LES AUTEURS DE LA CRISE CENTRAFRICAINE NE FONT ...

Lundi 22.05.2017 : 10H36

LES AUTEURS DE LA CRISE CENTRAFRICAINE NE FONT QU’AGGRAVER LEUR SORT : GENOCIDE PLANIFIE ET EXECUTE A BANGASSOU, ALINDAO, BRIA. ..

Ministre justice 1

La Cour Pénale Spéciale (CPS) se met en place doucement, mais très sûrement. Deux (2) juges d’instruction internationaux, respectivement de nationalité française et burkinabé devant siéger à cette haute juridiction, ont été nommées par un décret du chef de l’Etat, il y a de cela un (01) mois. A cela s’ajoute également la nomination des juges d’instruction nationaux. Ils vont bientôt prêter serment dans les jours à venir, pour rentrer définitivement en fonction. Tout porte à croire que la confirmation de la CPS réveille les démons de l’enfer.

Le regain de violence ces derniers temps , dans certaines régions du pays, occasionnant des morts, des blessés, des dégâts matériels et des milliers de déplacés, en est une parfaite illustration. Les auteurs, coauteurs et complices des violations du droit international humanitaire, des violations des Droits de l’Homme et autres atteintes, susceptibles de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, sont désormais dans le collimateur de la justice. Ils vont bientôt affronter le droit, rien que le droit qu’ils ont foulé et continuent de fouler aux pieds. D’où des agitations çà et là pour soi-disant chercher des voies et moyens afin d’échapper à la justice. Mais les actes qu’ils ont commis et continuent de commettre ne peuvent demeurer impunis.

Est-ce à travers un bain de sang qu’on peut contraindre le peuple centrafricain et particulièrement les autorités du pays à tenir le Dialogue Politique Inclusif (DPI) ? Le génocide planifié et exécuté le samedi 13 mai 2017 à Bangassou, demeure l’œuvre des Anti-Balaka pro-Bozizé, version Nairobi. Selon les informations à notre possession, ce sont les FACA pro-Bozizé qui ont quitté les différentes régions du pays pour se regrouper dans la préfecture du Mbomou afin de mettre en exécution leur plan. D’autres éléments seraient en mouvement dans la Lobaye pour attaquer dans les jours à venir la communauté musulmane de Boda. L’objectif visé est de rendre le pays ingouvernable à travers des tueries intercommunautaires, pour soit contraindre les autorités à la démission, soit d’opter pour le dialogue afin d’amnistier leurs chefs. Et les évènements qui se déroulent en ce moment dans le pays, ne se résumeraient-ils pas par le propos de Bertin Béa, secrétaire général par intérim du parti KNK de l’ex-président François Bozizé au cours du 3ème Congrès ordinaire du Parti Africain pour la Transformation Radicale et l’Intégration des Etats (PATRIE), dont il a affirmé haut et fort, « on a vu la position du président Deby dans Jeune Afrique dernièrement. Ce qui est comme un conseil. A la question du journaliste François Soudan de savoir quel conseil le président Deby avait à donner à son frère Touadéra, le président Deby a dit ceci : « Il faut aider le président Touadéra qui a été bien élu, à organiser un vaste forum avec la participation des ex-présidents Bozizé et Djotodia, les ex-Séléka et Anti-Balaka. Sinon, on n’y arrivera pas. J’ai bien peur que ce qui peut s’apparenter à un conseil, devient comme une injonction. Il y a aussi des témoins dans cette salle. On a déporté des conseillers de Bangui à Ndjamena, pour démettre un chef d’Etat et son gouvernement. C’est vrai, on ne peut pas continuer à nous infantiliser. Mais j’ai bien peur que cela n’arrive peut-être bientôt... ».

C’est peut-être exactement de cette manière que le KNK de François Bozizé a manipulé les jeunes d’entrer en rébellion contre le régime de Michel Djotodia le 05 décembre 2013, date du début des tueries intercommunautaires, plongeant progressivement tout le pays dans les carnages, les massacres, les pillages, les incendies, et que savons-nous encore. Le degré des atrocités a atteint son paroxysme, obligeant ainsi les chefs d’Etat de la CEEAC à contraindre Michel Djotodia à la démission, le 10 janvier 2014, à Ndjamena au Tchad. Mais ce que Bertin Béa ignore, c’est que Michel Djotodia n’était pas élu démocratiquement par le peuple centrafricain. En plus, le régime de la Séléka était issu d’une rébellion. Et si les Centrafricains n’ouvrent pas les yeux pour analyser à fond ce qui se passe actuellement dans le pays, les « nairobistes » et leurs alliés sur place ici à Bangui risquent de replonger la RCA dans le bain de sang.

L’ex n° 2 de la coalition Séléka, Nourredine Adam à travers son mouvement FPRC, chercherait à mettre en exécution leur plan B, celui de la partition du pays. Pour y arriver, il faut trouver un prétexte et donc Ali Daras. Au cas où la coalition dirigée par Nourredine Adam, arriverait à conquérir toutes les régions du Centre et Sud-est, est-ce qu’elle pourrait réellement renoncer aux violences et faire la paix ? D’ailleurs, dans les régions sous contrôle du FPRC, où il n’y a plus les éléments de l’UPC de Daras, est-ce qu’il y a la paix ? Le MPC, faisant partie de la coalition est toujours omniprésent sur les scènes des tueries et d’incendies. Certains éléments du MPC, associés à ceux du mouvement R-J, sont encore actifs dans la région de l’Ouham-Péndé. Y a-t-il des éléments de l’UPC dans cette localité ? A vrai dire, les centrafricains ne sont pas encore mûrs pour prendre leur destin en main. Nourredine Adam et Ali Daras sont tous des mercenaires étrangers. Pour rétablir une paix durable, ce sont les deux (02) qui doivent partir. Il faut voir le danger qui nous guette et non le régime en place. Ni Bozizé, ni Djotodia, encore moins Bertin Béa n’ont aucune baguette magique pour bouter ces deux mercenaires hors du territoire national.

Ce n’est pas en un (01) an qu’on peut tout faire. Le pays est entrain de se relever doucement mais sûrement. La question de la paix est l’affaire de tout le monde. Force est malheureusement de constater que ce sont les Centrafricains eux-mêmes qui attisent la flamme de la violence dans le pays. Mais une chose est certaine, que ceux-là qui agissent dans l’ombre, comprennent qu’un de ces quatre petits matins, toutes les vérités seront révélées au grand jour. Et le peuple centrafricain va connaître ses véritables ennemis. Car, « il n’y a plus de secret dans ce monde », dit-on. Nous demandons aux naïrobistes et leurs alliés de se tenir tranquilles pour aborder la CPS dans des circonstances atténuantes et non aggravantes comme ils sont entrain de faire. « Un homme averti en vaut mille ».

Bénistant MBALLA

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