MESSAGES FORTS DES LEADERS... CONGRES ORDINAIRE DU P.A.T.R.I.E

Lundi 08/05/2017 : 09H30

LES MESSAGES FORTS DES LEADERS POLITIQUES SUR LA CRISE CENTRAFRICAINE A L’OCCASION DU 3EME CONGRES ORDINAIRE DU P.A.T.R.I.E

La salle du palais de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), a abrité ce vendredi 05 mai 2017, de 09 heures à 12 heures 30 minute, la cérémonie d’ouverture du 3ème congrès ordinaire du Parti Africain pour la Transformation Radicale et l’Intégration des Etats (PATRIE). Ont pris part à cette cérémonie, les leaders des partis politiques, de la société civile, les personnalités politiques indépendantes, sans oublier les militantes et militants, ainsi que les présidents et présidentes sous-fédéraux et fédéraux, venus de Bangui, Bimbo, Bégoua et des 16 préfectures de la RCA.

Les 10 leaders politiques, dans leurs allocutions respectives, ont reconnu que la classe politique centrafricaine dort et ne fait pas son travail comme il le faut. En prenant la parole, le président de l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA), Anicet-George Dologuélé a expliqué que la vie politique est presque à l’arrêt dans le pays. Les partis politiques donnent l’impression d’être en panne ou d’être essoufflés. Or, le pays va mal, les populations sont inquiètes et perdues. Elles ne savent plus à quel saint se vouer. Elles ne savent plus compter sur un gouvernement qui a montré ses limites depuis fort longtemps. Les représentants du peuple à l’Assemblée Nationale, étant paralysés, ceux-ci ne peuvent plus interpeler les ministres pour relayer les problèmes des populations. Le pouvoir se sent donc  tellement fort qu’il prend le risque de dépouiller les élus du peuple de la mission de contrôle de l’action gouvernementale que leur a conféré la Constitution du pays. Les populations ne peuvent plus compter sur des partis politiques qui sont attentistes et affolés. Elles ne peuvent plus compter sur la somme d’intelligence que représentent tous les hommes politiques, puisque le train du dialogue s’est arrêté au lendemain de l’élection présidentielle. Et depuis plus d’un (1) an, il n’a pas redémarré.

Il a affirmé par ailleurs qu’aujourd’hui, un grand nombre de partis politiques donnent l’impression d’être aux ordres d’un pouvoir qui ne leur témoigne que du mépris. Certains semblent être dans l’attente de partage d’un gâteau, qui peut être venu à dos d’escargot …

C’est le même constat fait par Martin Ziguélé, président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC). Il a expliqué devant les participants que ce 3ème congrès du PATRIE s’est déroulée dans un contexte particulier. Ce contexte est caractérisé par le recul des partis politiques en général. Ce phénomène, s’il est vrai de concert également avec le Parlement, est le fait le plus grave, accompagné par la montée d’un populisme pernicieux. Et ce populisme est caractérisé par la montée d’un discours quasi fasciste. Parce que, sans partis politiques dans un pays, cela se réfère au fascisme en Europe dans les 1939. En poursuivant ces propos, Martin Ziguélé a souligné que la situation sécuritaire du pays se caractérise par la persistance et la généralisation de l’insécurité sur l’ensemble du territoire, malgré ces dernières élections qui viennent de nous doter d’institutions constitutionnelles légitimes. Enfin, la situation se caractérise également par la précarité et la misère qui, d’après le président du MLPC, ont des conséquences dramatiques sur les populations civiles, dans pratiquement toutes les régions du pays, impactant négativement sur le bon fonctionnement des institutions de la République…

Crépin Mboli-Goumba, président du Parti Africain pour la Transformation Radicale et l’Intégration des Etats (PATRIE) s’est aligné sur les mêmes ordres d’idée que ses prédécesseurs. Pour lui, son parti a soutenu  le président Touadéra au second tour de l’élection présidentielle. Mais après plus d’un an d’exercice au pouvoir du régime en place, ce sont des spectacles indescriptibles (tueries, massacres, viols, pillages, incendies…) qui sont perpétrés à l’endroit des populations civiles. En abordant la question du fonctionnement des institutions de la République, il a mentionné que les ministres sont humiliés tous les jours, parce qu’on leur impose des Directeurs de Cabinet (DIRCAB) et des Directeurs Généraux (DG). L’Assemblée Nationale qui est l’émanation du peuple ne fonctionne pas bien, puisqu’il y a querelle entre son président et le Chef de l’Etat. Face à ces situations, Crépin Mboli-Goumba a posé la question suivante : faut-il que mon parti continue de soutenir le président Touadéra ?

Contrairement aux autres, Bertin Béa, secrétaire général par intérim du parti Kwa Na Kwa (KNK) de l’ex-président déchu François Bozizé, a estimé pour sa part que l’organisation d’un vaste forum inclusif, avec la participation de François Bozizé et Michel Djotodia est la seule condition de mettre un terme à la crise. Proposition soutenue par Docteur Koch Komba qui a fait savoir que la crise centrafricaine est véritablement politique. Ce ne sont que par des actions politiques qu’on peut la résoudre.

Au regard de toutes les interventions, les leaders des partis politiques ont décidé de s’unir pour prendre leur responsabilité vis-à-vis de l’insécurité qui mine et gangrène le pays, avec des conséquences dramatiques sur les populations civiles et les institutions républicaines. Une photo de famille, suivie d’un cocktail a bouclé la cérémonie d’ouverture du 3ème congrès de PATRIE aux environ de 12 heures 30 minutes.

 

Bénistant MBALLA

   

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