LANCEMENT DE LA CAMPAGNE DE BRASSAGE DES ...

09 Novembre 2017 : 10H09

NGAKOBO (OUAKA) : LANCEMENT DE LA CAMPAGNE DE BRASSAGE DES CANNES POUR LA PRODUCTION INDUSTRIELLE DU SUCRE PAR LE DG, STEPHANE JAFFRET

Une machine robot qui ramasse les cannes et les met dans le broyeur de l usineL’usine de sucre de Ngakobo marche plein gaz depuis ce mardi 07 novembre 2017. C’est la campagne de production du sucre lancée par le Directeur Général, Stéphane Jaffret et le Directeur Général Adjoint, Akem, de Sucaf Centrafrique. « C’est une usine en pleine modernisation et innovation », a affirmé le Directeur technique. Le sucre est produit en poudre à Ngakobo par sac de 50 Kg, 25 kg et 1 Kg, donc à la portée de toutes les bourses. Les Centrafricains n’appréhendent pas à sa juste valeur, la place et l’importance de cette cité agro-industrielle, tant sur le plan économique que social. Avant d’entrer dans la quintessence et au cœur de la production du sucre, nous allons brosser le tableau sécuritaire du site de Ngakobo.Sucaf centrafrique

Après plusieurs séances de travail avec le Directeur du Site, puis les cadres et enfin le personnel, le directeur Général et son adjoint ont reçu le commandant du contingent de la Minusca, le lieutenant commandant le détachement de la gendarmerie, pour faire le point du climat sécuritaire. A Ngakobo, il y a les Anti-Balaka vivant sur le site des déplacés, lequel se situe dans les environs, sinon, fait corps avec le camp du contingent de la Minusca. Les Séléka sont sur la voie qui mène à Bangui, proche de la Station de pompage d’eau qui alimente l’usine et sert aussi à la consommation du personnel et de tous qui y vivent. Les musulmans et les non musulmans sont ensemble. C’est une zone de prédilection d’élevage. Il y a des moutons, des bœufs, des ânes, des poulets et autre volaille. Entre le site des déplacés où vivent les Anti-Balaka et le camp des agents de maîtrise, les ouvriers où se blottissent les Séléka, un vaste champ de cannes à sucre les sépare. Selon les ouvriers, ce champ de cannes à sucre a été incendié par les Séléka plus de sept fois. Pour eux, les Anti-Balaka se cachent dans ce champ pour les attaquer. Pour voir plus loin leurs ennemis, ils ont incendié le champ qui s’étend à perte de vue. Les Séléka ne mesurent pas ce que cela représente comme perte pour la Sucaf Centrafrique. Le même champ sera labouré et replanté autant de fois.

A la date du 07 novembre 2017 où l’envoyé spécial de Centrafric Matin a foulé le sol de Ngakobo, la cohésion est de retour. Musulmans et non musulmans vivent en parfaite harmonie. Selon le Comforce de la Minusca à Ngakobo, les patrouilles sont régulières et intenses. Les Anti-Balaka, d’après lui, auraient demandé leur désarmement. Il a saisi Bambari et la procédure est en cours. Les Séléka quant à eux, posent problème, parce qu’ils occupent le poste de la gendarmerie et certains locaux des travailleurs à Ngakobo. Monsieur Stéphane Jaffret, directeur général de Sucaf, a suggéré à la Minusca de mener des négociations en toute douceur avec les Séléka, afin qu’ils libèrent le poste de commandement de la gendarmerie et les locaux des ouvriers qu’ils occupent. Le plus important, ce sont les taxes prélevées sur les véhicules Sucaf : « Ils doivent arrêter de prendre de l’argent sur les véhicules Sucaf qui arrivent de Bangui en passant par Bambari. Un programme d’escorte des véhicules de Sucaf sera établi en commun accord entre la Minusca et la Sucaf ». Le DG a insisté et martelé qu’il n’y ait pas de tracasseries aux transporteurs qui desservent Ngakobo. Les transporteurs risquent de fuir et  se sera un coup dur pour la société. Pour le lieutenant, commandant la gendarmerie, « il y a la paix. Nous organisons des matchs de cohésion sociale. Les déplacés peuvent maintenant regagner leurs domiciles. Nous sommes là pour assurer la sécurité de tout le monde ». Un véhicule en phase de réparation par la Sucaf  et sera affecté à la gendarmerie pour des patrouilles conjointes (Minusca-gendarmerie). Le site des déplacés est un gros village, dont la population, hommes, femmes et enfants, peut être estimée à environ 1.200 personnes. Les cases de fortune sont toutes en feuilles de rôniers, servant de mur et de cloisonnement des chambres. Cette séance de travail a bouclé la boucle.

Il faut reconnaître que Sucaf a investi dans tous les domaines, pour rendre la vie attrayante. L’usine et les plantations réunies, font les trois quarts de la ville de Bangui. Ngakobo est électrifiée depuis l’usine, les bureaux administratifs, les villas des cadres, le camp des agents de maîtrise, les ouvriers et tous ceux qui y vivent. Il y a une station de pompage d’eau qui alimente l’usine et tous les ménages.  Il y a aussi une école primaire et un collège. Nous avons vu un dispensaire où se tenait une campagne de vaccination contre la Polio. Tout le monde vient se soigner dans ce dispensaire. L’extension du réseau électrique se poursuit, car elle a été freinée par la spirale de la violence en son temps. L’unique opérateur de téléphonie mobile à Ngakobo est Orange-Centrafrique. Le Comforce de la Minusca n’a pas manqué de déplorer le manque de connexion internet sur le site. Ils sont coupés du reste du monde notamment de leur pays et de leurs familles. Le DG de Sucaf a pris bonne note et a promis plaider auprès d’Orange-Centrafrique, pour  le rétablissement rapide de la connexion internet via Orange.

Pour le directeur du site, l’usine emploie trois cents (300) personnes, réparties en trois (3) catégories : les permanents, les journaliers et les saisonniers. Nous sommes en période de production du sucre. Donc, dans les champs pour couper les cannes, il y a sept cents (700) personnes. Nous avons vu les tas sur plusieurs rangées de canne à sucre dans l’enceinte de l’usine. Les cannes à sucre ont commencé à être broyées et brassées sous nos yeux. Nous avons suivi tout le circuit jusqu’à la mise en sac et au stockage des sacs de sucre dans le grand entrepôt de l’usine. Ensuite, ce sera le transport vers Bangui, à la direction générale de Sucaf Centrafrique, où une partie est vendue en poudre et à des grossistes, une autre partie sera transformée en sucre en carreau dans des paquets d’un kilogramme. Ngakobo est une véritable citadelle économique de la plus haute importance. Les autorités centrafricaines doivent veiller sur ce complexe sucrier centrafricain. Il faut visiter le site pour s’en convaincre, car il y a des engins lourds pour l’entretien des routes, de l’aérodrome et des pistes.

L’école primaire connaît un déficit d’enseignants qualifiés, alors que les bâtiments sont neufs. Elle est dotée d’un terrain de football et de tous les sports. Certains cadres et agents de maîtrise viennent combler le vide comme enseignants. Il en est de même du collège. Toutes les églises et une mosquée abritent la vie confessionnelle à Ngakobo. Le social fait partie intégrante de la stratégie de Sucaf. Personne sur le site n’est abandonné à lui-même, à son triste sort. Anti-Balaka et Séléka doivent déposer les armes et travailler, mettre leurs énergies au service du développement de ce complexe sucrier, la perle économique de la RCA.

Les cannes à sucre brutes sont envoyées dans un bassin de lavage, avant d’entamer le cycle de transformation. Le jus tiré, les déchets sont évacués. De cuve à cuve, le jus de canne subit des purifications. La dernière étape est un grand volume de sirop de sucre. Le sirop passe dans une grosse cuve de séchage pour obtenir le sucre en poudre. De gros entonnoirs permettent de mettre le sucre en poudre dans des sacs, tout cela à la machine. Il y a des sacs de 50 Kg, 25 Kg, de 5 Kg et 1 Kg, qui sont mis sur le marché à travers le magasin Sucaf de vente en gros. Une autre quantité permet de transformer le sucre en poudre, en carreaux, dans un paquet de 1 Kg et mis ou rangés dans de gros cartons de plusieurs paquets et envoyés au magasin de stockage pour la vente en gros. Seuls les commerçants grossistes achètent directement au magasin de stockage à Bangui, tant en poudre qu’en carreaux. Ngakobo a bien sucré la vie à Centrafric Matin ce mardi 07 novembre 2017, de 09 heures à 13 heures, heures de Ngakobo. Malgré les groupes armés, la vie est belle. Bon vent à Sucaf-Centrafrique.

Les autorités du pays doivent accorder une attention particulière à Sucaf-Centrafrique pour le travail monumental abattu à Ngakobo. Les autres entreprises agro-industrielles doivent s’inspirer de la stratégie de Sucaf. Pour de petits problèmes de justice, on met la vie d’une unité industrielle de cette importance en danger, sans en mesurer les conséquences tant économiques que sociales. C’est un patrimoine centrafricain. Pour ce faire, évitons d’en faire un éléphant blanc. C’est le seul secteur dans lequel la RCA donne des résultats, produit et vend, paie les impôts et taxes, embauche.

Sucaf-Centrafric a survécu, tant à Bangui qu’à Ngakobo, aux aléas de la crise militaro-politique. Elle mérite d’être soutenue et encouragée. Les investisseurs doivent s’inspirer de Sucaf, rescapée de l’endurance car la RCA regorge des potentialités énormes et la crise est désormais derrière nous.

Julien BELA

Envoyé spécial de Centrafric Matin à Ngakobo

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