LA RCA EST-ELLE UNE JUNGLE OU UN ETAT...

Mardi 01.08.2017 : 09H55

LA RCA EST-ELLE UNE JUNGLE OU UN ETAT DE DROIT ?

Djoto touad bozLe général François Bozizé-Yangouvonda avait été chassé du pouvoir par l’ex-coalition Séléka de Michel Djotodia le 24 mars 2013. Toutes les institutions de la République avaient été dissoutes.

Djotodia, après avoir dirigé le pays pendant dix (10) mois, fut contraint à la démission par les chefs d’Etat de la CEEAC le 10 janvier 2014 à Ndjamena, au Tchad. Arriva ensuite la présidente de transition Catherine Samba-Panza. Cette dame a organisé les élections présidentielles et législatives couplées de 2015-2016. A l’issue du scrutin présidentiel, Faustin-Archange Touadéra a été élu président de la République, parmi les trente (30) présidentiables. Il a été investi dans sa fonction le 30 mars 2016.

Après le retour à l’ordre constitutionnel, les Centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest attendaient de pieds fermes le retour de la paix et de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. Car, la Communauté internationale leur a dit que ce sont les « élections de dernière chance ».

Force est malheureusement de constater que les jours passent et se ressemblent. Le slogan, « Elections de dernière chance », a fondu comme du beurre au soleil ou s’est volatilisé dans la nature comme une traînée de poudre. Tout porte à croire que la RCA et son peuple sont abandonnés à leur triste sort ou dans la gueule des loups, des lions, bref des animaux sauvages qui les dévorent à longueur de journée. Et les Centrafricains s’interrogent en ces termes, « la RCA est-elle une jungle ou un Etat de droit » ? Difficile de faire une distinction.

Certes, la RCA est un Etat de droit car toutes les institutions de la République sont déjà en place. Nous citons entre autres, l’Exécutif, le Législatif, le pouvoir  Judiciaire et d’autres instances républicaines. Toutes ces institutions d’un Etat de droit fonctionnent normalement aujourd’hui. Curieusement, ce sont les assoiffés de pouvoir, les hors-la-loi, les sous-marins torpilleurs qui veulent basculer le pays de feu Barthelemy Boganda dans la jungle. Ils soutiennent par tous les voies et moyens les groupes armés pour que le pays se transforme en une jungle où la loi du plus fort prime.

Chaque seconde, minute, heure, jour qui passe, on ne fait que parler des rebellions, des coups d’Etat. Des individus malintentionnés se permettent le luxe de plonger encore le pays dans un chaos indescriptible. Les souffrances des Centrafricains ne les émeuvent nullement. Ils ne regardent que vers leurs intérêts partisans, égoïstes au détriment de l’intérêt général. Ceux qui font des pieds et des mains pour faire avancer le pays, le sortir du fond de gouffre, sont considérés comme des ennemis de la République et doivent systématiquement être balayés, tués, massacrés, alors qu’ils travaillent pour le bonheur du peuple. Que cherchent-ils et que veulent-ils ? Maintenir le peuple centrafricain dans la misère ordurière, la pauvreté absolue, c’est ce qu’ils veulent et cherchent. Les Centrafricains ne peuvent vaquer à leurs occupations et circuler librement sur leur territoire national. Ils ne peuvent fermer les yeux la nuit.

A ces ennemis de la République et du peuple, nous leur disons que la RCA n’est pas une jungle. Un adage populaire dit, « quelle que soit la durée de la nuit, le soleil apparaitra ». C’est pour autant dire, «  quelles que soient leurs manœuvres dilatoires, leurs plans machiavéliques, ils finiront par être rattrapés. Ils seront dévoilés au grand jour et répondront devant la justice sur tous les actes barbares qu’ils ont commis à l’encontre de leurs concitoyens. Qu’ils continuent toujours de considérer la RCA comme une jungle où n’importe qui peut venir faire sa loi et repartir comme bon lui semble. Tôt ou tard, l’histoire les rattrapera et ils grinceront les dents sans voir le bout du tunnel.

Aujourd’hui, les villes de l’arrière-pays sont devenues une véritable jungle. En l’absence des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) intérieures, les groupes armés se donnent à cœur joie aux tueries, aux incendies des maisons, aux destructions des édifices. Ils pensent qu’ils sont des lions, communément appelés rois de la jungle. Ils se trompent largement. Qu’il pleuve, neige, vente, ils seront tous rattrapés. Il n’y a pas un plus fort dans ce monde. Où sont Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, Mobutu Séssé Séko… ? La disparition de ces anciens présidents doit leur donner matière à réflexion.

De grâce, nous exhortons les groupes armés et ceux qui agissent dans l’ombre à ne pas considérer la RCA comme une jungle. C’est plutôt un Etat de droit. Et personne ne détient le titre foncier de ce pays. Le pays appartient à nous, toutes communautés confondues. Si aujourd’hui nous transformons ce cher et beau pays qui est la RCA en jungle, ce sont nos enfants et petits-fils qui payeront le plus lourd tribut. Mieux vaut considérer la RCA comme un Etat de droit pour que nos progénitures puissent bénéficier de la retombée. Dans les pays dits de droit, le peuple évolue, s’épanouit. Pourquoi pas nous les Centrafricains ?

Tournons le dos à la loi de la jungle et du talion pour que la RCA soit réellement un Etat de droit et non considérée comme une jungle.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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