LES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE TOURNENT

Mercredi 07 juin 2017 : 11H21

LES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE TOURNENT LE DOS A LA PAIX EN CENTRAFRIQUE

Une société civile bien structurée, bien implantée sur l’ensemble du territoire, est plus forte, plus puissante qu’une armée. Beaucoup  d’exemples illustrent nos propos. Nous prendrons singulièrement le cas du Burkina-Faso. A l’intérieur de la société civile, il y a plusieurs organisations dont celles de la Jeunesse, des femmes, les ONG de défense des Droits de l’Homme, les artisans, les cultivateurs, les éleveurs, les artistes toutes tendances, les médias, les églises protestante et catholique, toutes les autres confessions reconnues, les imams, bref, c’est toute la base de la pyramide de la société centrafricaine. Les burkinabé ont compris l’enjeu d’une société civile dynamique, puissante, capable de renverser des montagnes.

Toutes ces organisations doivent unir leur force, leur énergie, leurs stratégies en se mettant ensemble. Un seul bureau national avec un réseau national à travers les préfectures, sous-préfectures, communes, villages et hameaux. Aucune classe sociale ou aucun bout du territoire ne doit rester à l’écart. Ensuite une véritable campagne d’éducation civique ; chaque citoyen doit connaître ses droits : droit à l’éducation et à l’instruction, droit à une vie décente, droit à la santé, pour ne citer que ces quelques cas. Un peuple éduqué est dynamique et sait ce qu’il veut. Il y a une lecture propre de la gouvernance politique, économique, sociale, culturelle, sportive et confessionnelle. La crise centrafricaine est alimentée en grande partie par l’ignorance. Or l’ignorance, dit-on, est pire que la mort. Dans tous les pays qui nous entourent, il y a eu la guerre, le Tchad, le Congo Brazzaville, la RD Congo. Mais les maisons, les immeubles, les cases, n’ont jamais été détruits jusqu’à démanteler les fondations. On les pille sans les détruire.

La « civilisation de l’horreur » est inaugurée en Centrafrique. Et pourtant, la Constitution de la RCA consacre la personne humaine comme « sacrée ». Lorsque deux groupes armés s’affrontent, il y a des victimes, des morts, des blessés graves ou légers. Faut-il charcuter en plus les cadavres ? Peut-on encore brûler vif un être humain en cette ère des temps modernes ? Incendier des maisons, des cases, des villages entiers et cela laisse indifférente la société civile. Aucun sentiment de révolte intérieure pour dire « Non ! Plus jamais çà ! » La RCA n’ayant pas encore d’armée, de Gendarmerie, de Police à la dimension des défis sécuritaires, c’est la société civile qui doit prendre le relais pour marcher sur les groupes armés. Les vingt mille (20.000)combattants des groupes armés peuvent-ils tuer les quatre millions de Centrafricains, s’ils se soulèvent en même temps du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest ? Les combattants seront désarmés en un seul jour et en quelques heures seulement.

La Transition au Burkina-Faso a été renversée par l’armée d’élite, proche de l’ancien président Blaise Compaoré. Il y avait à côté le reste de l’armée, mais elle n’est pas intervenue. C’est la société civile, les mains nues, qui est montée au créneau pour s’opposer de la manière la plus farouche aux putschistes, bien que surarmés. La Société civile burkinabé est venue à bout des putschistes qui ont fini par céder le pouvoir à l’équipe de la transition. Il y a eu donc les élections et les burkinabé évoluent vers le meilleur des mondes. Un exemple grandeur nature qui aurait pu inspirer les Centrafricains pour se débarrasser des bandits qui empestent leur espace vital.

Les ONG de défense des Droits de l’Homme, curieusement, n’ont qu’un seul souci, les victimes, parce que derrière, coulent le lait et le miel. Dans le traitement de la situation des victimes, elles seront les interlocutrices privilégiées et alors, il n’y a rien sans rien.

Les organisations de la société civile Centrafricaine sont aussi nombreuses que les grains de sable au bord de l’Oubangui pendant la saison sèche. Chaque organisation est retranchée dans sa tanière. L’individualisme, l’égoïsme, la courte vue plombent l’éclosion d’une véritable société civile. Dire en RCA, « la société civile », n’a pas de sens puisqu’elle n’existe pas. Il n’y a que les organisations de la société civile de manière disparate, où chacune prêche pour sa seule chapelle. D’où l’inexistence d’une vraie société civile. Prises individuellement, les organisations de la société civile s’apparentent à une « école coranique » où chacun récite à gorge déployée les sourates du coran. Elles ne pensent pas plus qu’un oiseau-mouche. Tout porte à croire qu’il est difficile, voire impossible pour les Centrafricains de se mettre  ensemble pour construire un idéal commun. Quand il faut tuer ou détruire, les ralliements ne se font guère attendre. En un temps record, nous avons une colonie de destructeurs prête à tout. Les organisations de la société civile regorgent d’intellectuels dont des grandes figures du droit, mais personne ne veut fondre souveraineté dans un grand ensemble, plus fort, plus dynamique, capable de porter haut les voix des couches défavorisées : les paysans, les éleveurs, les artisans, notamment les questions d’eau potable, d’énergie pour tous, les routes, l’urbanisation et autres.

Dès lors que le pays s’est doté des institutions légitimes, la « Société civile », si elle existait, trouverait un terrain de prédilection pour faire entendre son son de coche à qui de droit. Les pouvoirs auront en face un interlocuteur solide pour des débats de haute facture sur la gouvernance du pays. La société civile a pour cheval de bataille, « le bien-être de chaque citoyen » dans la cité. C’est un groupe de pression et non un parti politique d’opposition. La philosophie est la répartition équitable des richesses nationales. Pour y parvenir, chaque citoyen doit connaître ses droits et devoirs vis-à-vis de la cité.

 

Julien BELA

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