RCA : LA RESTAURATION DE LA PAIX ET...

Mercredi 12.07.2017 : 10H29

RCA : LA RESTAURATION DE LA PAIX ET LE RETOUR A LA GOUVERNANCE DEMOCRATIQUE RISQUENT DE PRENDRE DU TEMPS

Les récentes escalades de violences que viennent de connaître les différentes villes comme Kaga-Bandoro, Zémio, Bria, Yalinga… sont juste la partie visible de l'iceberg que couvent les flammes préprogrammées pour anéantir le peuple Centrafricain avec ou non la connivence, voire la passivité des forces onusiennes déployées pour le retour de la paix.

Il va sans dire, que les foyers de violences observées dans les treize (13) préfectures sur seize (16), que compte la RCA, démontrent sans conteste l'incapacité de la Minusca et un manque de volonté réel au retour effectif de la paix sur toute l'étendue du territoire national. Le Bureau de l'Assemblée nationale par la voix de son porte-parole a dit, « niet au retour du contingent Congolais », et en appelle à la mission des Nations Unies d'éviter de créer un vide sécuritaire dans la ville de  Berberati et aussi à poursuivre tous les soldats qui seraient auteurs de viols ou autres dérives.

A l’image de la Somalie, le Centrafrique devient, chaque jour un peu plus, un espace de non-droit. Davantage préoccupées par d’autres crises, notamment la crise au Sahel et au Maghreb (Mali, Niger et la Libye), la Communauté internationale et les institutions onusiennes ont été, jusqu’en octobre 2013, peu concernées par la crise centrafricaine.

Il est à noter que la CEMAC, embourbée dans une série de scandales financiers, avait démontré, une fois de plus, les limites de son influence et son incapacité à agir. La CEEAC, plus représentative et mieux structurée, a essayé de prendre en main cette crise, mais n’a pu empêcher l’échec de la MICOPAX/FOMAC et la caducité de l’Accord de Libreville, du 11 janvier 2013, qu’elle avait suscité. Le rôle moteur du Tchad au sein de la CEEAC empêche toutefois celle-ci d’avoir une vision objective de la crise. Comme pour les autres crises continentales, faute de moyens, l’Union Africaine ne peut que condamner et s’en remettre à l’ONU.

Cette dernière crise Centrafricaine révèle, de manière éclatante, l’inanité des positions de l’Union africaine et la modestie de ses apports à la restauration de la paix. La Mission internationale Onusienne brille et continue de briller par son incapacité à restaurer la paix véritable en RCA. Comme pour les autres crises africaines, la RD-Congo, les deux (02) Soudans, la Somalie, le Mali, nous en passons, on s’en remettra finalement à la constitution d’une Mission onusienne de maintien de la paix, avec des milliers de casques bleus (militaires, gendarmes et policiers). La restauration de la paix et le retour à une gouvernance démocratique risquent donc de prendre du temps. L’extranéité des envahisseurs de la Séléka exigera une longue présence militaire, le long des frontières orientale, occidentale et septentrionale de la RCA. Ce caractère spécifique de la crise centrafricaine devra conduire à la coordination avec les Missions onusiennes dans les deux Soudan et en RDC avec une mutualisation des moyens humains et matériels.

A l’heure actuelle, le peuple centrafricain requiert la paix, pour un développement durable et ainsi permettre  la restauration de l’Etat de droit. Bien entendu, si les groupes rebelles et les forces occultes qui les téléguident, veulent bien déposer les armes et prôner le langage du dialogue.

Sinclair ARIES

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