LES RESPONSABLES DES ETABLISSEMENTS ET LES ASSOCIATIONS ...

Lundi 21.08.2017 : 10H09

LES RESPONSABLES DES ETABLISSEMENTS ET LES ASSOCIATIONS DES JEUNES UNIVERSITAIRES A L’ECOLE DES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

L’atelier de présentation du rapport sur l’ampleur et la typologie des violences faites aux femmes lors des crises centrafricaines, ouvert le mercredi 16 août 2017 au stade 20.000 Places, continue son petit bonhomme de chemin. Après certains élus de la nation, des représentants des ministères et des organisations nationales et internationales le 16 août, puis les représentants des ONG nationales et internationales, ainsi que des médias (presse écrite et audio-visuelle) le jeudi dernier, c’est le tour, ce vendredi 18 août des responsables des établissements scolaires et universitaires et des associations des jeunes universitaires d’être à l’école des violences faites aux femmes lors des crises survenues en RCA.

Comme à l’accoutumée, après la mise en place du bureau devant conduire les débats, puisque c’est un atelier d’échange, les deux (2) consultants, Natacha Adjouya-Nouganga et Théodore Koïnam ont fait la restitution de leurs enquêtes  menées dans six (6) villes de la RCA. Il s’agit de Bangui, la capitale, Boda, Bossangoa, Sibut, Kaga-Bandoro et Grimari. Dans ces villes précitées, les types des violences en RCA se caractérisent de la manière suivante : viols (17%) agressions sexuelles (4%), agressions physiques (24%) ; mariages forcés (1%), dénis de ressources, d’opportunité ou de service (24%) ; et enfin violences psychologiques/émotionnelles (30%).

D’après la dernière enquête MISC : 60% des filles et garçons de la RCA sont mariés ou en union avant 18 ans. Les Mutilations Génitales Féminines (MGF) touchent les 24% des femmes et des filles âgées entre 15 et 49 ans ; 80% des femmes et 84% des hommes ont des attitudes d’acceptation face à la violence domestique subie par les femmes.

La plus récente enquête sur les Violences Basées sur le Genre (VBG) a été conduite en 2011 par le ministère des Affaires Sociales dans trois (3) préfectures du pays et publiée en janvier 2014, montre que : le type le plus fréquent de VBG est la violence psycho-émotionnelle (65%) et physique (65%). Les violences sexuelles sont  estimées à 80% (47% de femmes et 33% d’hommes). Plus de 80% de violences domestiques ont été enregistrées.

Toujours selon le rapport de cette étude, les différentes formes de violences faites aux femmes et filles lors des crises se résument ainsi dans les villes citées ci-haut : violence morale, déni de service et d’opportunité, viol, mariage forcé, violence sexuelle, violence conjugale, violence physique, violence faite aux femmes et filles accusées de sorcellerie, violence économique et le forcé. S’agissant du forcé qui est une nouvelle forme de violence, ce sont des filles enrôlées, par force de la situation qui sont devenues les épouses des belligérants d’une part, et le traitement à l’amiable de cas de viol qui a donné l’occasion à certains auteurs de se marier avec les victimes. Notant en passant que les principaux auteurs de ces violences faites aux femmes sont les combattants Séléka et Anti-Balaka. Il y a aussi d’autres femmes qui commettent des violences sur leurs semblables.

Après ce bref exposé, les participants ont pris la parole et ont donné leur point de vue sur la situation, tout en faisant des recommandations ou suggestions pour enrichir le présent rapport.

La Secrétaire générale de la Commission Nationale Centrafricaine pour l’Unesco, madame Georgette Florence Koyt-Déballé est intervenue à son tour. Elle a indiqué qu’il y a eu évolution dans les types de violences qui sévissent en RCA. Selon elle, « on a remarqué que les viols se commettent maintenant par groupe. Les combattants des groupes armés violent en passant et les jeunes interviennent à leur tour pour violer. Ensuite, on a adjoint les viols en braquages, c’est-à-dire que les braqueurs, avant d’emporter leurs biens, violent les filles et les femmes, qui se trouvent dans la maison. Malheureusement, les violences sont devenues banalisées. D’où nécessité de sensibiliser le grand public et de trouver des voies et moyens pour remédier à ces violences qui sont nombreuses. Il faut que les populations se préparent pour faire face à celles-ci. Car en RCA, la situation des femmes est très grave et elles sont les principales victimes. On retrouve les mêmes violences, les mêmes phénomènes dans les zones du pays qui viennent récemment d’être affectées par la crise ».

En dernier ressort, elle a demandé aux participants d’être des porte-paroles, « vous devez être des porte-paroles dans vos établissements scolaires, universitaires et dans vos associations respectives. Il faut sensibiliser davantage les gens sur les violences faites aux femmes ».

C’était par ce conseil que la 3ème journée de l’atelier de la présentation du rapport sur l’ampleur et la typologie des violences faites aux femmes s’est achevée.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

  

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire