LE DDRR ET LA REHABILITATION DES FACA SONT ...

Mardi 21.03.2017 : 12H09

LE DDRR ET LA REHABILITATION DES FACA SONT EN BONNE VOIE :

IL FAUT MAINTENANT ASSOUPLIR L’EMBARGO

 

Les autorités centrafricaines se battent du jour en jour pour sortir définitivement le pays du gouffre. La voie du dialogue a été choisie comme moyen pacifique de la résolution de cette crise qui a ravagé tout le pays. Dès sa prise de fonction, le chef de l’Etat a rencontré les leaders des groupes armés au Palais de la Renaissance. L’objectif visé est de s’entendre sur la mise en application de l’ensemble du programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR).

Dix (10) groupes armés au départ ont décidé d’intégrer sans condition les vastes chantiers du pré-DDRR. Quatre (04) groupes jouaient aux récalcitrants et prenaient les populations civiles dans l’arrière-pays en otage. Il s’agissait notamment du FPRC, MPC, UPC et des Anti-Balaka de Mokom. Après l’adhésion de l’UPC au DDRR, c’est aujourd’hui le tour du FPRC et des Anti-Balaka de Mokom. Nourredine vient d’envoyer ses deux(02) représentants au Comité Consultatif et de Suivi. Et selon certaines informations qui nous sont parvenues, Mokom a accepté aussi d’intégrer le programme. Mais il n’a pas encore envoyé ses représentants au Comité Consultatif et de Suivi. Les quatorze (14) groupes armés identifiés ont presque tous adhéré le DDRR. Cela témoigne que le dialogue prôné par les nouvelles autorités centrafricaines a porté et continue de porter du fruit.

Le DDRR est le passage obligé pour tous les groupes armés. C’est la condition sine qua non pour le rétablissement de la sécurité et de la paix dans le pays. Aller auprès d’un rebelle pour le convaincre à déposer son arme n’est pas chose aisée. Les autorités du pays ont risqué aussi leur vie quand ils ont effectué des descentes sur le terrain auprès des groupes armés. Et ces derniers ont finalement compris que la paix n’a pas de prix. Le FPRC et les Anti-Balaka de Mokom viennent de faire un pas en acceptant d’intégrer le DDRR. Nous attendons désormais de voir la concrétisation de leurs engagements.

Contrairement à ce que nous avions vécu dans le passé, les chantiers du DDRR d’aujourd’hui se déroulent dans la transparence. Tous les groupes armés qui se sont déjà adhérés au programme ont leurs représentants dans les différents comités de suivis mis en place. En outre, le gouvernement et la Communauté internationale suivent de près l’exécution des travaux. Autant dire qu’aucun groupe armé n’est mis à l’ écart dans l’exécution de l’ensemble du programme. Selon les responsables de la Minusca, « le DDRR ne signifie pas arme contre argent, mais plutôt arme contre travail ». C’est l’opportunité offerte aux ex-combattants de réintégrer une vie normale et d’oublier définitivement les armes. Avec une superficie de 623.000 km², chacun peut faire ce qu’il veut pour apporter sa part de contribution au développement du pays. L’agriculture, la chasse, la pêche, l’élevage, le petit commerce, la maçonnerie, la menuiserie… sont autant d’activités pour aider la jeunesse centrafricaine et surtout les ex-combattants et les jeunes désœuvrés à sortir du chômage. Bambari, Bria, Bakala, Ndassima, Ippy, Mbrés, Kaga-Bandoro, Bouca, Batangafo, Bocaranga, Koui pour ne citer que ces zones encore sous tension des groupes armés, les travaux du pré-DDRR s’avancent lentement, mais sûrement.

Il en est de même de la restructuration de l’armée nationale par la mission européenne (EUTM). Le gouvernement ne cesse de plaider auprès de la Communauté internationale pour la levée totale de l’embargo sur les armes et le redéploiement de toutes les forces de défense et de sécurité intérieures. Aujourd'hui, les choses sérieuses se précisent quant à la réhabilitation des Forces Armées Centrafricaines (FACA). Cela n’est un secret pour personne. Tout le monde sait au moins qu’un premier bataillon des FACA a été déjà reformé par l’EUTM. Leur opérationnalisation est prévue dans les jours à venir. « Petit à petit, l’oiseau fait son nid », dit-on. Nous savons que la réhabilitation de toute l’armée nationale va prendre beaucoup de temps. Mais celles qui sont déjà reformées peuvent valablement œuvrer auprès des forces internationales, c'est-à-dire des Casques Bleus de la Minusca pour rétablir la sécurité dans le pays. D’où l’obligation pour le Conseil de Sécurité de l’ONU d’assouplir sa décision concernant l’embargo sur les armes à destination de la RCA.

Le souhait actuel de tous les Centrafricains est la levée de l’embargo et le redéploiement des Forces Armées Centrafricaines. Le DDRR et la restructuration des FACA sont aujourd’hui sur la bonne voie. Il faut également penser à la levée partielle ou totale de l’embargo pour changer les donnes. Dans quel pays au monde les autorités démocratiquement élues ne disposent-elles pas de leur moyen de souveraineté et particulièrement son armée nationale ? C’est avant tout notre pays. Il n’y a que nos forces qui puissent connaître les réalités de leur pays et défendre la population. Certes, les forces internationales ont beaucoup fait pour nous ramener la paix. Mais c’est notre armée que nous continuons de réclamer. Le Conseil de Sécurité des Nations-Unies doit au moins se soucier de la souffrance des populations civiles qui continuent d’errer dans la brousse et sur les sites de fortunes à la recherche d’un abri sûr pour échapper aux exactions des groupes armés et certains bandits de grand chemin.

 

Bénistant MBALLA

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