RAPPORT D’ENQUETES DE l’onu : Attaques des anti-BALAKA

Lundi 28 Août 2017 : 10H54

RAPPORT D’ENQUETES DE l’onu .  

Attaques des anti-BALAKA : PREFECTUREs DE LA SANGHA-MBAERE, NANA-GRIBIZI ET KEMO

 

La préfecture de la Sangha-Mbaéré

 

Dans la préfecture de la Sangha-Mbaéré ainsi que dans d’autres préfectures de l’Ouest, les anti-Balaka se sont rendus responsables de graves exactions envers les communautés musulmanes et peules. Les soldats de la paix de la MISCA et de la MINUSCA déployés dans la région ont eux aussi commis de graves atteintes aux droits de l’homme à l’encontre des civils de la préfecture.

●  Au cours de l’année 2014, à Nola, des anti-Balaka ont tué au moins 17 musulmans, dont 12 personnes appartenant à l’ethnie peule et une femme.

●  Le 26 février 2014, à Mambéré, dans la préfecture de la Sangha-Mbaéré, des soldats  du contingent de la République du Congo de la MISCA ont publiquement exécuté deux hommes qu’ils accusaient d’appartenir aux anti-Balaka.

●  Le 10 juin 2015, à Mambéré, des soldats de la paix de la MINUSCA, de la République du Congo, ont arrêté arbitrairement et torturé brutalement quatre hommes durant deux heures, les battants avec des bâtons et des baïonnettes. L’une des victimes est morte quelques minutes plus tard ; l’autre, emmenée à l’hôpital dans le coma, est décédée six jours plus tard. Ces soldats de la paix étaient intervenus à la demande d’une personne de la localité. La MINUSCA a référé le cas aux autorités congolaises qui ont envoyé une équipe d’enquête en République centrafricaine en juin 2015. Les Nations Unies  ont décidé de rapatrier 18 soldats. En 2016, les autorités congolaises ont ouvert une enquête judiciaire contre un commandant et 17 subordonnés797. Les nations Unies assurent un suivi des résultats des poursuites judiciaires avec les autorités de la République du Congo.

Le Centre et le Nord-Est

Au cours de la période allant de 2013 à 2015, et notamment à partir du début de 2014, les ex- Séléka se sont retirés du sud et de l'ouest du pays, et les préfectures du centre du pays, y compris la Basse-Kotto, la Ouaka, la Kémo et la Nana-Gribizi sont devenues la ligne de front du conflit opposant les ex-Séléka et les anti-Balaka. Depuis 2014, les ex-Séléka dominaient le nord du pays, leur bastion traditionnel et d’où avait débuté leur rébellion (les préfectures de la Vakaga et Bamingui-Bangoran), tandis que les anti-Balaka contrôlaient généralement le territoire autour de Bangui et au sud et ouest de la République centrafricaine. Ainsi, le centre du pays (et les préfectures de Ouham et de Ouham-Pendé au Nord-Ouest) a été le théâtre de batailles pour son contrôle entre ex-Séléka et anti-Balaka. Ces batailles ont entraîné de graves violations à l’encontre de la population civile par les deux parties.

Après leur départ de Bangui, les ex-Séléka ont établi leur siège de facto à Bambari, dans la préfecture de la Ouaka. Cependant, les querelles internes entre les ex-factions Séléka ont persisté dans la région, entraînant de nouvelles pertes de civils. Les anti-Balaka dans la région n’étaient pas non plus sous un seul commandement cohérent, menant à des querelles entre les factions.

De plus, le centre du pays - en particulier la préfecture de la Ouaka - est une zone de présence importante de la communauté peule, composée essentiellement de pasteurs migrants. L'association perçue de la communauté peule avec les ex-Séléka et les attaques anti-Balaka contre les éleveurs peuls dans la région ont donné lieu à un cycle d'attaques et de contre- attaques entre Peuls armés et anti-Balaka, ainsi que d'autres communautés locales  de la région.

La préfecture de la Nana-Gribizi

Après la dissolution de la coalition de la Séléka le 13 septembre 2013, le FPRC et le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) ont été les principales factions de l’ex- Séléka à se partager le contrôle de la préfecture de la Nana- Gribizi. Les deux groupes ont commis de graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire à l’encontre de la population civile durant cette période – dont des meurtres, des violences sexuelles et basées sur le genre, des pillages et des destructions de biens. Les éléments anti- Balaka, qui contrôlaient des zones de la préfecture, se sont également rendus responsables de nombreuses violations des droits de l’homme. Enfin, la LRA a fait de nombreuses incursions dans la région, enlevant des enfants et violant des filles.

Le MPC et le FPRC ont commis des exactions contre la population civile, ciblant fréquemment les organisations d’aide humanitaire, les chrétiens, les sympathisants anti- Balaka ou tous ceux qui entravaient les mouvements des éleveurs nomades peuls. De juin 2014 à juin 2015, des éléments ex-Séléka ont également violé des femmes et des enfants.

●  Le 18 juin 2014, des éléments ex-Séléka ont pillé l’entrepôt d’une organisation humanitaire à Kaga-Bandoro et tenté d’en piller un autre la même nuit.

●  Le 27 janvier 2015, des éléments ex-Séléka/FPRC ont tué 11 civils à Botto, près de Kaga-Bandoro.

●  Le 21 juin 2015, à Ndomété, deux éléments ex-Séléka, armés de couteaux, ont violé une jeune femme âgée de 19 ans, alors qu’elle rendait visite à des proches. Les hommes armés l’ont accusée d’appartenir à une famille proche des anti-Balaka.

Les conflits entre les Peuls et les communautés locales, y compris la participation des Peuls armés aux attaques, aux côtés d'éléments ex-Séléka, ont entraîné de graves violations.

●  Le 10 mai 2014, des éléments de la Séléka et des Peuls armés ont incendié des  maisons au cours d’une attaque sur Dissikou, dans la préfecture de Nana-Gribizi ; 13 personnes y ont perdu la vie, brûlées vives dans leur maison.

●  En mai 2015, un conflit entre éleveurs peuls et membres de la communauté locale à Kaga-Bandoro a fait neuf morts parmi les civils et provoqué le déplacement d’environ 1 500 civils.

D’août 2015 à décembre 2015, des anti-Balaka et des ex-Séléka armés ont tiré profit de l’insécurité ambiante pour commettre des actes de violence sexuelle à l’encontre de femmes  et de filles.

●  Le 6 août 2015, dans la forêt entre Déré et Domodo, des éléments anti-Balaka armés ont enlevé et violé une femme et sa jeune sœur âgée de 14 ans.

●  En septembre 2015, dans le village de Ndanika, un chef anti-Balaka et ses gardes du corps sont entrés par effraction dans une maison où dormait une jeune fille de 17 ans, et l’ont violée en présence de son oncle. Le lendemain matin, le violeur a déclaré que la jeune fille était désormais sa femme, l’a emmené avec lui et en a fait son esclave sexuelle. Il a menacé de la tuer si elle tentait de fuir. Le 5 janvier 2016, la jeune fille a réussi à s’échapper et à rejoindre sa famille à Kaga-Bandoro.

●  Le 23 septembre 2015, à Kaga-Bandoro, deux hommes en uniforme, appartenant probablement aux ex-Séléka, ont intercepté une jeune fille de 12 ans qui revenait du marché. Ils l’ont emmenée vers un lieu proche de l’hôpital et de l’école de la  préfecture et l’ont violée.

●  Le 29 décembre 2015, à Déré, une dizaine d’éléments armés ex-Séléka ont violé deux femmes. Il s’agissait de deux sœurs, âgées de 20 et de 21 ans, qu’ils ont interceptées alors qu’elles se déplaçaient en mototaxi. Les éléments ont ordonné au chauffeur de s’allonger sur le sol et ont emmené les femmes dans la brousse, où elles ont été violées par cinq hommes armés. Ils portaient des vêtements civils et étaient armés de fusils et de couteaux.

Entre juillet et septembre 2014, des éléments de la LRA ont attaqué à maintes reprises les villages de l’axe Mbrès-Kaga-Bandoro, enlevé des enfants, les ont violés et utilisés comme esclaves sexuels. À titre d’exemple :

●  À une date indéterminée entre juillet et septembre 2014, à Mbrès, un groupe de 30 éléments de la LRA a enlevé une jeune fille de 14 ans et l’a emmenée dans un campement temporaire où elle a été violée, abusée sexuellement et réduite en esclavage. Ses ravisseurs faisaient des allers-retours entre la République centrafricaine et le Soudan. Au Soudan, la jeune fille a réussi à s’échapper. Elle a mis quatre mois pour revenir à la frontière de la République centrafricaine et a été remise par la police

soudanaise aux autorités de République centrafricaine.

●  Le 8 février 2015, dans les villages de Mbambi et de Morobanda, des éléments de la LRA ont enlevé au moins 16 enfants – garçons et filles, qu’ils ont violés. Les organisations humanitaires et le CICR ont réussi à rendre cinq ou six de ces enfants à leur famille.

Des éléments des anti-Balaka ont également commis des violations graves, y compris des exécutions, à l’encontre de personnes accusées de sorcellerie.

●  Le 23 mars 2014, la milice anti-Balaka de Kaga-Bandoro a tué à coups de machettes deux civils accusés de pratiquer la sorcellerie et d’avoir ainsi entraîné la mort d’un jeune homme.

La préfecture de la Kémo

Durant cette période, la milice anti-Balaka avait une forte présence dans la préfecture de la Kémo, particulièrement à Sibut, et combattait les milices du FPRC et du MPC de l’ex-Séléka qui cherchaient à contrôler la préfecture. Les affrontements entre ces groupes armés ont affecté la population civile, et les belligérants ont tué des civils, pillé des biens publics et privés et incendié les maisons des villageois, causant des déplacements massifs de population.

●  Le 16 janvier 2014, des éléments ex-Séléka ont  tués trois éléments anti-Balaka et 16 civils au cours d’une réunion prétendument de réconciliation à Sibut810. Bien qu'ils aient donné leur parole qu’ils n’attaqueraient pas les dirigeants anti-Balaka conviés à  la réunion, les ex-Séléka les ont exécutés.

●  Du 23 janvier au 31 janvier 2014, à Sibut, des éléments ex-Séléka ont tué un nombre indéterminé de civils, et blessé et torturé de nombreux autres. De surcroît, ils ont pillé et incendié un grand nombre de maisons. Ils ont attaqué également des villages voisins et détruit plus de 500 maisons à Ngbondo, Kohoro, Bac, Possel, Zenda, Pangbi, Kroma, Palingui, Lenge, Bango Féré et Mabo.

Des éléments ex-Séléka sont entrés dans Dékoa en mars 2014, suivant l’axe Sibut-Dékoa, où ils ont attaqué la population civile, des travailleurs humanitaires et des déplacés internes.

●  En mars 2014, des éléments ex-Séléka ont ouvert le feu sur des habitants de Dékoa et tué deux volontaires de la Croix-Rouge. Un civil a été gravement blessé pendant l’incident.

●  Au cours de la première semaine d’avril 2014, des éléments anti-Balaka et des éléments armés ex-Séléka se sont affrontés à Dékoa : plus de 30 civils ont péri au cours de ces combats.

●  Le 10 octobre 2014, des éléments ex-Séléka ont attaqué un camp de déplacés à Dékoa. Ils ont tué neuf civils, dont trois femmes et deux mineurs.

(Suite au prochain numéro)

 

Minusca

 

 

 

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire