LES DIFFICULTES RENCONTREES PAR LES JEUNES DE KAGA-BANDORO

Lundi 13.03.2017 : 11H05

LES DIFFICULTES RENCONTREES PAR LES JEUNES DE KAGA-BANDORO LORS DE LA COMPOSITION DU DOSSIER DE RECRUTEMENT DE 500 POLICIERS ET GENDARMES

 

Le gouvernement centrafricain en partenariat avec  la Minusca a lancé le concours de recrutement de cinq cents (500) policiers et gendarmes sur toute l’étendue du territoire national, depuis le 1er février 2017. La date de clôture des dossiers était prévue pour le 28 du même mois.

Selon la Minusca, douze mille huit cents (12.800) dossiers de candidature ont été enregistrés. Force est malheureusement de constater que dans certaines régions du pays, les jeunes se sont confrontés à de sérieuses difficultés lors de la composition du dossier. Tel est le cas des jeunes de la ville de Kaga-Bandoro.

Selon certains jeunes de Kaga-Bander, « nous nous sommes confrontés à de sérieuses difficultés qui nous ont empêché de déposer nos dossiers de candidature. Après les derniers événements survenus dans notre ville, l’autorité de l’Etat n’existe que de nom. Le Tribunal de Grande Instance (TGI) ne fonctionne pas comme auparavant. Ce qui a empêché les jeunes d’aller fournir le casier judiciaire et le certificat de nationalité. Qu’à cela ne tienne, la mairie ne fonctionne pas pour nous permettre de certifier les diplômes et les actes de naissances. Quelques jeunes qui ont les moyens étaient obligés de venir à Bangui et fournir leur dossier. C’est vraiment regrettable car beaucoup d’entre nous n’ont pas déposé leur dossier ».

La Minusca était témoin de la pire atrocité commise par Mahamat Alkhatim et ses éléments sur ces pauvres populations qui continuent de payer jusqu’à la date d’aujourd’hui le plus lourd tribut. Elles ont tout perdu durant le carnage. Les hommes d’Alkhatim brûlaient des personnes enfermées dans leurs maisons. Au cas où ils n’y  trouvaient personne, ils prenaient des objets de valeur et brûlaient le reste.

C’est bien normal que la population de Kaga-Bandoro, notamment la jeunesse se confronte aujourd’hui à ce genre de difficultés. Où va-t-elle fournir leur dossier du moment où l’autorité de l’Etat n’existe que de nom dans cette région du pays ? Nous avions appris qu’il y a beaucoup de faux papiers découverts dans les dossiers. N’est-ce pas là l’une des causes de l’établissement de ces faux papiers ? Il ne fait aucun doute. Même ici à Bangui, toutes les activités sont concentrées au niveau de la mairie du centre-ville. C’est de cette manière que certaines personnes impatientes, préfèrent aller chez les falsificateurs de faux documents et obtenir si vite leurs papiers. A qui finalement la faute ?

Le témoignage fait par ces jeunes de Kaga-Bandoro est accablant. Il faut donner l’opportunité à toute la jeunesse centrafricaine de travailler. Ce sont les jeunes dans l’arrière-pays qui ont beaucoup souffert durant la crise. Des jeunes ont été abattus froidement, leurs biens emportés. Tous les bâtiments de l’Etat ont été pillés, vandalisés par les groupes armés. En dehors de Bangui la capitale, l’autorité de l’Etat est inexistante sur une bonne partie du territoire. Malgré la présence de certaines autorités déconcentrées de l’Etat dans les provinces (préfets, sous-préfets, maires…), ce sont les groupes armés qui contrôlent et dirigent tout. Conséquence, la population paysanne est confrontée à de sérieuses difficultés à l’exemple d’établissement d’acte de naissance après un accouchement. Plusieurs parents des enfants en âge scolaire éprouvent le problème d’inscrire leurs enfants à l’école. De tels phénomènes ne font que croître le taux d’analphabétisme en République Centrafricaine.

 

Bénistant MBALLA

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