LES GRANDS MAUX QUI RONGENT L’ADMINISTRATION CENTRAFRICAINE

Vendredi 03 mars 2017 : 10H32

   LES GRANDS MAUX QUI RONGENT L’ADMINISTRATION CENTRAFRICAINE

L’administration centrafricaine est et demeure-t-elle une administration, au sens propre du terme ? Fonctionne-t-elle selon ses principes d’organisation ? Rien ne le prouve en réalité. Car les fonctionnaires et agents de l’Etat ne se préoccupent de rien. Tout se passe comme si ces derniers ne se soucient pas des usagers et autres. Seuls leurs intérêts égoïstes priment et les préoccupent tant. Mais l’intérêt général est foulé aux pieds, relégué au second plan. Et donc, il y a trois (3) grands maux qui rongent l’administration centrafricaine : la lenteur dans le traitement des dossiers, la corruption et le déficit de communication.

 

La lenteur dans le traitement des dossiers

 

La lenteur dans le traitement des dossiers a été et demeure la cause principale du dysfonctionnement de l’administration en RCA. Pour preuve palpable, la lourdeur dans l’exécution des instructions gouvernementales est de mise au sein de notre administration, ayant conduit le plus souvent à des remous sociaux des fonctionnaires et agents de l’Etat.

Or, logiquement, un décret pris par le président de la République, chef de l’Etat, doit avoir un effet immédiat, un (1) jour franc, après sa promulgation officielle. Il ne peut traîner très longtemps. Car il est stipulé toujours que ce décret prend effet à compter de la date de sa signature et sera enregistré au Journal Officiel (JO). Malheureusement, tel ne semble pas être le cas dans bon nombre de départements ministériels en RCA. A vous de deviner le reste.

 

La corruption

 

Du planton au Secrétaire particulier et au Directeur Général, les dossiers peuvent prendre des mois, voire des années, avant d’être traités. Car, à tous ces niveaux, il faut mettre « une pierre sur les papiers », selon les termes propres aux fonctionnaires et agents de l’Etat centrafricain, pour que les papiers ne s’envolent pas. En agissant de la sorte, les trois (3) principaux principes qui caractérisent le bon fonctionnement de l’administration, à savoir la gratuité, la continuité et la mutabilité des services publics, sont bafoués et non respectés. Et cela au vu et au su de tous. Incroyable, mais pourtant vrai. Donc, la lenteur dans le traitement des dossiers engendre de facto la corruption active et passive au sein de notre administration.

 

Le déficit de communication

 

Le déficit de communication au sein des services administratifs en RCA est très criard et cruel. Or, pour que l’administration fonctionne à merveille, le personnel depuis le planton jusqu’au Directeur Général ou ministre doit se parler, communiquer franchement entre eux. Cette culture de communication échappe totalement à l’administration centrafricaine. Une décision prise au Conseil des Ministres à propos d’un tel ou tel ministère doit être transmise du ministre de tutelle à son Directeur de Cabinet, puis aux autres directeurs, chefs de service et ainsi de suite jusqu’au dernier fonctionnaire et agent du ministère en question. Ayant pris bonne note et connaissance de cette décision, ils peuvent bien la mettre en exécution, travailler comme il se doit pour atteindre le ou les objectifs fixés. Malheureusement, ce n’est pas ce qui se fait. Dépourvue d’une franche collaboration du sommet vers le bas, l’administration centrafricaine vogue au gré du vent et se meurt à petit feu. C’est bien dommage pour l’avenir du pays.

 

Le Petit YEKOA

 

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