PLUS DE CINQ (05) ANS DE CELEBRATION DE LA JOURNEE ....

Mardi 07 Mars 2017 : 09H56

 

PLUS DE CINQ (05) ANS DE CELEBRATION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME EN RCA AVEC LES MEMES SPECTACLES : MANGER, BOIRE, S’HABILLER…

 

 

Les femmes centrafricaines seront à l’honneur ce mercredi 08 mars 2017. Et ce, à l’occasion de la célébration de la  Journée Internationale de la Femme (JIF). Le thème retenu pour cette année s’intitule « Parité homme-femme pour le relèvement national ». Un thème très capital qui doit mobiliser toutes les femmes à travers des actions concrètes dans le contexte actuel de la RCA qui fait face aux multiples défis dont la priorité demeure l’insécurité galopante sur une bonne partie du territoire. Force est malheureusement de constater que depuis plus de cinq (05) ans de célébration de la journée internationale de la femme en RCA, nous assistons toujours aux mêmes spectacles : manger, boire, s’habiller.

Le rendez-vous du grand désordre sera pour ce mercredi 08 mars 2017. Nous attendons de voir les femmes dans les gargotes, les caves et les bars dancings manger et boire. A la fin, ce sera la bagarre une fois de retour dans les foyers. Certaines femmes que nous avions rencontrées dans les quartiers disaient, « tout ce que nous les femmes centrafricaines savons faire pendant le 08 mars, c’est de s’habiller, manger, et boire. Alors que sous d’autres cieux, c’est une journée de réflexion et de sensibilisation sur les défis qui entravent l’émancipation des femmes… ». Et c’est exactement ce qui se passe en RCA lors de la célébration du 08 mars de chaque année. Seulement, quelques expositions des femmes chrétiennes devant la cathédrale et c’est tout. Certaines femmes vont jusqu’à provoquer le divorce parce qu’elles n’ont pas le pagne du 08 mars. Pendant que les femmes et les enfants mineurs continuent de souffrir sur le site des déplacés dans l’arrière-pays, celles de Bangui seront à côté de la bière ce mercredi 08 mars. Aucun sens de l’amour pour leurs consœurs qui vivent dans la peur et la terreur des groupes armés.

Or, une journée comme celle du 08 mars devrait être une occasion en or pour toutes les femmes de se mobiliser à travers des conférences-débats, des séances de sensibilisation pour expliquer l’importance de la célébration de celle-ci au public. Certaines femmes ne comprennent même pas pourquoi la célébration d’une telle journée. Pour elles, c’est simplement la fête, et c’est tout. Alors que nous entendons les autres femmes parler de la « parité ». La  confusion est si généralisée au sein de la population féminine en RCA, à telle enseigne que nous sommes obligés de poser la question de savoir s’il y a réellement des femmes instruites en RCA. Même les femmes lettrées sont incapables de se mobiliser à travers des manifestations pacifiques pour donner un sens à cette journée. La « parité » est devenue une chanson universelle  des femmes. Mais demander la signification de ce que c’est que la « parité », c’est donner de la mer à boire même aux jeunes filles lycéennes. Qu’en sera-t-il des femmes paysannes ? Depuis que les femmes ont commencé à célébrer la journée du 08 mars en RCA, quel changement ont-elles apporté dans leur vécu ? Autant d’interrogations qui dépassent l’entendement humain.

Tout compte fait, les associations féminines n’existent que de nom en RCA. Elles ont été créées juste pour trouver de quoi à manger. C’est souvent l’objectif visé par les responsables des associations féminines créées en RCA. Quand les groupes armés tuaient, pillaient, massacraient, incendiaient des villages et maisons, des champs et greniers agricoles, l’Associations des Femmes Juristes (AFJ) et L’Organisation des Femmes Centrafricaines (OFCA) étaient silencieuses. Ce sont les ONGS humanitaires internationales qui publiaient des rapports et dénonçaient les cas des viols et autres crimes commis sur les femmes et les mineurs. Autant dire que les Centrafricains ne sont pas encore mûrs pour prendre leur destin en main. Et le cas des femmes est encore plus pire. A l’exception de quelques femmes, madame Domitien, Ruth Roland, pour ne citer que celles-ci, la génération de vraies femmes (dames de fer) s’est éteinte et a laissé les résidus sur le carreau. Faut-il faire avec ? Dans les romans « Le vieux nègre et la Médaille » de Ferdinand Oyono  et « Les Bouts de bois de Dieu » de Ousman Sembene, les femmes ont joué un rôle capital pour se faire valoriser. C’est le contraire que nous vivons pour le moment. Les femmes attendent qu’on leur donne tout. Simplement, parce qu’elles se disent « sexe faible ». Les femmes centrafricaines sont  nulles sur tous les plans : culturel, économique, social, artistique, sportif et que savons nous encore ?

La femme centrafricaine doit sortir définitivement de l’allégorie de la caverne ce mercredi 08 mars. Nous sommes dans un monde moderne où certaines femmes sont pilotes, capitaines de bateaux sous d’autres cieux. Il faut toujours avoir la capacité de créer, d’inventer, d’innover dans tous les domaines pour donner le véritable sens à la « parité ».

 

Bénistant MBALLA

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