LA RENTREE SCOLAIRE = HARCELEMENT SEXUEL DES FILLES, ACHAT...

Vendredi 14 Octobre 2016 : 0859

LA RENTREE SCOLAIRE = HARCELEMENT SEXUEL DES FILLES, ACHAT DES NOTES

 Lycee de miqkineLes enseignants centrafricains prennent-ils conscience de leurs actes ? Respectent-ils l’éthique et la déontologie de leur profession ? Autant d’interrogations qui dépassent l’entendement humain. Mais une chose est sûre, nous osons croire que les enseignants de Centrafrique voguent au gré du vent. Ils ne savent quoi faire.

Et pourtant, si nos mémoires sont bonnes, un enseignant ou une enseignante est de surcroît le père ou la mère de l’élève qu’il ou qu’elle enseigne. Mais de nos jours, cette conception a fondu comme du beurre au soleil. La fille qui va à l’école primaire, au lycée, est considérée par son éducateur comme sa femme ou sa copine. Débutée dans les années 90 après deux (2) années blanches en RCA, cette situation a pris de l’ampleur aujourd’hui. Et elle est inquiétante, pour la simple raison que les filles ne se donnent plus à leurs études. Même les rares filles qui détestent cette pratique et essaient de faire des efforts, sont vues de mauvais œil par les enseignants. Leurs devoirs ou compositions sont sévèrement corrigés par ces derniers. Par contre, celles qui se laissent faire ou qui tombent dans l’harcèlement sexuel pratiqué par ces enseignants qui n’ont ni âme, ni conscience, obtiennent de bonnes notes alors qu’au pied du mur, elles ne valent absolument rien. Même en classe de 3ème où elles préparent le Brevet des Collèges (BC), elles n’arrivent pas à faire une phrase correcte en français. L’article « le » est mis à la place de « la ».

Notre curiosité nous a amené dans un lycée de la place, mais le constat était amer. Qu’est-ce que ces jeunes filles ont-elles fait pour être en classe de 3ème ? La réponse n’a pas tardé à venir. Un garçon courageux nous a lâché ceci, « la plupart de ces filles que vous voyez là, sont les copines des enseignants, à cause d’harcèlement sexuel que ces derniers pratiquent ». Est-il possible que ces éducateurs agissent ainsi ? Ils l’ont fait et les résultats sont ce que nous vivons au quotidien. Le niveau des élèves et étudiants ne cesse de décroître.

Un autre phénomène qui gangrène le système éducatif centrafricain est l’achat des notes. Cette fois-ci, ce sont les garçons qui y sont très impliqués. Voyant qu’ils n’étudient pas leurs leçons, les enseignants profitent de cette situation qui leur est offerte pour vendre les notes à ces derniers. Et les conséquences se répercutent aussi sur eux. Tout comme les filles, les garçons n’ont aussi rien dans la tête. Après la délibération du baccalauréat de 2015, à les entendre s’exprimer en français sur les ondes de la Radio Ndéké-Luka, nous avons failli vomir. Les mêmes carences se développent aussi chez les garçons.

Vraiment, le système éducatif centrafricain est tombé plus bas que terre. Cette situation doit interpeller la conscience de tout un chacun de nous, surtout les enseignants. Car si un éducateur fait bien son travail, cela doit se sentir au niveau des élèves. Mais si les élèves s’expriment très mal en français, nous pouvons affirmer qu’ils reflètent leurs enseignants. Pour ce faire, les enseignants doivent abandonner l’harcèlement sexuel des jeunes filles à l’école pour leurs permettre de s’épanouir, de faire leurs propres efforts afin d’admettre en classe supérieure. L’achat des notes doit aussi disparaître sous toutes ses formes.

Enseignants de Centrafrique, pour cette nouvelle année académique 2016-2017, les établissements scolaires ne doivent pas être considérés comme un fonds de commerce ou un lieu où se pratique la sexualité. Les enfants qui sont envoyés à l’école par leurs parents, viennent étudier et non être harcelés, rackettés ou pour acheter des notes. Cette exhortation qui s’apparente à une mise en garde, doit être comprise par tous les enseignants. Ceux qui se lanceront dans ces pratiques honteuses seront traduits devant la justice et punis conformément à la Loi centrafricaine. La rupture de vieilles pratiques, prônée par le président de la République, professeur Faustin-Archange Touadéra concerne aussi bien les enseignants que les autres fonctionnaires centrafricains. A bon entendeur, salut !

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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Date de dernière mise à jour : Ven 14 oct 2016

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