LES INTELLECTUELS CENTRAFRICAINS :

Vendredi 22/09/2017: 09H55

LES INTELLECTUELS CENTRAFRICAINS : CAUSE DE LA MAUVAISE GOUVERNANCE

Depuis toujours en République Centrafricaine, le malheur vient de ses élites. De David Dacko à Bozizé, rien n’a bougé d’un iota. Avec toute objectivité, il faut reconnaitre qu’au  fond, la plupart de dirigeants sont inexpérimentés, des arrivistes qui  sont entrain d’exploiter une situation de chaos sécuritaire en leur propre faveur en utilisant eux aussi l’homme du pouvoir, d’où les qualificatifs de profito-situationnistes, de «mangeocrates» dont ils sont affublés.

Sinon, comment comprendre qu’une nation d’où sont sorties des élites dignes de ce nom, n’arrive pas à proposer des solutions idoines pour la sortie de crise? 

Pour étayer les thèses des détracteurs du pouvoir de Bangui, le gouvernement Sarandji Bis en est la preuve vivante. Sous d’autres cieux, des techniciens et professeurs de renom tirent leurs pays du gouffre, mais pourquoi pas en RCA ? Le réaménagement du gouvernement devrait naître un cocktail de technocrates au lieu d’accoucher d’une souris car le nouveau gouvernement est pléthorique (34 ministres). Allez y comprendre que la charge allouée aux 34 ministres du gouvernement serait de 700 000 000 F cfa.  De qui se moque-t-on ? Une fois de plus encore, ce sont nos intellectuels qui agissent comme des ignares.

La diaspora d’un côté, la clique Bozeziste de l’autre et les félons de tout bord manœuvrent de près comme de loin afin de peser sur les prises de décisions de l’homme du pouvoir qu’ils reconnaissent au fond d’eux comme étant peu éclairé. C’est la posture dite de l’entrisme dans laquelle nombre de nos intellectuels se sont cassés la figure parce qu’au final, ils se sont rendus compte qu’ils n’étaient que des marchepieds parce que le centre nerveux du pouvoir était toujours clanique sinon ethnique. Mais de la situation actuelle du pays, un gouvernement de technocrates était la voie à privilégier .

Une situation de trouble nécessite un gouvernement serré, et ce ne sont pas les Ngoupandé, Pampali et autres qui nous démentiront, eux qui en ont déjà fait la triste expérience sous le  régime de Kolingba puis celui  de Bozizé. Dans une large mesure, ce n’est que de cette manière qu’on peut comprendre le ralliement du camp de Bozizé par des intellectuels qui condamnaient sa rébellion avec véhémence et qui curieusement sont devenus ses défenseurs zélés.

Si notre démocratie piétine encore alors que nous sommes parmi les premiers pays qui ont expérimenté ce système politique sur notre continent, c’est incontestablement à cause de la forte proportion de ces intellectuels fonctionnaires ou petits bourgeois sans conscience politique exercée et dépourvus de tout sens de la responsabilité sociale. Ils voient la réussite sociale comme une fin en soi et non comme le moyen de se mettre au service des autres tout en masquant leurs tares intellectuels par leur arrogance et leur autoritarisme qui tranchent avec l’humilité et l’ouverture d’esprit caractérisant les vrais grands intellectuels.

Il s’ensuit que la réticence sinon le refus de promouvoir des intellectuels capables et ayant des compétences avérées dans tous les domaines est en réalité un crime de la part de nos dirigeants politiques. Puisque, par ce biais, ils freinent au mieux le processus de la démocratisation du pays et partant de son développement. Il s’agit ni plus ni moins d’un crime parce que le plus souvent ces moins méritants qui sont promus par camaraderies, clientélisme ou par tribalisme, sinon par corruption, se révèlent comme étant des incapables et incompétents notoires dont les conséquences de la plupart de leurs actes sont très dommageables pour un pays post-conflit comme le nôtre. Mais comme l’impunité leur est garantie, ils n’ont aucune inquiétude à se faire.

Sinclair Aries

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