PLUS DE 07 MOIS D’ARRIERES DE SALAIRES DU PERSONNEL

Vendredi 31.08.2018 : 10H27

PLUS DE 07 MOIS D’ARRIERES DE SALAIRES DU PERSONNEL D’ENTRETIEN DU BUILDING ADMINISTRATIF AUPRES DE L’ENTREPRISE GLOBAL CONSTRUCTION

En République centrafricaine, la méconnaissance des droits des travailleurs par leur employeur est loin de voir le bout du tunnel. Chaque jour qui passe, on enregistre des cas de non paiement de salaires dans telle ou telle société ou entreprise de la place. C’est le cas de l’entreprise Global Construction qui s’occupe de l’entretien du Building Administratif récemment réhabilité par la société chinoise et inauguré le 27 novembre 2017 par le chef de l’Etat, Professeur Faustin Archange Touadéra.

En effet, dans la matinée du jeudi 30 août 2018, aux environs de 09 heures 30 minutes, un  jeune qui a été embauché par cette entreprise s’est présenté dans notre rédaction. Sous couvert d’anonymat, il témoigne, « le 10 janvier 2018, nous avons été embauchés par l’entreprise Global Construction dans le cadre de l’entretien du Building Administratif. Nous étions au nombre de 27 jeunes filles et garçons. Lors de notre embauche, le 10 janvier 2018, le coordonnateur de cette entreprise nous a clairement dit que nous serons payés le 10 de chaque mois. Après trois (3) mois passés, nous n’avons pas été en possession, ne fût-ce que d’un (1) mois de salaire. Nous avions lancé un préavis de grève de trois (3) jours, sans suite.

Finalement, nous sommes rentrés en grève tout en désignant deux (2) personnes par départements ministériels (ministères de l’Education Nationale ; de l’Enseignement Supérieur ; du Commerce ; de Petites et Moyennes Entreprises et de l’Intérieur) pour assurer le service minimum. Après les trois (3) jours, nous n’avons enregistré aucune réaction de la part du coordonnateur. Compte tenu des plaintes, des lamentations des fonctionnaires et agents de l’Etat qui y travaillent, par rapport à l’insalubrité des lieux, car l’arrêt de notre travail a négativement joué, nous avons repris le boulot. Je vous annonce que tous les ministres qui exercent au Building Administratif étaient aussi mécontents.

Au début de ce mois d’août 2018, nous avons désigné trois (3) des nôtres (une fille et deux garçons) pour aller demander audience auprès du ministre de l’Habitat. Il a accepté de les recevoir. Au cours de l’audience, la fille lui a expliqué la situation dans laquelle elle se trouve car elle a été expulsée de la maison pour non paiement des frais de loyer. Tous ces biens ont été confisqués par le propriétaire de la maison. Nos délégués lui ont également fait part des problèmes que nous rencontrons au quotidien car, depuis le 10 janvier 2018 jusqu’à la date d’aujourd’hui, nous n’avons jamais été payés. La réponse du ministre de l’Habitat est celle-ci, « je suis entrain de signer le contrat. Dès que le gouvernement décaissera les fonds, vous serez payés ». Jusqu’à ce jour, aucun des sept (7) mois d’arriérés de nos salaires ne nous a été versé par Global Construction.

Or, lors de l’inauguration du Building Administratif, alors que nous n’étions pas encore officiellement embauchés par cette entreprise, le président de la République, chef de l’Etat, Professeur Faustin Archange Touadéra nous a félicités. Il nous a demandé de bien s’occuper de l’entretien du bâtiment car, tant qu’une maison n’est pas entretenue, elle perd sa beauté et s’écroule. Les conseils du chef de l’Etat nous ont plu et nous nous efforçons pour les mettre en pratique. Malheureusement, la coordination de Global Construction ne nous paie pas.

Nous sommes en mesure de barricader l’entrée principale du Building Administratif et d’empêcher le bon fonctionnement des cinq (5) ministères qui s’y trouvent. Mais nous ne voulons pas faire la violence pour réclamer le paiement de nos arriérés de salaires par Global Construction, parce que les gens sont prêts à taxer les jeunes de tous les noms d’oiseaux du monde. Nous, les jeunes, ne voulons plus être accusés. Je vous informe que nos trois (3) collaborateurs qui sont allés voir le ministre, sont déjà licenciés, sans qu’ils aient perçu leurs arriérés de salaires ou bénéficier de leurs droits légaux.

Nous profitons de cette occasion pour demander aux autorités en charge du Building Administratif, surtout le ministre de l’Habitat de prendre des dispositions pour apurer nos arriérés de salaires. Nous avons des enfants qui doivent reprendre le chemin de l’école dans moins de trois (3) semaines. Où allons-nous trouver de l’argent pour payer leurs habits et les fournitures scolaires ?

Aussi, nous mourrons de faim, faute d’argent. Nous demandons au coordonnateur de Global Construction de nous verser tous nos arriérés de salaires. Même s’il veut nous licencier après l’apurement de nos arriérés de salaires, nous pouvons aller nous débrouiller ailleurs. Nous sommes dépassés. C’est trop, et c’est déjà trop. Nous voulons notre argent, un point, un trait car nos souffrances ont débordé le vase ».

Un employé n’est pas un esclave. Même un esclave, après avoir travaillé, son patron lui donne quelque chose à mettre sous les dents. Après plus de sept (7) mois de travail sans aucune rémunération, est-ce vraiment possible sous d’autres cieux ? Nous ne le pensons pas. Mais en Centrafrique, pays de tous les paradoxes, c’est possible. Ces vingt sept (27) jeunes qui sont embauchés par Global Construction pour l’entretien du Building Administratif ne réclament que leurs droits. Car, tant que ce bâtiment ne sera pas entretenu, comment les ministres et le personnel des cinq (5) départements ministères qui y ont élu domicile, pourront travailler dans de bonnes conditions ? Comme l’a dit le chef de l’Etat à ces jeunes, « une maison a besoin d’être entretenue », nous exhortons la direction de Global Construction à payer ses 27 employés chargés de l’entretien du Building Administratif. Une entreprise qui n’arrive pas à payer les travailleurs qu’il a embauchés pendant sept (7) mois, est-elle réellement une entreprise digne de ce nom ? Selon nos investigations, cette entreprise serait la propriété d’un membre du gouvernement actuel. Après la remise officielle du Building administratif par une société chinoise au gouvernement centrafricain, quel sera l’avenir de ce bâtiment, si déjà les employés en charge de l’entretien éprouvent d’énormes difficultés à percevoir leurs dus ?

Nous n’avons pas pu entrer en contact avec le coordonnateur de Global Construction pour avoir sa version des faits, puisque nous ne disposons pas de ses coordonnées téléphoniques. Toutefois, nous sommes disposés à recevoir sa version.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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