QUE VOUS INSPIRE LE MOIS DE MARS EN REPUBLIQUE CENTREFRICAINE ?

Mercredi 01.03.2017 : 10H26

QUE VOUS INSPIRE LE MOIS DE MARS EN REPUBLIQUE CENTREFRICAINE ?

 

Depuis plus de trente (30) ans, les fondements de la République Centrafricaine sont ébranlés. Barthélemy Boganda, paix à son âme, le fondateur de la RCA,  reste d’actualité après cinquante sept(57) ans d’indépendance. C’est le seul unificateur des centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. A l’exception du feu président Ange Félix Patassé et Faustin Archange Touadéra démocratiquement élus par le peuple centrafricain, tous les autres présidents n’étaient que les purs produits du hasard. Certains ont été parachutés au pouvoir par les puissances colonisatrices à travers les mutineries et les coups d’Etat. D’autres étaient arrivés à la magistrature suprême de l’Etat par les rebellions. Les conséquences demeurent la destruction systématique de tous les tissus socioéconomiques et l’instabilité qui mine et gangrène le pays. Le mois de mars est caractérisé par trois (03) grands évènements qui ont marqué la vie du centrafricain.

La première chose à retenir est la prise du pouvoir par la force le 15 mars 2003 par la rébellion de l’ex-président centrafricain François Bozizé Yangouvonda, mettant ainsi un terme au régime démocratique du président Patassé. C’est le point de départ de tous les malheurs qui s’abattent aujourd’hui sur le peuple centrafricain. Durant sa rébellion, Bozizé a recruté des mercenaires tchadiens (zakawa) et soudanais qui l’ont accompagné à conquérir le pouvoir de Bangui le 15 mars 2003. Pour récompenser ces mercenaires, le président Bozizé a préféré les nommer à des hautes responsabilités dans l’armée centrafricaine. Certains faisaient partie des gardes du corps de Bozizé. Cela constitue la trahison de l’armée nationale et de toute la République car, ces mercenaires étrangers connaissaient tous les secrets du pays. C’est ainsi que de leur retour sur leurs territoires, ils ont préféré  s’organiser et revenir chasser Bozizé du pouvoir. D’où, la naissance de la nébuleuse coalition Séléka plus pire que la rébellion de Bozizé.

Déclenchée dans la ville de Ndélé le 10 décembre 2012, la Séléka a recruté des mercenaires Tchadiens, Soudanais et Nigériens dans le but de chasser Bozizé du pouvoir. Chose qui a été réalisée le 24 mars 2013. Deux (02) jours plus tard, Michel Djotodia s’est autoproclamé président de la République Centrafricaine. Les mercenaires tchadiens, soudanais, nigériens sans foi, ni loi au sein de la Séléka, n’ont fait que tuer, massacrer, piller, violer, incendier. C’était la véritable chasse à la sorcière que les éléments de l’ex-coalition Séléka ont mené contre les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) intérieure. Partout où passaient les éléments de l’ex-Séléka, c’était la désolation au sein de la population civile centrafricaine. Ainsi survenaient les Anti-Balaka, le 05 décembre 2013, conduisant le pays dans la barbarie totale par des tueries intercommunautaires sur l’ensemble du territoire avec des dégâts incalculables, obligeant les chefs d’Etat de la CEEAC à contraindre Djotodia à la démission le 10 janvier 2014 à Ndjamena au Tchad.

Pour éviter le vide constitutionnel, Ferdinand  Alexandre Nguéndet, conformément à la Charte Constitutionnelle de Transition, a assuré l’intérim du président de la transition pendant deux (02) semaines. Catherine Samba-Panza fut à son tour élue par les conseillers nationaux pour diriger la transition et conduire le peuple centrafricain aux élections. Après vingt-cinq (25) mois de transition chancelante, caractérisée par l’insécurité grandissante sur l’ensemble du pays, les autorités centrafricaines avec le concours de la communauté internationale ont organisé le premier tour des élections couplées le 30 décembre 2015. Parmi les trente (30) candidats qui se sont présentés au premier tour de la présidentielle, deux (02) d’entre eux, à savoir, Anicet George Dologuélé et Faustin Archange Touadéra ont eu la chance de passer au second tour. Finalement, les résultats définitifs publiés par la Cour Constitutionnelle de Transition(CCT) ont confirmé la victoire de Faustin Archange Touadéra comme président de la RCA.

Enfin, c’était le 30 mars 2016 que le président Touadéra a prêté serment devant l’opinion nationale et internationale. Jusqu’au 30 mars de cette année 2017, Faustin Archange Touadéra totalisera un (01) an au pouvoir.

Mais le grand défi de nouvelles autorités demeure l’insécurité qui persiste dans certaines régions du pays, à l’exemple des préfectures de la Ouaka, de la Basse-Kotto, de la Nana-Gribizi... où des violents affrontements se sont déroulés entre certaines branches de l’ex-coalition Séléka, occasionnant de nombreux dégâts matériels et de lourdes pertes en vies humaines. Les zones stratégiques de la RCA qui devraient permettre aux autorités de renflouer la caisse de l’Etat et faire face à certaines obligations sont sous la domination des groupes armés qui perçoivent les taxes, impôts et  rackettent les populations civiles comme bon leur semble. L’agriculture et l’élevage qui constituent les principales activités  des populations paysannes sont actuellement réduites à néant à cause de la présence des hommes armés qui, à la moindre chose, ont toujours la gâchette facile sur tout ce qui bouge. Mais le mois de mars doit être gravé dans l’esprit des centrafricains, car il est vraiment riche en évènements.

 

Bénistant MBALLA

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