LES REVERS DE LA DEGRADATION DES RUES A BANGUI

Vendredi 27 Oct. 2017 : 09H59

LES REVERS DE LA DEGRADATION DES RUES A BANGUI

Le régime Bokassa a laissé un héritage précieux à la République Centrafricaine. La fin de l’année 1966 a été décisive pour l’urbanisation de la capitale centrafricaine. Des rues ont été tracées et bitumées, des immeubles commençaient à pousser comme des champignons ; Bangui avait raison d’être appelée « La Coquette ». Mais au fil des années, les rues ont commencé peu à peu à se dégrader entraînant des conséquences néfastes.

Il s’agit des rues tracées dans les années 1960 à Bangui. Du Centre Ville au quartier Combattant, en passant par Miskine, Km5, Kpétènè, Pétévo, les rues de la capitale Centrafricaine sont jonchées de crevasses. Pendant la saison des pluies de chaque année, les rues en latérite ou bitumées connaissent des fentes profondes laissées par l’érosion. Ces fentes jalonnent les rues, voire les grandes artères de la capitale. Les raisons de cette dégradation sont nombreuses et en pêle-mêle : manque d’entretien, de couche épaisse… Cette dégradation a aussi ses revers sur les usagers de ces tronçons. Ces crevasses obligent les usagers à rouler prudemment afin d’éviter les accidents de circulation. Mais disgrâce, les motos en font beaucoup plus frais. Les conducteurs des taxis-motos et des véhicules se disent exaspérés de l’état actuel des rues et demandent au département des Travaux Publics d’ouvrir les yeux sur ce problème. Maxime est conducteur de taxi-moto : « Je suis lassé des problèmes de circulation. Les crevasses sont inévitables et nos engins en payent les lourds tributs. A peine payé un nouvel engin, à peine les fentes sur les rues nous créent des dépenses ».

L’avenue des Martyrs illustre bien cet exemple. Sur cette avenue, les crevasses sont nombreuses, conséquences logiques, certains conducteurs de transport en commun évitent d’y passer afin de prévenir toute panne. Sur certaines rues, les pluies diluviennes se sont stagnées et rendent presque impraticables ces voies routières. La durée des trajets est un facteur important dans le domaine des transports. Les commerçants, les élèves, les fonctionnaires sont à bout de souffle. Avec la dégradation avancée des rues, la durée des trajets est de plus en plus longue. Cette lenteur entraîne des conséquences sur l’économie du pays. les commerçants traînent en chemin, l’acheminement des marchandises devient difficile. Les élèves arrivent en retard à l’école, vu la lenteur des transports. Ils sont nombreux à se masser dans les stationnements des bus, taxi et taxi-moto, se bousculent à chaque occasion de transport, mais pour arriver en retard à cause des fentes sur les rues.

Les rues de la capitale freinent le développement du pays. L’investissement est un facteur capital dans la coopération des Etats, mais si les rues sont impraticables, comment les pays peuvent-ils être reliés ?

La Société Nationale de Transport Urbain (SONATU) a connu une descente vers l’abîme à cause de l’état des rues, ne permettant guère d’assurer une durabilité aux engins de transport. Beaucoup de bus de ladite société sont tombés en panne depuis des années. Ces derniers sont parqués dans l’enceinte du ministère des Transports et de l’Equipement.

Les rues à Bangui sont incomparables à celles des autres capitales. La République Centrafricaine doit en outre entretenir, voire réhabiliter les rues qui depuis 1966 n’ont pas une fois encore fait l’objet d’un bitumage sérieux.

 

Félicien NZAPAYEKE MAMADOU

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