LE CONSEIL MONDIAL DE LA JEUNESSE EST-IL INCONNU EN RCA ?

Mardi 22.08.2017 : 08H27

LE CONSEIL MONDIAL DE LA JEUNESSE EST-IL INCONNU EN RCA ?

Le Conseil Mondial de la Jeunesse (CMJ) coiffe toutes les organisations de la jeunesse dans le monde, en particulier les Conseils Nationaux de la Jeunesse (CNJ). Cette institution forme, conseille et donne des orientations aux jeunes, afin qu’ils se prennent en charge, deviennent des entrepreneurs, des opérateurs économiques, des agents de développement au service de leurs pays. La RCA dispose d’un Conseil National de la Jeunesse (CNJ) qui n’est malheureusement que l’ombre de lui-même. En dehors du gouvernement, il y a des partenaires tout indiqués qui aident les jeunes à trouver un repère, à donner un sens à leur existence, à changer de mentalité, de comportements et de manière de faire.

Les Centrafricains et singulièrement la jeunesse, doivent mettre la main à la pâte pour leur développement. Le gouvernement n’est pas allé à Bruxelles pour faire du tourisme. C’est pour arracher des financements au profit du développement de la RCA. Tout développement commence par les hommes, pour les hommes et au finish, les hommes. Après plus de 30 ans de souffrance, de chômage, de misère, de pauvreté, faut-il demeurer toujours passif, indifférent à son propre destin ? Quelle est la véritable mission du CNJ centrafricain ? N’est-ce pas pour être le leadership afin de canaliser l’énergie débordante de la jeunesse ? La jeunesse avoisine les 70 % de la population centrafricaine. Il revient au CNJ de provoquer le déclic afin que cette énergie négative au service de la destruction et du mal devienne une force positive de transformation de l’économie nationale.

Le Haut Commissariat Chargé de la Jeunesse Pionnière Nationale (JPN) fait un travail formidable et de manière multidisciplinaire. La JPN aurait dû être un partenaire privilégié et opérationnel du CNJ. La JPN est nantie d’expertises dans plusieurs domaines pouvant servir d’exemple grandeur nature pour inciter la jeunesse à sortir de la paresse. Avec femme et plusieurs enfants, bon nombre de jeunes sont sous la tutelle de leurs parents. L’ignorance est pire que la mort. Il faut quelque part un borgne qui puisse conduire les aveugles. Si le CNJ est aussi aveugle, c’est le comble du désarroi. La jeunesse ne sera jamais le fer de lance de l’économie nationale. Faute de connaissance, la jeunesse centrafricaine moisit dans l’oisiveté, le chômage, développant des réflexes hyper négatifs, compromettant son propre avenir et son devenir.

Le monde entier vient s’enrichir en RCA : diamant, or. Mais le Centrafricain est le plus pauvre de la planète. Et pourtant, il dort sur le diamant et l’or. Le paradoxe est ahurissant. Des sociétés comme BADICA, dans le diamant depuis la nuit des temps, n’ont aucune réalisation, même sociale dans le pays qui a fait de ses propriétaires des multi milliardaires. N’est-ce pas une ingratitude inqualifiable vis-à-vis des préfectures où elle draine les diamants ? Une école, un hôpital de référence, une adduction d’eau, un lycée, une Université. C’est une semence pour la prospérité de génération en génération. L’unique Université de Bangui a formé combien de cadres ? Les privés ne peuvent-ils pas témoigner la moindre reconnaissance dans le poulailler aux œufs d’or et de diamant ? Ne fut-ce que des ambulances destinées aux zones minières. Nos sportifs manquent de sponsors locaux pour les soutenir.

Aujourd’hui, la RCA est entrée par la grande porte dans l’univers des pays dits démocratiques. La crise larvée fait obstruction à l’instauration d’un climat des affaires incitatif et attractif. C’est une question de temps. La RCA traverse une crise de croissance. Tous les pays du monde sont passés par là. La crise n’est pas encore à son terme, mais cela n’empêche pas les initiatives. Des garages, des menuiseries, le commerce, s’installent, parce que, après la pluie vient le beau temps. Il y a de l’espoir, des opportunités en RCA, un pays encore vierge, un vrai Jardin d’Eden luxuriant. Marché central, marché du Km5, et les autres marchés à Bangui, les marchandises ne font guère défaut. Certains jeunes centrafricains installés sur les marchés sont en passe de devenir des hommes d’affaire, franchissant un certain seuil de leur capital. Il y a juste un déficit criant de leadership éclairé pour entraîner la masse populaire et surtout la jeunesse vers des horizons en rose.

 

Julien BELA

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