trouvé le SG des taxis-motos de mon secteur, Kettè-Nguéré (6e arrondissement) et huit (8) conducteurs des taxis-motos qui sont dans le même cas que moi. Les responsables des taxis-motos du Km5 me disent qu’ils sont dépassés vu le nombre de réclamations de la journée. Ils ont collecté les 100 francs auprès de nos collègues pour confier à un autre afin de se lancer à leur recherche.

Avec mon SG, nous sommes retournés sur le lieu du drame. Personne ne m’a cru car, je ne possédais pas la blessure du couteau. Heureusement, il y avait un homme qui suivait de loin et qui est venu me témoigner. Il a dit : « à cause d’une moto, tu veux sacrifier ta vie ? ». Il est à noter que ce secteur est le fief du défunt 50/50. Nous nous sommes orientés chez lui croyant qu’il est en vie. C’est sa maman qui était là. Elle nous a confié son jeune fils, le cadet de 50/50 qui est son remplaçant. C’est un jeune  très sympas, très compréhensif. Il m’a conduit dans son « commissariat ». Il a fait venir tous ses éléments en me demandant si je reconnais le braqueur. Il n’était pas parmi eux. Il m’a dit d’attendre. Vers 12 heures, ils ont arrêté le braqueur qui a voulu vendre la moto à deux cent mille francs (200.000F) CFA vers la Mosquée Centrale. Le braqueur est connu d’eux. Car c’est pour la deuxième fois qu’il est arrêté à cause de tels actes. Il s’est justifié en disant qu’il n’a pas d’argent pour payer les frais d’écolage de ses enfants. Et il les a dit que je suis Anti-balaka. Heureusement, ils n’ont pas cru à son mensonge. Il était bien tabassé.

 Maintenant pour récupérer la moto, le chef de poste m’a demandé 50.000F CFA. J’ai appelé le propriétaire de la moto qui m’a envoyé une somme de 25.000F CFA qu’ils ont acceptée. Lorsque je voulais partir, un d’entre eux m’a demandé une somme de 5000F, car il avait pris une autre moto en course pour chercher la mienne. Heureusement, en ce temps-là, un élément des FACA (Forces Armées Centrafricaines) du Km5 était arrivé. Il m’a fait une dette, tout juste pour me tirer d’affaire. Il m’a conduit avec la moto à leur base au commissariat du 3e Arrondissement.

Arrivé au commissariat, mon SG est là , et il a remboursé l’argent de cet élément des FACA. C’était vers 17 heures que j’ai été libéré avec la moto qui restée chez le SG à cause de son argent qu’il  a donné au FACA.

Le responsable d’autodéfense du Km5, frère cadet de 50/50, « Colo », c’est comme ça qu’on l’appelle,  étais très humble envers moi. Il m’a payé un verre de thé. Il m’a beaucoup conseillé. En l’écoutant, il est contre les actes de banditisme »

Propos recueillis par

Benjamin-Hervé LANGOSSENGUE

              

 

 

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : Lun 16 oct 2017