« LES ENFANTS DE LA RUE »,

Lundi 27 Novembre 2017 : 10H21

« LES ENFANTS DE LA RUE », UNE REALITE TRISTE EN RCA : GISELE PANA ET EMILE RAYMOND GROS-NAKOMBO DOIVENT PRENDRE LEURS RESPONSABILITES

« Les enfants de la rue », c’est de cette manière qu’on appelle les enfants qui se retrouvent aujourd’hui dans la rue. Parmi ces « enfants de la rue », beaucoup sont des mineurs dont leurs âges varient de cinq (05) à dix sept (17) ans. La rue peut-elle réellement enfanter des êtres humains ? La ministre de la Promotion de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfant, Aline Gisèle Pana et le maire de la ville de Bangui, Emile Gros Raymond Nakombo doivent prendre leurs responsabilités pour sauver la vie de ces mineurs en détresse.

La rédaction de Centrafric Matin a mené des investigations auprès de ces mineurs abandonnés dans la rue et qui se retrouvent pêle-mêle au centre-ville de Bangui. Mais le constat est vraiment amer quand on voit ces enfants mineurs dormir sur des cartons de jour comme de nuit sous les boutiques, les supermarchés, voire le long des artères de la capitale. Pour trouver de quoi à manger dans la journée, certains de ces enfants mineurs préfèrent laver les assiettes, transporter de l’eau dans les restaurants de la place. A la fin de la journée, les propriétaires de ces restaurants leur donnent un petit plat parfois insignifiant.

D’autres pour gagner leur pain quotidien préfèrent plutôt se lancer dans les petits commerces : vente de sachets, de l’eau fraîche…, afin de réaliser de petits bénéfices qui leur permettent de se nourrir. Mais la majorité de ces enfants mineurs se livrent très souvent dans la barbarie (vol, escroquerie…) pour gagner de l’argent afin de se prendre en charge. Quant ils se retrouvent en groupe, ils s’entraînent en jouant avec des armes blanches.

Les plus âgés entraînent souvent les plus petits à consommer les drogues et autres produits nocifs : chanvre indien, col, tramadol, pour ne citer que ces quelques exemples. C’est de cette manière que les actes de délinquance (vol, escroquerie, bagarre avec des armes blanches, braquages etc.) se développent de jour en jour, non seulement dans les marchés de la capitale, mais aussi dans les différents quartiers et arrondissements  de la ville de Bangui.

Certains de ces « enfants de la rue » opèrent parmi les braqueurs qui sèment la désolation et la panique au sein de la population. Ils sont parfois traqués par la police ou la gendarmerie et mis en geôle. Certaines dispositions de la loi pénale centrafricaine interdisent la détention arbitraire des enfants mineurs qui ne doivent être jugés que par le Tribunal des Enfants et faire l’objet de rééducation.

Les raisons qui poussent ces enfants à sortir dans la rue varient selon les actes qu’ils ont subis dans leurs familles respectives. Brice, un enfant mineur, âgé de 09 ans, qui a abandonné sa famille depuis trois ans et qui  se retrouve aujourd’hui dans la rue a expliqué, « ma mère est décédée lorsque j’avais six ans et j’apprenais en classe de CI. J’ai été adopté par mon oncle maternel qui me traitait comme son domestique. Et comme je ne pouvais pas supporter ces choses, j’étais obligé de sortir dans la rue. Je ne veux pas regagner cette famille de peur de revivre ces mêmes actes ».

Quant au jeune Benoît âgé de sept ans, « mes parents ne s’occupent pas bien de moi. Je mangeais difficilement dans une journée. Je dormais sur une natte étalée au sol sans une moustiquaire pour me protéger contre les moustiques. Mes conditions d’études n’étaient pas réunies. On ne m’achetait parfois que deux ou trois cahiers pour toutes les matières. Je partais à pieds à l’école qui se trouve très loin de notre maison. Ce sont ces raisons qui m’ont poussé à sortir dans la rue ».

Pour le surnommé « Spinoza », âgé de quinze (15) ans, « je vois que les enfants qui habitent dans la rue vivent mieux que ceux qui se trouvent chez leurs parents. Ils sont indépendants et peuvent faire ce qu’ils veulent. Personne ne peut les déranger. C’est pourquoi j’ai choisi volontairement de sortir dans la rue à l’âge de douze (12) ans pour mieux vivre. Après mes trois années d’expériences dans cette nouvelle vie, je trouve que ma vie se dégrade de plus en plus ».

Mais ces enfants de la rue gardent toujours l’espoir de retrouver une vie meilleure si les autorités centrafricaines pensent à leur situation. « Nous sommes prêts à intégrer les centres d’orphelinat pour apprendre à devenir un citoyen digne dans l’avenir. Mais nous avons l’impression que le gouvernement ne teint pas compte de nous », ont-ils affirmé.

Le jeune Benoît a démontré que malgré qu’il ait abandonné les études depuis longtemps, il sait lire, écrire et réciter une vielle poésie qu’il a apprise en classe de CEI.

La ministre de la Promotion de la Femme, de la Famille et de la Protection des Enfants, Aline Gisèle Pana et le maire de la ville de Bangui, Emile Raymond Gros-Nakombo doivent agir vite pour sauver ces enfants mineurs en détresse. Il faut chercher à les réorienter dans les centres d’éducations qu’ils souhaitent eux-mêmes afin de bénéficier de diverses formations qui pourraient les aider dans l’avenir. Il suffit de sillonner le marché central de la ville de Bangui pour se rendre compte que plusieurs enfants mineurs ont abandonné leurs familles d’origines et se retrouvent en ce moment dans la rue en menant une vie difficile et précaire.

 Où sont passées les ONG nationales et internationales de défense des Droits de l’Enfant face à la situation des mineurs centrafricains abandonnés à leur triste sort ?

 

Bénistant MBALLA

 

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