QUEL AVENIR POUR LA PAIX EN RCA APRES LA SIGNATURE..

Mercredi 28 juin 2017 : 09H59

QUEL AVENIR POUR LA PAIX EN RCA APRES LA SIGNATURE DE L’ACCORD DE SANT’ EGIDIO ?

24 heures seulement après la signature de l’accord de Sant’ Egidio entre les représentants des treize (13) groupes armés, la société civile, le gouvernement centrafricain et les Nations Unies, le constat est déjà amer sur le terrain quant au respect des engagements pris pour la cessation immédiate des hostilités. Accord pourtant signé entre les parties prenantes pour favoriser le retour à la paix et la stabilité dans le pays.

Les violences ont doublé d’intensité au Centre-Est du pays, notamment à Bria, chef-lieu de la préfecture de la Haute-Kotto. Le FPRC, l’une des branches dissidentes de l’ex-coalition Séléka, chapeauté par Nourredine Adam, l’homme influent après Michel Djotodia, vient d’être scindée en deux. L’un est dirigé par Abdoulaye Hissène, un proche de Nourredine Adam, et l’autre est sous contrôle de Azor Kalith, ancien porte-parole dudit mouvement. Des affrontements meurtriers ont opposé mardi dernier ces deux (02) groupes armés rivaux au centre de la ville de Bria. Selon certaines sources locales et concordantes, ces affrontements ont occasionné de nombreuses pertes en vies humaines et des dégâts matériels considérables. Certains habitants parlaient d’une centaine de morts. D’autres ont affirmé par ailleurs qu’une cinquantaine de civils auraient été tués lors des affrontements. Il est encore difficile d’établir un bilan exact des combats. Les dégâts matériels sont incalculables. Des maisons et boutiques ont été incendiées et pillées. Les sièges des ONG humanitaires nationales et internationales ont été également saccagés et vandalisés.

Des milliers de personnes sont contraintes une fois de plus de se refugier dans la brousse et sur les sites des déplacés pour se mettre à l’abri des violences.

Leurs conditions de vies deviennent de plus en plus inquiétantes : famine et autres risques de maladies endémiques. Malgré le calme relatif observé dans la ville, la psychose gagne toujours la population qui craint de nouveaux affrontements. Les Casques Bleus de la Minusca sont toujours présents dans la ville, mais n’arrivent pas souvent à empêcher les affrontements répétitifs entre les groupes armés. A titre de rappel, c’était  le mois de novembre 2016 que les hostilités ont démarré, opposant la coalition FPRC-MPC-RPRC sous commandement de Nourredine Adam à l’UPC de Ali Darassa. La Minusca a affirmé avoir pris des dispositions sécuritaires pour stopper l’avancée des combats dans d’autres régions. Mais depuis lors, c’est le statu quo. Les affrontements se propagent de préfectures en préfectures, faisant de nombreuses victimes et des dégâts considérables sous le regard impuissant des forces internationales à savoir les Caques Bleus de la Minusca.

Face aux actes de violences survenus dans la ville de Bria un jour après la signature d’un accord de paix entre les représentants des groupes armés et les couches de la société, le scepticisme et le doute sont permis au sein de la population quant à la concrétisation de la paix par la voie du dialogue. Et le centrafricain lambda s’interroge de la manière suivante : quel avenir pour la paix en République Centrafricaine après la signature de l’accord  politique et de cessez-le-feu immédiat de Sant’ Egidio, visant à rétablir la stabilité dans le pays ? Une interrogation qui remet en cause les multiples pourparlers entamés par les autorités centrafricaines, les Nations Unies et la communauté internationale avec les groupes armés comme la meilleure solution de résoudre la crise. Cela se justifie, puisque les groupes armés ne respectent pas souvent leurs engagements après la signature d’un accord de paix. L’exemple palpable est celui de la ville de Bria où les violences ont repris entre certaines branches de l’ex-Séléka et les Anti-Balaka pourtant signataires de l’accord de Sant’ Egidio pour la cessation immédiate des hostilités.

Faille-t-il continuer avec le dialogue, alors que les groupes armés ne cessent de tuer, piller, incendier devant les forces onusiennes ? That is the question.

 

 Bénistant MBALLA

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