LE RELEVEMENT ECONOMIQUE DE LA RCA :...

Mardi 07.02.2017 : 09H48

LE RELEVEMENT ECONOMIQUE DE LA RCA : LA BALLE EST DANS LE CAMP DE TOUADERA

 

 

Tous les partenaires tant nationaux qu’internationaux de la Centrafrique sont sensibles aux plaintes du peuple centrafricain. Ils n’hésitent pas à intervenir matériellement comme financièrement. Mais si l’équipage du régime en place peut se retenir une seconde, le temps de chercher à savoir comment faire pour rendre ces matériels productifs ou ces sommes d’argent productives, ces assistances (matérielles et financières) auraient permis à la RCA de se mettre debout le plus tôt possible à chaque fois qu’elle tombe et peut poursuivre sa course.

Force est malheureusement de constater que ça n’a pas été souvent le cas. Bien au contraire, c’est souvent le moment propice des hommes politiques de se servir chacun à sa guise, profitant de l’inattention du peuple sur la gestion de la chose publique, préoccupé plus à la question de la sécurité dans les milieux sociaux. C’est ainsi que ces dons d’outils de travail (ordinateur, imprimante, photocopieuse, moyens roulant) ont souvent fait l’objet de détournement par ceux-là même à qui sont destinés ces biens de service : la plaque administrative enlevée, remplacée par la plaque particulière et du coup le véhicule de service devient un véhicule personnel. Il en est de même pour les aides financières qui une fois l’argent décaissé, le projet pour lequel l’argent a fait l’objet, est révisé en vue de dégager une « plus value » qui va directement dans la poche de la plus haute autorité de l’instance. Nombreux projets initiés dans ce pays de « Boganda » ne satisfont jamais l’entendement des bénéficiaires pour une question de qualité du service rendu. Souvent, c’est le maître d’œuvre qui est critiqué ou intrigué à tort, alors que le malfaiteur est entrain de passer des moments de délassement sur face book dans son bureau climatisé.

Le maître d’oeuvre a fait ce qu’il pouvait faire avec le peu qu’il a reçu, contrairement au montant que son devis estimatif a prévu, obligé de « faire avec, pourvu que... ». Les exemples sont nombreux : GER dans les travaux de bitumage de l’avenue CEMAC, ONM dans les travaux de bitumage de l’avenue des martyrs.

Alors pour tourner définitivement la page avec cette mauvaise foi dans l’exercice d’une fonction que l’on confie à quelqu’un à qui l’on a confiance, disons à bas le remord, à bas la familiarité. Ainsi donc, toutes les petites erreurs du passé commises dans la foulée, dans l’état d’émotion provoqué par un succès inattendu, inespéré, doivent obligatoirement être corrigées. Des personnalités nommées à des postes de responsabilités supérieures de l’Etat qui n’ont pas été sacrée détenteur du bâton magique politique, des personnalités dont leur nom n’a pu être gravé dans l’esprit du peuple centrafricain par rapport au sacrifice qu’elles ont consenti pour la RCA et dont il ne sera pas inutile de citer nommément quelques unes ici telle que Jean Bedel Bokassa, Grélombé, Jean Barkès Ngombékété, Mazangué.

Ces « vauriens » qui n’ont aucune initiative, aucun mérite et qui n’ont pas honte d’accepter les postes de responsabilités supérieures de l’Etat sont à remercier avant qu’il ne soit tard, conformément à la philosophie de « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut », principe que tous les Centrafricains souhaitent que ça soit désormais adopté. Nous insistons sur la notion de temps à consacrer à cette opération.

Si les élus du peuple ont accepté la loi de parité entre les hommes et les femmes, alors pourquoi ne pas faire du principe de « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut » une loi de même nature ?

Il faut qu’un service spécial soit mis en place ayant pour mission de revoir le dossier de chaque fonctionnaire de l’Etat pour s’assurer si la formation suivie est compatible au poste qu’il occupe. Le cas contraire, entreprendre un reversement à son poste de prédilection. Inutile de donner des illustrations à ce niveau du fait que les cas importent peu. Le régime défunt a une grande part de responsabilité dans ce désordre professionnel.

Les élus du peuple doivent prendre au sérieux l’aspect que nous sommes entrain de critiquer. C’est vrai que la charité bien ordonnée commence par soi-même et que ce sera bien sûr nos honorables qui seront les premiers à payer le sacrifice de ladite loi. Nous sommes sans ignorer que nombreux élus du peuple n’ont pas un niveau d’instruction poussé, nombreux n’ont même pas le brevet des lycée et collège, dans un tel cas, quel rôle ceux-ci peuvent jouer à l’assemblée nationale du moment où toutes les lois sont rédigées en français ? Comment pourront-ils initier des projets au profit de la population de leur zone de juridiction respective en guise de reconnaissance ? Initier ces projets consiste à philosopher, les monter en français et au cas  où le projet « prend feu », échanger avec les bailleurs de fonds ou les donateurs en français ?

Il faut que la RCA arrive également à ce niveau où pour candidater au poste de député, le candidat doit être titulaire d’un brevet des lycées et collèges.

Dans les pays des autres, il existe au niveau de la primature, un service spécialisé qui est uniquement chargé d’enregistrer tous les nationaux qui rentrent au pays après avoir terminé leurs études. L’enregistrement est fait selon le diplôme obtenu et selon la formation subie. Cette initiative permet de savoir quels sont les locaux qui ont tel diplôme dans telle spécialité, combien ne sont pas encore intégrés ou occupés.

Lorsqu’il n’existe pas de poste pour le diplôme obtenu, l’Etat le crée. L’unique gestionnaire foncier urbain (DEA en gestion foncière urbaine) est rentré au pays depuis l’année 2010, jusqu’à ce jour, il erre au quartier. N’est-ce pas celui là qui devrait occuper le poste de ministre chargé de la gestion foncière ? N’est-ce pas là une négligence de ce cerveau de la part des dirigeants politiques centrafricains ? N’est-ce pas à un aménagiste urbain que devrait revenir le poste de président de la délégation spéciale de la ville de Bangui ? A un docteur vétérinaire le poste de ministre de l’élevage ? A un médecin le poste de ministre de la santé ? Cessons avec ce comportement de haine et de jalousie à l’égard des hommes qu’il faut pour le développement de ce pays. La RCA ne pourra jamais se développer si nous ne mettons pas de point sur la troisième voyelle de l’alphabet français pour qu’elle se lise « i ». En Centrafrique, c’est plutôt « u » qui porte les points « ü » et devient du coup vide de sens.

Que l’Etat se ressaisisse, change de vision, de la politique dans ce pays afin d’imprimer le changement qu’il espère apporter, pointer à l’horizon pour qu’il en fasse du choux bombé au profit de tous les Centrafricains pendant son second mandat et avoir la chance de rester aussi plus longtemps au pouvoir car ce que les Centrafricains attendent des hommes politiques dans ce pays, c’est un chef d’Etat qui aime son pays, qui aime son peuple sans esprit de discrimination. La familiarité tue. L’histoire de la politique en Centrafrique est édifiante.

 Frumence KAKPEKALA

 

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