LES RETOURNES DU 3E ARRONDISSEMENT APPELLENT LE G

Lundi 15.05.2017 : 09H50

LES RETOURNES DU 3E ARRONDISSEMENT APPELLENT LE GOUVERNEMENT ET LES ONG A L’AIDE

Plusieurs personnes ont gagné le site des déplacés pour se mettre à l’abri du danger au plus fort de la crise. Cinq mois après l’opération Noël à la maison, les retournés ne retrouvent pas encore l’ambiance d’autre fois et vivent dans des conditions difficiles. Ils appellent alors le gouvernement et les ONG à l’aide lors d’un reportage réalisé par le RJDH ce 10 mai dans cette localité après la pluie.

Nous sommes dans le quartier Yakité où il est 11h. Certains retournés sont sur les chantiers de reconstructions des maisons détruites après la pluie diluvienne qui s’est abattue la veille. Nous nous sommes approchés d’une retournée, elle nous explique sa détermination. « J’étais sur le site de l’Eglise des Frère du Camp des Castors, mais après la décision du gouvernement, nous avons souhaité compléter l’argent qu’on nous a donné pour faire de quoi dormir », a-t-elle dit.

Elle s’inquiète de la psychose qui empêche encore ses voisins à revenir et n’oubliera pas ses proches qu’elle ne reverra plus. « Nous n’avons pas le choix, certes nous regrettons ce qui s’est passé mais il nous faut se relever et se pardonner. L’ambiance que nous vivons aujourd’hui n’est pas la même que ce que nous avons vécu hier », a-t-elle ajouté.

Après ce retour, les désormais ex déplacés doivent faire face à un autre défi. « Nous sommes obligées de regagner notre maison. Mais, on a de sérieux problèmes de nourriture, l’environnement est inadéquat, et nos voisins ne veulent pas retourner maintenant, ils craignent l’insécurité. Mais nous sommes quand même là et ne sachant pas ce que le gouvernement et les ONG vont faire pour nous », a-t-elle déploré.

Même son de cloche chez une mère de 5 enfants devant sa maison à moitié reconstruite. « Nous sommes revenus il y a 3 mois, mais les 50.000 FCFA que le gouvernement nous a donnés ne peuvent pas couvrir nos besoins. On nous disait qu’à notre retour, des ONG devraient venir nous aider. Aujourd’hui, même les fontaines d’eau ne fonctionnent plus, on a un problème d’eau  ici», a-t-elle lâché.

Sous le manguier, les retournés discutent de tout y compris la journée dédiée aux victimes de la crise. Nous nous sommes approchés d’eux et ils nous livrent leur vision. « Dans cette condition, il est difficile pour nous de nous sentir heureux malgré notre retour. Il est temps que le Gouvernement et les ONG ne perdent pas de vue notre situation » a indiqué Gervais, un habitant de la localité.

Bénicia, 10 ans  est l’une de ces filles, elle  regrette de ne plus fréquenter l’école avant d’interpeler las autorités du pays sur la question sécuritaire .« Au quartier Yakité, on ne va plus à l’école à cause de l’insécurité. Nos parents ont souffert pour nous élever donc nous devons aussi aller à l’école pour nous occuper d’eux demain », a souligné la jeune fille.

Quant à Thibaut Mbaido, un jeune du quartier Kokoro au Km 5 qui sarcle des mauvaises herbes dans sa concession en vue de réparer sa hutte, ils ont installé des bâches sous lesquelles ils habitent. « On fait cela pour attirer l’attention des humanitaires. On est bien ici sauf qu’il y a la pluie. Ici on peut se promener 24 heures sur 24, mais le problème c’est notre condition de vie très regrettable » a-t-il rassuré.

La situation humanitaire des retournés demeure inchangée en dépit de l’enveloppe octroyée par le Gouvernement et le HCR pour favoriser leur retour.

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LA SITUATION HUMANITAIRE ET SECURITAIRE TOUJOURS PREOCCUPANTE A ALINDAO

La situation sécuritaire et humanitaire demeure préoccupante trois jours après l’affrontement entre les groupes armés UPC et Anti-Balaka. Plus de 37 personnes seraient tuées et 3000 personnes déplacées selon des sources humanitaires dans la localité.

La population d’Alindao au sud du pays est dans la psychose après le combat qui a opposé les groupes armés. Environs 3 000 personnes ont trouvé refuge en la paroisse Sacré-Cœur selon la Caritas Centrafrique.

Selon des sources humanitaires, le bilan pourrait s’alourdir « la Croix-Rouge locale a pu récupérer 37 morts dans 03 quartiers respectifs à savoir : Paris-Congo, Bangui-ville-Borno et le quartier Wanoma. Pour le moment, le réseau téléphonique de Telecel et Orange n’est pas opérationnel » a témoigné au RJDH une source humanitaire.

Des sources humanitaires ont noté que la situation s’est apaisée après l’arrivée du renfort de la Minusca et qu’il n’y a pas de crépitement d’arme, alors que la population redoute la présence d’Ali Daras leaders de l’UPC où la présence est signalée dans la localité.

Le sud du pays a connu un pic de violence intergroupe armés cette dernière semaine alors que les 14 groupes politico-militaires se sont engagés dans la mise en œuvre du processus DDRR à Bangui.

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09 MILLIONS DE DOLLARS POUR LA REPONSE HUMANITAIRE

Le Fonds Humanitaire en RCA a alloué 9 millions de dollars, pour soutenir les actions humanitaires dans les régions de la Basse Kotto, du Mbomou, de la Nana-Gribizi, de la Ouaka et de l’Ouham-Pendé. Ce fonds augmente le financement du plan de réponse humanitaire 2017 à 14% sur les 399,5 millions.

La situation humanitaire en République centrafricaine reste fragile. Le premier trimestre de l’année 2017 a été marqué par la multiplication des foyers de tension. Cette dégradation intervient alors que le financement de l’action humanitaire en 2017 reste faible et en dessous de seuil requis pour la réponse humanitaire.

Les régions concernées par cette allocation ont connu entre septembre 2016 et Mai 2017 un grand nombre de foyers de tension causant des déplacements massifs de population et des sérieux problèmes liés à la protection des civils. La première phase cible les besoins en termes d’éducation, de protection, de santé, de nutrition ainsi que de l’Eau, Hygiène et Assainissement (EHA). La logistique, les besoins en abris et en articles non alimentaires, la coordination et la gestion des sites figurent aussi parmi les besoins prioritaires ciblés.

Madame Najat Rochdi, Coordonnatrice humanitaire renouvelle sa gratitude aux partenaires techniques et financiers qui ont appuyé la réponse humanitaire et appelle pour renforcer les financements en 2017 car « la situation est très alarmante et c’est tout le processus de consolidation de la paix qui est en jeu » a-t-elle ajouté.

C’est depuis 2013 que la Centrafrique sombre dans un chaos humanitaire et sécuritaire. Sa profonde crise devient de plus en plus oubliée et le fond pour la réponse humanitaire faiblement mobilisé à cause de certaines crises à travers le monde.

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