QUI SOUTIENNENT LES VIOLENCES ETHNIQUES ET CONFESSIONNELLES

Lundi 04 Sept .2017 : 11H34

QUI SOUTIENNENT LES VIOLENCES ETHNIQUES ET CONFESSIONNELLES EN RCA ?

Depuis la fin 2016 à ce jour, la crise centrafricaine enclenchée par l’ex-coalition Séléka a pris une autre tournure. Au départ, les combattants Séléka ont justifié leur entrée en rébellion par la marginalisation de la région Nord-est du pays par les différents régimes qui se sont succédés à la magistrature de l’Etat. Leurs revendications avaient été prises en compte par la Communauté internationale et l’actuel gouvernement centrafricain. Des efforts sont entrain d’être déployés pour désenclaver cette partie du pays. Mais compte tenu de l’occupation de cette dernière par les groupes armés, principalement les combattants Séléka, rien ne peut aller dans le bon sens.

Pire encore, des violences ethniques et confessionnelles ont fait leur apparition dans certaines villes du pays. Là où les combattants Séléka sont en position de force, des violences inouïes, bestiales sont commises sur les populations non musulmanes. De l’autre, les autodéfenses assimilés aux Anti-Balaka commettent aussi des actes barbares sur les populations musulmanes. Et ces actes barbares indignes, inhumains ne sont autres que des violences confessionnelles alors que la crise centrafricaine au départ, était une crise politique et non religieuse. Et les leaders de la plate forme religieuse se sont toujours opposés à une quelconque crise confessionnelle. Mais ce qui se passe aujourd’hui dans l’arrière-pays est un signe avant-coureur des violences confessionnelles.

En outre, dans d’autres villes de la RCA, des violences ethniques se déroulent. Les ethnies qui sont proches de tels ou tels groupes armés sont mal vues par d’autres. Mais l’exemple patent, ce sont les affrontements entre les ethnies peuhle et Goula au sein de laquelle est issu l’ex-président de la transition, Michel Djotodia Am Non Droko. Dans les villes de Bria, Ippy, Bakala, Bambari, Béma, Alindao et tant d’autres, des violences ethniques ont eu lieu. Des affrontements intercommunautaires très meurtriers ont opposé les peulhs aux Goula.

Mais qui soutiennent ces violences ethniques et confessionnelles en RCA ? C’est toute la question qui se pose avec tant d’acuité. Et certains Centrafricains pointent du doigt accusateur les puissances de ce monde et quelques contingents de la Minusca. Dans la ville de Bambari, nos compatriotes avaient accusé ouvertement certains Casques Bleus de la Minusca d’être à la solde d’une communauté au détriment de l’autre. Des armes et munitions auraient été distribuées, ce qui a accentué les violences qui sont devenues aujourd’hui ethniques et confessionnelles. Et ces contingents, à en croire les Centrafricains dans d’autres villes de l’arrière-pays, continuent de faire leur sale besogne, ce qui a poussé les rescapés à s’en prendre à ces forces de maintien de la paix, tout en se constituant en autodéfenses.

De l’autre, le Tchad qui se croit tout permis en RCA ne cesse d’apporter ses soutiens aux combattants dissidents de la Séléka, tels ceux du FPRC et du MPC. Certains hommes politiques centrafricains ne faiblissent pas aussi dans leurs soutiens multiformes aux groupes armés non conventionnels. Ce n’est un secret pour personne. Feu général Joseph Zoundéko et le général Azor Khalid ne sont pas passés par quatre chemins pour citer nommément ces personnalités tant nationales qu’étrangères. Nous n’avons pas besoin d’y revenir car les Centrafricains en savent déjà quelque chose.

Et ce sont tous ces soutiens occultes, ces mains invisibles qui ont amplifié la crise centrafricaine et l’ont basculée dans les violences ethniques et confessionnelles. Pour ce faire, certains Casques Bleus de la Minusca doivent changer leurs comportements, attitudes et faire en sorte que ces violences ne prennent une dimension inquiétante. Car à l’allure où vont les choses, le génocide se pointe déjà à la porte de la RCA. Et comme l’a souligné Stephen Obrien, secrétaire adjoint pour les affaires humanitaires, « si nous attendons les preuves d’un génocide, il sera trop tard ». C’est une réalité. L’heure n’est plus aux discours stériles mais à des actes concrets posés çà et là pour enrayer les violences ethniques et confessionnelles. Les puissances de ce monde et certaines personnalités qui soutiennent mordicus les groupes armés doivent comprendre que les violences n’épargnent personne. Grands et petits, forts et faibles sont exposés aux violences quoi qu’elles arrivent. Les pays européens qui détiennent une performance dans le domaine sécuritaire sont aujourd’hui secoués par des violences terroristes. Pourquoi certains de ces pays continuent de soutenir bec et ongles les groupes armés en RCA ? Ne savent-ils pas que ces gens-là, peuvent se retourner un jour contre eux ?

La crise centrafricaine a trop duré et a occasionné de nombreuses pertes en vies humaines. Donc, il ne sert à rien pour les ennemis du peuple et de la République de camper sur leur position en soutenant les violences ethniques et confessionnelles qui déboucheront inéluctablement sur le génocide. Les Centrafricains n’aspirent qu’à la paix, rien que la paix pour vaquer à leurs occupations quotidiennes et développer leur pays tombé plus bas que terre.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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