OU EN SOMMES-NOUS AVEC L’APPLICATION...

Vendredi 06.10.2017 : 09H42

OU EN SOMMES-NOUS AVEC L’APPLICATION DES CONCLUSIONS TIREES SUR LA QUESTION DE LA SECURITE TRANSFRONTALIERE ENTRE LA RCA ET LES  ETATS VOISINS ?

Les Frontières de la République Centrafricaine avec le Tchad, le Soudan et les deux (02) Congo constituent des couloirs de trafics d’armes et munitions à ciel ouvert. C’est en partant de ces pays amis de la RCA que les groupes armés deviennent puissants car, disposant d’une armada impressionnante de guerre qui leur permet de braquer, tuer, piller, incendier, détruire et exploiter frauduleusement les ressources naturelles du pays à n’en point finir.

Pour débattre de cette situation, une réunion autour de la question de la sécurité transfrontalière a regroupé les ministres des affaires étrangères de la RCA, des deux (02) Congo et du Soudan sur le territoire congolais il ya de cela un (01) mois. L’objectif était de lutter contre les trafiquants d’armes, de munitions et des stupéfiants qui favorisent l’impunité dans la sous région. Mais l’application des conclusions tirées de cette réunion tardent à venir. Et c’est toujours la République Centrafricaine qui paie le lourd tribut car, souvent victime des incursions des groupes armés et d’autres criminels de la pire espèce venus notamment du Tchad, du Soudan, voire des deux (02) Congo.

Dans notre article du mercredi 04 Octobre 2017, intitulé : « 10 véhicules de l’armée Tchadienne lourdement armés ont traversé la frontière à destination de Kaga-Bandoro », nous avions interpellé l’opinion nationale et internationale sur le danger que court le peuple centrafricain   à travers  l’incursion de l’armée Tchadienne pour soutenir les groupes rebelles sur le territoire centrafricain. C’est la preuve que la réunion sur la question de la sécurité transfrontalière entre la RCA et les Etats voisins qui vient à peine de se dérouler au Congo est un véritable pilotage à vue.

En l’absence des Forces Armées Centrafricaines (FACA) pour sécuriser nos frontières avec les pays voisins et protéger la population, la voie est totalement libre et permet aux forces étrangères d’entrer sur le sol centrafricain en agissant comme bon leur semble. La crise centrafricaine est devenue un véritable fonds de commerce pour les puissances étrangères qui s’enrichissent illicitement sur le dos de la population centrafricaine. De jour en jour, des milliers de centrafricains à l’intérieur du pays sont sacrifiés sur l’autel des seigneurs qui tuent, massacrent, incendient, pillent et ravagent tout sur leur passage.

Tous les Etats voisins de la RCA ont envoyé leurs troupes au sein de la Minusca pour défendre le peuple et la nation contre les attaques et les exactions des groupes armés. Le Tchad a envoyé son contingent au plus fort de la crise. Mais l’armée tchadienne déployée en République Centrafricaine a commis la pire atrocité sur la population civile centrafricaine le 29 mars 2014 vers PK 12. C’est la raison pour laquelle ce contingent a été déclaré persona non grata sur le territoire centrafricain. Les militaires tchadiens basés au niveau de la frontière entre la RCA et le Tchad sont des redoutables assassins. Selon certaines informations en notre possession, il arrive de fois que des citoyens tchadiens qui ne disposent pas de carte d’identité sont  arrêtés et mis en geôle  ou abattus systématiquement par les forces tchadiennes au niveau de la frontière. Mais comment expliquer le fait que des rebelles quittent le territoire centrafricain et entrent au Tchad, et que des hommes armés franchissent la frontière du Tchad pour entrer en RCA ? Il y a anguille sous roche.

C’est le même constat avec les deux (02) Congo qui laissent librement  leurs frontières aux trafics d’armes et munitions qui ravitaillent les milices armées en RCA. Les Nations Unies sont des  témoins oculaires de tous les événements douloureux  qui se déroulent dans les villes de l’arrière-pays. Bien avant que les événements de Bangassou aient eu lieu, la Minusca par la voix de son porte-parole, Vladimir Monteiro a annoncé avoir saisi 11.275 munitions et 136 machettes, destinées aux milices Anti-Balaka dans ladite ville. C’est en provenance soit des deux (02) Congo soit du Soudan que ces munitions et machettes avaient été parachutées sur le territoire. Et pour étayer nos propos, les experts des Nations Unies avaient rendu public un rapport de 126 pages, retraçant les trafics d’armes qui se développent entre les frontières de la RCA, du Tchad, du Soudan et des deux (02) Congo.

C’est ce qui est à l’origine de la persistance des violences dans le pays avec des conséquences néfastes sur la population civile qui ne cesse d’errer dans la brousse et sur les sites des déplacés à la recherche d’un abri sûr pour échapper à la rage destructrice des bandes armées. Il est capital et urgent que la Communauté internationale cesse d’entretenir le flou sur la question de la levée immédiate de l’embargo pour permettre la réhabilitation et le redéploiement des forces de sécurité intérieure afin de sécuriser les frontières et d’empêcher l’entrée des rebelles dans le pays.

C’est la seule condition sine qua non pour rétablir la sécurité et la paix dans le pays et favoriser la libre circulation des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire.

 

Bénistant MBALLA

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