RENTREE SCOLAIRE 2017-2018 :

Jeudi 21.09.2017 : 10H15

RENTREE SCOLAIRE 2017-2018 : QU’EN SERA-T-L DES REGIONS OCCUPEES PAR LES GROUPES ARMES ?

 

La rentrée des classes a solennellement eu lieu ce lundi 18 septembre 2017 sur toute l’étendue du territoire national, à en croire le ministère de l’Education Nationale. Cette rentrée scolaire est-elle effective ou non ? Nous pensons pour notre part qu’elle n’est pas effective comme le souhaitent les autorités en charge de l’éducation, les parents d’élèves et les élèves.

A Bangui, l’administration a ouvert ses portes. Force est malheureusement de constater que les enseignants ne sont pas au rendez-vous. Pire encore, les élèves ne sont pas aussi  visibles dans la cour de l’école, encore moins dans les salles de classe. Ce manque d’engouement est-il dû au paiement de trois (03) mois de salaire aux fonctionnaires et agents de l’Etat dont deux (02) mois  d’arriérés de novembre et décembre 2013 sous le régime sanguinaire de Michel Djotodia Am Non Droko ? Il ne fait aucun doute. Aussi, nous pouvons dire que certains parents d’élèves attendent le paiement de salaire du mois de septembre pour acheter la fourniture scolaire de leurs enfants. Mais certains élèves nous ont confié qu’ils attendent le 02 octobre car c’est ce jour-là que les cours démarreront effectivement à Bangui. Tous ces arguments sont-t-ils fondés ? Attendons de voir dans les jours à venir pour en dire plus.

Mais qu’en sera-t-il de la rentrée scolaire dans les  régions occupées par les groupes armés où les affrontements se poursuivent de jour en jour ? C’est toute la question que les Centrafricains se posent aujourd’hui. Et cette question est loin de trouver un écho favorable. Car vous êtes sans ignorer que les examens de passage, le concours d’entrée en 6ème , le Brevet des Collèges (BC) et le baccalauréat, toutes séries confondues ne se sont pas déroulés dans les préfectures du Mbomou, de la Basse-Kotto et une partie de la Haute-Kotto, précisément la ville de Bria. Comment la rentrée scolaire 2017-2018 s’opérera-t-elle dans cette partie du pays ? Cette question aurait dû être posée au ministre en charge de l’Education, Moukadas Nour. Pour notre part, ce sera très difficile d’autant  plus que bon nombre de parents et élèves se sont réfugiés en République Démocratique du Congo. Nous parlons ici des élèves des préfectures de la Basse-Kotto, du Mbomou et du Haut-Mbomou. S’agissant de ceux des villes de Bria, Batangafo et autres, ils sont présentement sur les sites des déplacés. Quel miracle le gouvernement Sarandji2 en général et le ministère de l’Education National en particulier fera-t-il pour que cette rentrée scolaire soit effective sur l’ensemble du pays ?

A y voir de plus près, les huit cent mille (800.000) enfants qui doivent être inscrits à l’école cette année ne sont qu’un coup d’épée dans l’eau. La situation sécuritaire qui prévaut dans la plupart de nos villes de provinces ne permet pas aux enfants d’aller à l’école. Le mieux serait de sensibiliser les combattants des groupes armés sur l’importance de l’école avant d’avancer de tels propos. Et s’ils renoncent à leurs actes barbares sur les mineurs, c’est de là qu’on peut parler de la scolarisation de 800.000 élèves. En outre, les enseignants se sont presque tous retirés des zones où se déroulent les affrontements intergroupes armés. Les parents de leur côté sont réticents à laisser leurs enfants aller à l’école craignant pour leur vie. Dans cette équation à plusieurs variables difficile à résoudre, que fera le ministère de l’Education Nationale ?

« j’ai le droit d’aller à l’école et non porter sur la tête des paniers de légumes », peut-on lire sur les affiches. C’est le cri de cœur des enfants à l’endroit des groupes armés et de leurs parents. Ces enfants seront-ils entendus du moment où les groupes armés campent sur leur position et affirment pour leur part qu’ils ont aussi le droit de porter des armes ? C’est vraiment triste les conditions des élèves en Centrafrique depuis le déclenchement de la crise centrafricaine par l’ex-coalition Séléka à ce jour. Le gouvernement doit s’impliquer davantage dans cette rentrée scolaire 2017-2018 pour que tous les élèves centrafricains puissent aller à l’école.

Pour ce faire, il doit s’attaquer à l’insécurité galopante qui gangrène les villes de l’arrière-pays et ne permet pas la reprise des activités scolaires. Si rien n’est fait dans ce domaine, alors, la rentrée scolaire 2017-2018 ne se résumera qu’à la ville de Bangui et quelques préfectures au détriment d’autres. C’est bien dommage pour l’avenir de nos enfants et du pays.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire