LES EN DESSOUS DES DETONATIONS D’ARMES

Mardi 07 .Nov. 2017 : 11H39

LES EN DESSOUS DES DETONATIONS D’ARMES DANS LES 3ÈME ET 6ÈME

ARRONDISSEMENTS DE BANGUI

Dans la nuit du jeudi 02 au vendredi 03 novembre 2017, aux environs d’une heure du matin, les habitants des 3ème et 6ème arrondissements de la ville de Bangui ont été réveillés par des détonations d’armes de tout calibre et des grenades. Ces tintamarres assourdissants d’armes ont duré plus de deux heures et les habitants desdits arrondissements se sont, soient terrés dans leurs maisons soient enfuis vers d’autres arrondissements, ne sachant pas exactement ce qui se passait durant cette nuit-là.

En effet, le lendemain matin, d’après les témoignages des uns et des autres, « c’est un groupe d’individus, assimilés aux braqueurs, sur quatre (4) motos, lourdement armés qui ont tenté de braquer un commerçant qui habite le quartier Gbatouri, situé dans le 6ème arrondissement de Bangui. Malheureusement pour eux, ils se sont butés à une résistance farouche de deux militaires centrafricains, proches voisins du commerçant. Ne pouvant résister, ils ont rebroussé chemin. Peu de temps après, les fameux braqueurs sont revenus pour tenir tête aux militaires. C’est de là que les détonations d’armes ont repris de plus belle.

Surpris, nos compatriotes musulmans qui assurent la sécurité de la mosquée de Kina sont entrés dans la danse, faisant feu de tout bois. De même, au niveau du marché Kokoro, des armes ronronnaient. Ils ne savaient non plus ce qui se passait, mais seulement ils ont voulu prouver à ceux qui tiraient qu’ils sont bien là, et donc prêts à faire face à toute éventualité. A partir d’une heure à 03 heures du matin, les armes ont tonné et les présumés braqueurs ont pris leurs jambes aux cous.

Une femme, venue à une place mortuaire, ne pouvant supporter ces détonations intempestives d’armes, a décidé de rentrer chez elle auprès de ses enfants. C’est ainsi qu’elle a été abattue par les braqueurs qui l’ont confondue à ceux qui tiraient sur eux, car elle portait une tenue de sport. La balle l’a atteinte au niveau du thorax et elle est tombée morte au niveau des maisons construites aux pauvres par les prêtres de la paroisse Notre Dame de Fatima.

Durant cette nuit, beaucoup de compatriotes ont fui leurs maisons car ils pensaient que c’est une attaque menée par nos compatriotes musulmans du Km 5. Au Km 5, les gens de leur côté ont cru aussi qu’ils sont entrain d’être attaqués par leurs concitoyens chrétiens. C’était une confusion totale. Et dans la journée du vendredi 03 novembre, aux premières heures de la matinée, des jeunes se sont rendus sur les lieux des échanges de tirs et ont pu voir de leurs propres yeux du sang sur le sol, là où se trouvaient les braqueurs ».

Dans la journée du samedi 04 novembre 2017, un militaire nous a confié ceci, « un présumé braqueur est déjà arrêté. C’est lui qui donnera les noms des autres. Quoi qu’il en soit, les autres seront arrêtés. »

Est-il vrai que l’un des présumés braqueurs est arrêté ? Nous le saurons dans les jours à venir. Si tel est le cas, les habitants des 3ème et 6ème arrondissements pousseront un ouf de soulagement, si et seulement si ce réseau sera démantelé. Car depuis l’avènement des Séléka jusqu’à leur prise de pouvoir le 24 mars 2013, les populations des arrondissements cités ci-haut vivent la peur au ventre. Des braqueurs, des criminels, des malfrats de tout bord y pullulent et sèment la terreur et la désolation au sein des populations. Malgré les campagnes de sensibilisations menées dans ces arrondissements, tout ne semble pas revenir dans l’ordre. Et tout porte à croire que ces bandits de grand chemin viennent d’autres arrondissements, commettent leurs forfaits et repartent comme si de rien n’était. Ils cherchent toujours par tous les moyens à jeter de l’huile sur le feu afin d’enclencher un regain de violences entre les populations de 3ème et celles de 6ème. Dieu merci, nos compatriotes ont compris leurs manœuvres diaboliques.

Eu égard à tout ce qui se passe dans ces arrondissements, il serait judicieux pour le gouvernement de déployer une force au niveau du rond-point Catin pour prévenir toutes attaques ou braquages venant de part et d’autre, pour que ces actes ne se reproduisent plus. Car, dit-on, « gouverner, c’est prévoir ».

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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