RJDH: 12.04.2017

DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

 

LES DEPLACES INTERNES DE SITE DE BENZ-VI ENVISAGENT LEUR RETOUR VOLONTAIRE

Les déplacés de l’intérieur du pays installés sur le site de Benz-vi envisagent leur retour dans leurs zones respectives. Ils déplorent les conditions difficiles de vie sur le site et appellent à la solidarité.

Ils sont des déplacés de Kaga-Bandoro et autres ayant fui les hostilités dans leur localité pour gagner Bangui. Trois mois après l’opération « Noël à la Maison » lancée par le gouvernement, ces déplacés n’ont pas eu de facilité du HCR et du gouvernement pour pouvoir rentrer. Sur ce site, aucun dispositif sanitaire n’est visible et ces déplacés s’estiment abandonnés.

Ce site regorge 2.446 déplacés et le coordonnateur du site se plaint de leurs conditions de vie. «C’est depuis 2013 que nous avons occupé ce site. Au début, nous avons reçu de l’aide humanitaire et des gestes des religieux. Mais depuis quelques temps, l’aide tourne au ralenti. C’est par rapport à ces  conditions que lors d’une réunion avec la coordination du HCR et le ministère des affaires sociales en commun accord avec ceux de Kaga-Bandoro que nous avons envisagé ce retour en dépit de l’insécurité dans l’arrière-pays », a-t-il indiqué.

Catherine, l’une des déplacés de Kaga-Bandoro déplore les conditions de vie sur le site en disant : « Nous qui sommes de Kaga-Bandoro, nous n’avons aucun parent à Bangui. Nous sommes abandonnés à notre triste sort et nous serons obligés de retourner chez nous malgré qu’il y a encore de l’insécurité ».

La plainte des déplacés de Benz-Vi intervient dans un contexte de tarissement des ressources pour l’action humanitaire, ce qui motive l’appel au fonds de Yaoundé par la communauté humanitaire.

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PLUSIEURS FILLES S’ENGAGENT CONTRE LA DEPERDITION SCOLAIRE ET LES VBG

Plusieurs filles de Bangui se sont engagées à combattre la déperdition scolaire et les violences basées sur le genre (VBG). Engagement décidé lors de la conférence débat sur les violences basées sur le genre organisée ce 08 avril à l’Ambassade des USA à Bangui.

Il ressort de cette conférence débat que les violences basées sur le genre sont répondues dans le pays et freinent le développement socioéconomique des jeunes filles et mères dans leurs activités professionnelles. Selon l’association « Ensemble pour le Changement » à l’initiative de cette conférence débat, les filles doivent elles-mêmes s’élever contre les violences basées sur le genre tant à Bangui qu’à l’intérieur du pays.

Marlise, étudiante en 3ème année de droits privés à l’Université de Bangui, se dit consciente de ces pratiques faites à l’égard des filles. « A l’ère où nous sommes, les filles et les jeunes mères doivent prendre leur destin en main, de s’adonner afin de lutter contre ces pratiques »,  a-t-elle lancé.

La déperdition scolaire, les grossesses non désirées, le manque de volonté sont autant de maux qui constituent le frein à l’émancipation des filles dans le pays, selon Adolph Jocelyn Dambafa, Vice-président de l’association « Together for change » qui milite pour l’émancipation et l’entreprenariat des jeunes filles centrafricaines.

Il a, en outre, précisé que les filles ont droit à une communication sur les vertus des droits humains. « Chaque élève ou étudiante a des potentialités pour sa communauté. Il est nécessaire de passer des séances de communication sur leurs droits et leur rôle dans une société. Donc, avec tous ces outils, nous pensons que les filles doivent commencer à préparer leur avenir pour le relèvement du pays », a souhaité Adolphe Jocelyn Dambafa.

Cette conférence débat ouvre la voie à une  série de campagne de proximité sur les VBG à travers le pays.

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MICHAËLLE JEAN, SECRETAIRE GENERAL DE LA FRANCOPHONIE ATTENDUE A BANGUI

Michaëlle Jean, la secrétaire générale de l’organisation internationale de la francophonie est attendue ce 11 avril à Bangui pour une visite de travail qui la conduira aussi à Bambari à l’est du pays.

Michaelle Jean va venir en République Centrafricaine sur invitation de Faustin Archange Touadera. Cette visite a un enjeu de taille depuis le retour de la RCA dans la famille de francophonie après sa suspension des instances suite au coup de force de mars 2013. Cette visite intervient un an après le retour à l’ordre constitutionnel et le retour du pays au sein de la francophonie.

Son agenda prévoit des rencontres avec les autorités politiques, un passage à l’Assemblée Nationale, une rencontre avec les leaders religieux et le corps universitaire mais aussi les associations de la francophonie. La Secrétaire va devoir lancer certains programmes de la francophonie tels que le CLAC (centre de lecture et d’animation culturelle). La campagne libre ensemble prévue est suspendue pour des raisons de sécurité.

Elle profitera aussi pour remettre les prix aux lauréats de la journée de la francophonie célébrée en différé en Centrafrique, quelques jours avant son arrivée. Elle effectuera un déplacement à Bambari où elle visitera le site des déplacés. Selon le comité d’organisation, Michaëlle Jean recevra le prix Honoris Causa à l’Université de Bangui.

Michaëlle Jean reçoit le prix Honoris Causa en 2017, après celui de Catherine Samba-Panza alors présidente de la transition en 2016.

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FOOTBALL ET BASKETBALL PRIORISES AU DETRIMENT DES AUTRES FEDERATIONS SPORTIVES

Une discrimination dans le traitement des disciplines sportives. Un constat du RJDH relève que les sorties de certaines fédérations sont privilégiées au détriment des autres.

Le football et le basketball sont les deux disciplines sportives dont les sorties sont privilégiées par le gouvernement, selon un constat fait ces derniers temps par le RJDH.

Le volleyball centrafricain a pris part par son propre moyen au tournoi sous régional à Yaoundé en décembre dernier, alors que gouvernement n’a pas décaisser les 3 million de Fcfa sollicités. Le handball, le judo, nanbudo, la boxe ont fait aussi cette triste expérience. Le taekwondo et le tir-à-l’arc ont été récemment victimes de cette pratique.

Les pratiquants du taekwondo qui devraient se rendre à Dakar au Sénégal pour une compétition continentale la semaine dernière, n’ont pas pu à cause de la disponibilité des fonds. Le gouvernement  avait déclaré ne pas avoir les moyens pour financer ce déplacement dont le budget tourne au tour de 10 million. Comme pour contredire ce fait, ce même gouvernement a financé le déplacement de l’équipe nationale de football au Maroc courant mars, et, a octroyé 50 millions pour l’organisation du tournoi de la zone IV de Fiba-Afrique à Bangui.

La participation de l’équipe nationale de football dans les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations tourne autour de 100 à 300 million par match, a été assumée par le gouvernement.

Les nouveaux bureaux des fédérations de football et de basketball, mis en place après leurs Assemblées Générales, respectives ont été régulièrement reçus au plus haut sommet de l’Etat, ce qui n’est pas le cas pour les autres fédérations sportives.

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LE DEVELOPPEMENT DE L’AGRICULTURE CONFRONTE A PLUSIEURS DIFFICULTES DANS LA REGION N°1

L’agriculture occupe 80% de la population active dans la région n°1 à savoir la Lobaye et l’Ombelle M’poko. Son développement se confronte à plusieurs difficultés entre autres la coordination technique, la dégradation des pistes rurales et le manque de mobilité empêchant l’écoulement des produits champêtres selon Amélia Eléonore Asshenguy directrice de la région n°1.

L’agriculture placée comme priorité dans le programme du gouvernement est pratiquée dans tout le pays, alors que des problèmes techniques et la dégradation des routes empêchent les cultivateurs à écouler leurs produits vers les grandes villes ainsi que la capitale. C’est dans ce contexte qu’Amélia Eléonore Asshenguy, directrice régionale n°1  de l’agriculture a déploré cette situation.

La véritable relance de l’agriculture passe par la culture attelée  « C’est ainsi que nous faisons tout pour qu’elle dépasse ce stade de travail manuel. Après la crise, les gens n’ont pas encore véritablement repris les activités agricoles à causes de quelques difficultés », a-t-elle présenté avant de relever que les agriculteurs ont perdu les petits outillages et autres matériels agricoles.

Amélia Eléonore Asshenguy a encouragé les ONG nationales et internationales à continuer leur soutien pour la relance et le développement de l’agriculture dans sa région, « La FAO nous soutient toujours à travers les Semences. Nous sommes en période de campagne agricole c’est pourquoi nous invitons la FAO à nous donner les semences à temps. Les semis démarrent maintenant du 15 avril au 15 mai et si les producteurs ont les semis pendant la bonne période, ils pourront faire des bonnes productions », a-t-elle espéré.

 La directrice régionale déplore le manque des moyens logistiques. « Nous demandons au gouvernement de mettre à notre disposition des moyens logistiques. Nous n’avons de moyen de transport pour couvrir la région afin d’apporter des conseils techniques aux agriculteurs », a-t-elle regretté avant de souligner les difficultés relatives à la dégradation des pistes rurales.

La célébration de la journée mondiale de l’alimentation dans la localité a des effets escomptés sur l’agriculture selon la directrice régionale, « C’est une bouffée d’oxygène pour la relance de l’agriculture dans la région. Après son passage, nous avons constaté que les agriculteurs se sont levés pour la reprise des activités agricoles qu’ils considèrent comme base du développement », a-t-elle remarqué.

L’agriculture occupe 66% de la population Centrafricaine et 9% des terres cultivées. Le potentiel des sols est estimé à 15 millions d’hectares, alors que la forêt centrafricaine couvre une superficie de 3,8 millions d’hectares. L’agriculture et la sylviculture contribuaient, en 2014, à 58% du PIB contre 12% de l’industrie extractive (or et diamants) et de transformation (boissons, sucre, cigarettes, tôles).

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48% DES MENAGES CENTRAFRICAINS EN SITUATION D’INSECURITE ALIMENTAIRE

48% des ménages, soit environ 2,125 millions de personnes sont menacées d’insécurité alimentaire, selon le rapport d’enquête du cluster sécurité alimentaire réalisée entre décembre 2016  et Janvier 2017 à Bangui et 15 préfectures du pays.

Ce rapport indique que le niveau d’insécurité alimentaire n’a pas évolué entre 2015 et 2016.  « 6% des ménages soit 268 mille personnes sont en situation d’insécurité alimentaire sévère ; 42% des ménages soit environ 2 millions de personnes sont en insécurité alimentaire modérée et 1/3 des ménages sont dans une situation de sécurité alimentaire limitée », peut-on lire dans le rapport.

Cette insécurité alimentaire est élevée à l’est, l’ouest, au centre ainsi que le nord du pays. « Dans le Haut-Mbomou 66%, 64% dans l’Ouham, 63%  dans la Ouaka, 61% dans la Lobaye et 60% dans la Basse-Kotto. Elle touche un nombre important de personnes dans les préfectures de l’Ouham-Pende (308.000  personnes), Mamberé-Kadei (209.000 personnes) », a indiqué cette source.

La forme sévère de l’insécurité alimentaire concerne un nombre élevé de la population dans la Ouaka  avec 55.000 personnes concernées, l’Ouham-Pende 46.000 personnes, Basse-Kotto 33.000 personnes, la Lobaye 27.000 et Bangui 28.000. La proportion de l’insécurité alimentaire sévère dépasse 10% dans les préfectures de la Ouaka  avec 16%, la Sangha-Mbaéré avec 15%, et Bamingui Bangoran 12%.

Si le niveau général de l’insécurité alimentaire n’a pas évolué depuis 2015, la prévalence de l’insécurité alimentaire sévère quant à elle régresse de 10% alors que l’insécurité alimentaire modérée croit de 10% par rapport à 2016, selon le rapport.

Le gouvernement centrafricain a présenté à Bruxelles un plan de relèvement qui intègre la relance de l’agriculture comme gage de riposte à l’insécurité alimentaire, sauf que le budget national n’a pas atteint les 10% conformément à la déclaration de Maputo.

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LA SOCIETE DE TRANSPORT BENAFRIQUE AUGMENTE SON PRIX SANS CONSENTEMENT DES AUTORITES

En l’espace de trois mois, le prix de transport à bord des bus  Benafrique est passé de 150 Fcfa à 200 Fcfa. Cette augmentation qui entre en vigueur ce 10 avril 2017, a été décidée selon nos sources par la société sans l’accord du gouvernement.

Benafrique vient d’augmenter de 25% le prix du transport à bord de ses bus. Depuis ce matin c’est à 200 Fcfa que les usagers payent pour avoir accès à ces bus. « Nous ne comprenons pas pourquoi on nous exige depuis ce matin de payer 200F alors qu’on payait 150F auparavant » confie un passager de Benafrique à sa descente du bus au centre-ville.

La société Benafrique, contactée par le RJDH confirme cette augmentation qu’elle justifie par les charges. « Effectivement, nous avons augmenté le prix parce que nous avons des charges notamment les Taxes sur la Valeur Ajoutée (TVA), le personnel et autres. C’est après cent jours d’exploitation que nous avons pris cette décision pour équilibrer les recettes et les charges », a expliqué un responsable de Benafrique.

Selon la société, le gouvernement a été saisi de cette augmentation via le ministère des transports. Allégation non confirmée par le directeur de cabinet du ministère des transports. «Je n’ai jamais reçu de note de la part de Benafrique faisant état d’une certaine augmentation du prix de transport. Je pense que ce n’est pas tolérable », regrette le n°2 du ministère sans annoncer des mesures concrètes.

Le syndicat des taxis et bus projette de réagir par rapport à cette augmentation. Une réunion élargie est prévue dans les prochains jours pour statuer sur la question.

Selon la règlementation officielle en vigueur, le prix de transport urbain est à 160F pour le taxi et 135F pour les bus. Sous les anciens régimes Patassé et Bozizé, les prix des gros bus tenus par des sociétés anonymes sont minorés par rapport au prix officiel. La société Benafrique a été lancée en grande pompe par le chef de l’Etat Faustin Archange Touadera le 30 décembre 2016.

 

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