« NON ASSISTANCE AUX PERSONNES EN

Jeudi 13.07.2017 : 10H22

« NON ASSISTANCE AUX PERSONNES EN DANGER,

CONNIVENCE AVEC LES GROUPES ARMES », TELS SERAIENT LES CHEFS

D’ACCUSATION DE CERTAINS CONTINGENTS DE LA MINUSCA

La mission principale des Casques Bleus de la Minusca est et demeure la protection des populations civiles. Malheureusement, les jours passent et se ressemblent en Centrafrique avec les poulains de l’ex-patron de la Minusca, Babacar Gaye, puis de l’actuel, Parfait Onanga-Anyanga. Depuis presque trois (3) ans que la Miunsca est déployée en Centrafrique, les choses vont du mal au pire.

Chaque jour qui passe, les Centrafricains sont pressés comme du citron par les combattants des groupes armés. Les principales branches dissidentes de l’ex-coalition Séléka, à savoir le FPRC de Nourredine Adam. Le MPC de Mahamat Alkhatim, l’UPC de Ali Daras, les 3R de Sidiki, le RPRC de feu Joseph Zoundéko, sans oublier les Anti-Balaka, branche Maxime Mokom, et récemment les éléments d’autodéfense, sèment la terreur et la désolation au sein des populations civiles. Des meurtres, des carnages, des incendies de maisons et villages, des destructions systématiques des édifices publics et privés sont leurs modes opératoires. Certains de ces actes barbares commis par ces criminels, ces bandits de grand chemin, ces hors-la-loi, ces seigneurs de guerre, se déroulent sous la barbe même des soldats onusiens de la Minusca. Ils y assistent sans réagir. Parfois, ils interviennent en sapeurs-pompiers après l’incendie.

Depuis leur déploiement en RCA en septembre 2014 à ce jour, les témoignages des Centrafricains fusent de partout : « les Casques Bleus étaient présents lorsque les rebelles tuaient ma femme, mes enfants, mon père, ma mère, mes sœurs et frères… Ils n’ont rien fait pour arrêter ces criminels, ces assassins »; «c’est devant eux qu’on incendiait nos maisons »; « ils détalaient comme des lapins à l’avancée des rebelles »; « ils ne s’interposent pas entre les groupes armés qui s’affrontent mais préfèrent se rétracter dans leur coquille ». Voilà de quelle manière les Casques Bleus de la Minusca, dits soldats de la paix, se comportent devant ceux qu’ils sont censés les protéger, à savoir les civils. Est-ce de cette façon qu’on prétend assurer la protection de quelqu’un ? N’est-ce pas une fuite en avant ?

C’est pour toutes ces bévues, ces attentismes, ces immobilismes de certains contingents de la Minusca qu’il faut porter la mention de « non assistance aux personnes en danger » dans leurs probables chefs d’accusation. Car, un soldat qui a un mandat ou une mission bien précise, ne peut abandonner ses semblables en danger dans la gueule des lions, des loups qui les dévorent à satiété. C’est vraiment inadmissible. Un soldat, qu’il soit d’un pays ou d’un autre, doit mettre en application la mission qui lui est confiée par sa hiérarchie. Abandonner les civils à leur triste sort et de surcroît à la merci des seigneurs de guerre, c’est du jamais vu. Un bon soldat doit se défendre et défendre ses semblables, avec l’arme au poing jusqu’à la dernière minute. Mais ce que font les soi-disant soldats de la paix en RCA dépassent l’entendement humain. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, certains contingents doivent être poursuivis pour non assistance aux personnes en danger.

En outre, d’autres sont de connivence avec les groupes armés. Ce ne sont pas les habitants de Bria et de Bambari qui ont manifesté récemment qui nous démentiront. A Bangassou, Mobaye, Alindao, Zangba, Ngakobo, la liste n’est pas exhaustive, cette connivence avec les groupes armés a été à maintes reprises, décriée par les habitants de ces villes. Les tueries, les incendies des maisons, sont les conséquences directes des actes irréfléchis et incommensurables de certains Casques Bleus de la Minusca. Les attaques ces derniers temps contre les soldats onusiens seraient à l’origine de cette connivence.

D’ailleurs, feu général Joseph Zoundéko du RPRC et récemment le sous-chef d’état-major, du FPRC, Azor Khalid, ne sont pas passés par quatre chemins pour accuser certains Casques Bleus de fournir des armes et munitions à d’autres groupes armés. Si les combattants rebelles sur le terrain disent ouvertement que tels ou tels contingents soutiennent tels ou tels groupes armés, la Minusca peut-elle nier ou démentir cette accusation ? S’ils ont avancé de tels propos, c’est qu’ils détiennent des preuves palpables et tangibles. Il suffit aujourd’hui de s’approcher de Azor Khalid pour que la vérité éclate au grand jour, puisque Joseph Zoundéko n’est plus de ce monde.

Donc, certains contingents de la Minusca doivent être accusés de « non assistance aux personnes en danger » et de « connivence avec les groupes armés » devant une juridiction compétente, capable de les juger. Nous pensons pour notre part qu’ils ont agi en âme et conscience car ils avaient un mandat bien défini, la protection des civils. En plus, ils doivent être neutres et impartiaux et non être pour celui-ci et abandonner celui-là entre les griffes des seigneurs de guerre ou le soutenir matériellement. C’est contraire à la déontologie des soldats onusiens. Malheureusement, certains contingents se sont laissé aller dans ces bavures. Ils ne seront pas épargnés de la justice même la justice divine afin de répondre de leurs actes. Nous exhortons les autres contingents à bien faire leur travail pour ne pas tomber dans ces chefs d’accusation.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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