MEMORANDUM ET RECOMMANDATIONS DES FEMMES DE LA OUAKA

Jeudi 06 Avril 2017 : 09H09

MEMORANDUM ET RECOMMANDATIONS DES FEMMES DE LA OUAKA A L’OCCASION DE LA CELEBRATION DE LA RESOLUTION 1325 DES NATIONS UNIES

 

Le Premier ministre Mathieu Simplice Sarandji et la représentante adjointe du Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en RCA, à la tête d’une forte délégation, ont effectué conjointement une mission de travail à Bambari dans la Ouaka, le mardi 04 avril 2017. C’était pour célébrer la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, créant la Minusca.

A cette occasion, les femmes de la Ouaka ont profité pour remettre au Gouvernement et à la Minusca leur mémorandum, assorti des recommandations.

Sur le plan sécuritaire

Ces femmes ont fait savoir, « depuis 2012 à ce jour, de multiples souffrances ont été infligées aux populations centrafricaines en général, et en particulier celles de la préfecture de la Ouaka par les affrontements armés, soit cinq (5) années de calvaire, marquées par de nombreuses exactions et violations des droits humains dont sont victimes les femmes et les enfants. Au rang de ces exactions, on note essentiellement les tueries, les destructions des biens publics, privés et des infrastructures socio-économiques, les pillages et incendies des maisons et vivres, les déplacements massifs des populations civiles et leur confinement sur des sites. On note également les violences basées sur le genre parmi lesquelles, les viols massifs des femmes et filles mineures, les exploitations et abus sexuels, les mariages forcés des filles mineures, les enterrements vivants des femmes pour allégations de sorcellerie, notamment les femmes de troisième âge. Il est aussi à signaler le nombre toujours croissant des veuves et des orphelins dans les différentes communautés ».

Dans le domaine judiciaire

Elles ont fait remarquer, « la faible capacité des services judiciaires à Bambari et l’impunité dont jouit la quasi-totalité des auteurs des violations des droits humains, ont empiré la situation des femmes. Ainsi, l’accès aux services sociaux de base, aux champs et à l’eau dans les quartiers de Bambari est devenu très difficile pour les femmes et filles. Cette situation a un impact important sur le vécu quotidien des femmes et filles ».

Du point de vue économique, selon ces femmes, « la fermeture du marché central et de l’Ecobank de Bambari a estompé les activités des échanges économiques, qui, jadis, servaient aussi de canal de cohésion sociale entre les femmes (troc du lait entre les femmes peuhles et celles des autres communautés contre les vivres qui n’existent plus, à titre d’exemple) ».

Quant au plan socioculturel, les femmes de la Ouaka font savoir, « la perte de confiance, la trahison, la haine, l’esprit de vengeance, les représailles, la perte des valeurs culturelles, le manque de contrôle et de suivi des enfants par les parents sont entre autres, les impacts du conflit sur la population. On note aussi le taux élevé de déperdition scolaire chez les filles et garçons et l’enrôlement de ces derniers dans les groupes armés. Il y a aussi la féminisation de la pauvreté avec l’utilisation du sexe comme stratégie de survie et la montée de la mendicité. Comme conséquences, les grossesses précoces et non désirées, et le taux de prévalence des IST/VIH-SIDA ont augmenté. Le conflit a provoqué un déplacement massif des populations, spécialement des femmes et enfants, tandis que l’effectif des veuves et orphelins ne cesse de croître ».

Suite à cette situation et considérant les efforts conjoints du Gouvernement et de la Minusca en faveur de la restauration de l’autorité de l’Etat, et des multiples aides apportées aux personnes déplacées internes, « les femmes de la Ouaka apportent leur soutien sans faille à l’initiative « Bambari une ville sans groupes armés » et aux efforts de relèvement post-conflit ».

 

Recommandations

- que l’initiative « Bambari une ville sans groupes armés » soit appliquée également sur l’étendue du territoire centrafricain ;

- l’arrestation et la traduction en justice de tous les chefs des groupes armés opérant en RCA, ceci, sans distinction aucune ;

- le désarmement et le cantonnement immédiat de tous les éléments des groupes armés, ainsi que le retrait des enfants soldats en leur sein ;

- la pacification des zones périphériques de la ville de Bambari dont les populations continuent à subir des exactions et tueries de la part des groupes armés.

 

Voici succinctement brossée à travers ce mémorandum des femmes de la Ouaka, la situation apocalyptique actuelle dans laquelle se trouve la ville de Bambari en particulier, et la préfecture de la Ouaka en général.

 

Le Petit YEKOA

 

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