RJDH : 06.04.2017

Jeudi 06.04.2017 : 09H12

  DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

LA VILLE DE NGAOUNDAÏ ATTAQUEE PAR UN GROUPE D’EX-SELEKA

Des combattants ex-Séléka ont attaqué ce matin la ville de Ngaoundaï, située au nord de la RCA. La population aurait trouvé refuge dans la brousse, d’après les informations en notre possession.

L’information est confirmée par plusieurs sources indépendantes. Une source humanitaire jointe dans la région, parle d’un groupe lourdement armé ayant pour objectif de prendre la ville, « ils ont pu vite chasser les Anti-Balaka qui  contrôlaient la localité. Nous savons qu’il y a eu des pillages dans la ville et que l’antenne de Telecel a été saccagée », a-t-elle expliqué.

Une source religieuse a évoqué le pillage de l’église catholique.« Ils ont saccagé la mission catholique. Les prêtres et religieuses ont été dépouillées de tout », a expliqué cette source qui a requis l’anonymat.

L’attaque de Ngaoundaï a été confirmée par des sources à la Minusca qui ont précisé que des Casques bleus sont déjà entrés dans la ville sans aucun détail.

Difficile d’avoir une idée précise sur le bilan de cette attaque. Toutes les sources contactées parlent de bilan important sans aucune précision. Les habitants sont réfugiés dans la brousse tandis que les assaillants ont chassé les Anti-Balaka qui contrôlaient cette localité.

Les informations de RJDH indiquent que ce groupe d’ex-Séléka a pris le contrôle de la douane de Bang avec pour objectif de faciliter la transhumance.

Joint au téléphone, Anicet Georges Dologuelé, un des députés de la région du Nord, n’a pas souhaité se prononcer à l’heure actuelle. Au moment où nous mettons sous presse, on apprend que les députés du nord ont tenu une réunion d’urgence sur cette affaire.

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LA MAIRIE DE MBAÏKI TENTE DE SE RELEVER APRES LA CRISE

La Mairie de Mbaïki a amorcé son relèvement après la crise. Les difficultés, selon Pascal Kiki, président de la délégation spéciale de cette ville, continuent de jouer sur cet élan.

Le président de la délégation spéciale de la ville de Mbaïki dit avoir hérité d’une municipalité à problème en 2015. Pour lui, l’essentiel est de relancer la maison pour le bien de la population. « En arrivant à la mairie en 2015, nous avions trouvé la maison dans une situation très difficile. La mairie avait encore les traces de la crise. En plus la situation financière était difficile. Mais, pour nous, la mission est de nous atteler à relever un peu la situation financière de cette mairie », confie-t-il.

Pascal Kiki se plaint du niveau des recettes qui ne permettent pas de faire face au défi du relèvement. «  Les recettes propres ne sont constituées que des mini-recettes au niveau du marché et celles-ci ne permettent pas de couvrir les dépenses de souveraineté de la commune», a-t-il fait savoir.

Le président de la délégation spéciale de cette ville compte sur le partenariat avec la France pour relancer sa commune. «  Nous avons envoyé déjà un ressortissant de Mbaïki en stage de service civique de huit (8) mois à la Mairie de Billère en France. Quand il reviendra, il va inculquer tout ce qu’il a appris aux jeunes de Mbaïki. Donc, nous cherchons à améliorer plus dans la coopération décentralisée », annonce le maire. La coopération avec la municipalité de Billère a permis à la commune de Mbaïki d’avoir une connexion VSAT et de mettre en œuvre un projet sur le vivre ensemble dénommé « Paix ici et là-bas ».

En 2016, la commune n’a pas reçu de subvention de l’Etat. « Cette situation, je crois, est similaire à toutes les communes de la RCA. Mais ce n’est pas parce qu’on n’a pas eu de subvention qu’on peut rester bras croisés. On se démêle pour satisfaire le personnel qui accumule des arriérés de salaire depuis 2003 », explique le maire.

Pascal Kiki s’est aussi plaint des difficultés dans le versement des pourcentages des imports payés au niveau central.

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DES VILLAGES PROCHES DE NZACKO SE VIDENT DE SES HABITANTS SUITE A DES EXACTIONS DE L’UPC

Plusieurs villages environnants de Nzacko se sont vidés, ces derniers jours suite aux exactions attribuées aux combattants de l’UPC.

Ce sont les villages Konon, Kpangou et Mbango respectivement à 15km, 30 km et 45 km de Nzacko qui se sont vidés de leurs habitants, selon les informations du RJDH. Ces derniers ont rejoint la ville de Nzacko, d’après une autorité locale jointe ce matin au téléphone par le RJDH.

Les habitants de ces villages affirment fuir leurs localités suite aux exactions perpétrées par les combattants de l’UPC, délogés de Nzacko le 21 mars dernier par les éléments du FPRC. Les combats entre ces deux groupes armés rivaux ont fait, selon des sources concordantes, une douzaine de morts.

Les éléments de l’UPC auraient attaqué les villages Konon, Kpangou et Mbango lorsqu’ils se retiraient de Nzacko. Les déplacés de ces trois villages seraient accueillis par des familles d’accueil. Difficile d’avoir leur nombre au moment où nous mettons sous presse.

Il n’a pas été possible d’entrer en contact avec l’UPC pour avoir sa version des faits. Depuis le 21 mars, la ville de Nzacko est sous contrôle du FPRC qui vient d’adhérer au processus DDRR.

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LES GREFFIERS INTEGRABLES, POSENT L’INTEGRATION COMME CONDITION DE LA REPRISE DU TRAVAIL

Les greffiers et régisseurs en instance d’intégration durcissent leur mouvement de grève déclenché depuis le 22 mars dernier. Ceux-ci conditionnent la reprise du travail par leur intégration dans la fonction publique.

Les activités au niveau des maisons carcérales et à la cour d’Appel de Bangui sont toujours au ralenti à cause de la grève des greffiers et régisseurs. Plusieurs audiences ont, selon nos informations, été renvoyées, voire annulées.

Le collectif des grévistes n’est pas prêt à céder. Il pose désormais leur intégration comme condition de reprise. « Les greffiers et régisseurs promotions 2009-2012 et 2012-2013 n’attendent que leur intégration dans la Fonction Publique et le paiement des 16 mois d’arriérés d’indemnités de stage pour reprendre le travail. Ce sont nos conditions et nous ne changerons pas d’avis », a expliqué Me Touabobona, un des manifestants.

La même source regrette le silence entretenu par le gouvernement sur ce mouvement. « Depuis le début, nous avons mené des démarches au niveau du ministère de tutelle pour que des solutions soient trouvées. Malheureusement, nos démarches sont restées sans suite. C’est pourquoi, nous avons décidé de poursuivre cette grève jusqu’à l’intégration des greffiers et régisseurs dans la fonction publique», a-t-il fait savoir.

Contacté par le RJDH, le Ministre de la Justice Flavien Mbata a appelé les grévistes à la patience. « Des efforts seront engagés pour leur intégration dans la fonction publique. Et donc je demande aux greffiers en instance d’intégration de se calmer», a  lancé le Ministre de la Justice.

Ce sont 28 greffiers et 11 régisseurs qui sont concernés par ce mouvement.

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L’EPIDEMIE DE LA ROUGEOLE DECLAREE DANS LA LOBAYE

Des cas de suspicion de rougeole dans la  Lobaye, ont été confirmés après examens à Bangui. La ministre de la Santé Fernande Djengbo a aussitôt déclaré l’épidémie dans la région.

Sur les 43 cas de suspicion, les examens ont confirmé 26 cas de rougeole, selon les propos de la ministre de la Santé publique. D’après Fernande Ndjengbo, les malades vivent dans les communes de Nola, Baleloko, Moboma dont la plupart sont de la communauté AKA, peuple autochtone. Il s’agit selon la ministre, d’une recrudescence.

La Lobaye est en l’espace de deux années, la troisième préfecture où cette épidémie est confirmée. « Nous avons fait face à cette épidémie avant dans l’Ouham-Pende et l’Ouham », a fait savoir le membre du gouvernement qui a engagé son département dans la riposte. « Le ministère et ses partenaires habituels sont entrain de tout mettre en œuvre pour une  réponse d’urgence dans la Lobaye », promet-elle.

La rougeole est une maladie infectieuse très contagieuse se caractérisant par une fièvre supérieure ou égale à 38 degrés, des irruptions généralisées avec comme symptômes la toux, la conjonctivite…

La lutte contre cette maladie est préventive avec la vaccination.

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12 AERODROMES REHABILITES PAR LE PROJET LÖNDO

Les crises à répétition en Centrafrique ont détruit les infrastructures de communication reliant les différents points du pays. L’accès à l’arrière-pays est devenu le chemin de la croix pour tout voyageur affrétant la route. Mais à la faveur du Projet Löndo, douze aérodromes ont été déjà réaménagés.

Malgré la vaste étendue de son territoire (623.000 km2), la République Centrafricaine dispose d’un réseau routier qui est loin d’assurer le désenclavement interne du pays. Pire, les rares aérodromes ne répondent plus au standard requis. Fort de ce constat, « le projet Löndo, dans ses études techniques et sa mise en œuvre, a retenu les aérodromes comme des axes prioritaires devant faire l’objet d’aménagement ou de réhabilitation », lit-on dans un communiqué fait par le projet.

Ainsi, depuis son lancement en 2015 jusqu’à sa 4e phase lancée la semaine dernière à Obo, «  ce projet a entretenu 1.079 km de routes et 12 aérodromes à l’intérieur du pays », a rapporté l’un de ses responsables.

Son Coordonnateur national, Lucien Judicaël Montinda s’est réjoui que « le trafic aérien est aujourd’hui plus important en RCA pour le transport en toute sécurité des personnes. Idem pour la logistique des Nations-Unies et de nombreuses ONG locales et internationales qui interviennent dans le pays. Il faut pour cela des pistes d’atterrissage bien entretenues et aménagées ».

Désormais, « les aérodromes de Berberati, Ndélé, Bamingi, Carnot, Bayanga, Nola, Bozoum, Paoua, Markounda, Sibut, Mbrès, Kaga-Bandoro sont ainsi redevenus praticables et les populations de nos villes s’en réjouissent avec assez de témoignages », a souligné le projet Löndo dans son communiqué.

La réhabilitation de ces infrastructures de transport concourt aussi à la réussite des missions humanitaires. Il ressort que « depuis 2016, l’UNHAS à Bangui (le service aérien humanitaire des Nations-Unies qui dépend du Programme Alimentaire Mondial-PAM), a noué un partenariat gagnant-gagnant avec le projet », a encore souligné le communiqué avant de noter que « l’aménagement des aérodromes facilite aussi le trafic aérien de l’UNHAS qui transporte la logistique du PAM. Le PAM fournit une aide d’urgence vitale aux populations de la RCA, y compris un soutien nutritionnel à des milliers d’enfants souffrant de malnutrition chronique et aigüe. Les deux tiers des bénéficiaires de l’aide humanitaire se trouvent à l’intérieur du pays ».

Même si les aérodromes sont aménagés par ce projet, ils ne répondent pas encore aux normes internationales. Pour sa phase 4, le projet Löndo recrutera 8.000 ouvriers pour l’entretien manuel des voies de communication.

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DES ETUDIANTS, AGENTS DE L’ETAT ET PARLEMENTAIRES PROPOSENT DES PISTES POUR AMELIORER LE BONHEUR SOCIETAL

Plusieurs représentants de la société centrafricaine, dont « Generation Democraty » ont proposé des points prioritaires pour améliorer l’accès au bonheur sociétal en Centrafrique. Ces propositions ont été exprimées lors d’une session avec l’Observatoire International du Bonheur ce 24 mars à l’Alliance Française de Bangui. Une activité soutenue par l’Institut Républicain International (IRI) dans le cadre du Parlement du bon sens.

Ces représentants, jeunes et étudiants, sont préoccupés par le bonheur et tentent de rechercher la solution consensuelle pour ce pays d’avoir le bonheur. Cette réflexion assortie de points essentiels intervient dans un contexte où la République Centrafricaine occupe l’avant dernier rang loin derrière la Norvège, premier pays où le plus grand nombre de citoyens disent connaître le bonheur. Ces propositions sont formulées alors que le pays a un taux de croissance économique de 5% selon le FMI. Cette session autour du bonheur intervient quelque temps après une session de GENDEM sur la bonne gouvernance et la démocratie, sur financement de l’IRI.

Si le concept bonheur n’est pas quantifiable et n’a pas aussi des chiffres statistiques selon Anneli venue de Norvège, José, membre de l’Observatoire International du Bonheur, s’est montré optimiste. « Je crois qu’ici, on a senti un besoin du bonheur et plusieurs propositions ont été faites. C’est un appel au bonheur et c’est au Centrafricain de donner suite à ces propositions », a-t-il dit.

L’honorable député de Batangofo estime quant à lui que le bonheur des Centrafricains passe par la parité. « Je partage les propositions faites par les collègues jeunes, mais selon moi, le bonheur passe par la parité homme-femme, ce que la jeunesse n’a pas encore bien compris. Il faut encourager les jeunes filles à étudier pour ne pas que cette loi que nous avons votée ne puisse pas profiter qu’aux autres »,  a insisté le député Marc Déloro.

La stabilité, la sécurité et la mise en musique des cinq verbes de Boganda constituent les piliers des propositions faites pour que la RCA puisse améliorer le bonheur sociétal. La Centrafrique est la troisième nation à organiser le Parlement du bon sens, après l’Inde et la France, selon l’Observatoire international du bonheur(OIB).

 

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