LA MINUSCA : POLITIQUE DE DEUX POIDS, DEUX MESURES

Lundi 03.07.2017 : 09H29

LA MINUSCA : POLITIQUE DE DEUX POIDS, DEUX MESURES CONTRE LE CONTINGENT CONGOLAIS

Depuis quelques semaines, nos consciences impuissantes et assoupies, se sont réveillées sous les coups de butoir des cris aigus des populations de: Bangassou, Mobaye, Alindao, Yalinga et maintenant Bria. Par connivence, ou simplement dépassée par la situation complexe des évènements, la MINUSCA peine à mettre un terme définitif aux affrontements qui sévissent dans le Centre-est et le Sud-est de la République Centrafricaine, que la presse étrangère et la Communauté Internationale, ont appelé cela, « la guerre des religions ».

Forfaiture intellectuelle et politique que tout cela ! Parce que, tout de même, la Centrafrique  connaît, de manière structurelle, une «LUTTE DE POUVOIR » depuis au moins 28 ans. Ce qu’elle vit aujourd’hui, ce que nous avons sous les yeux, ce que vivent dans leur chair les populations, ce sont les piques, ou comme disait l’autre, le « massacre à ciel ouvert  », avec la bénédiction du capitalisme en quête d’eldorado « diamant, uranium, pétrole, etc.. ». Par pudeur et hypocrisie, on appelle cela aujourd’hui, la « mondialisation ».

En effet, il ne faut pas se voiler la face : mondialisation de la domination de l’exploitation des pays du Sud par les pays du Nord ; mondialisation de l’exploitation accentuée des ressources du sud par les prédateurs du nord ; mondialisation de la pauvreté d’un Sud pourtant riche, par un Nord en perte de sécurité d’un mode de vie qui s’étiole. Sinon, comment comprendre la passivité de la mission onusienne de la Minusca en Centrafrique ? Ce n’est pas la première fois, où, les Casques bleus sont accusés d’abandonner les civils à leur triste sort : le cas du Soudan du Sud et de la RD-Congo, illustrent bien le fonctionnement de cette force touristique. 

Qui s’offusque de la guerre larvée de la République Centrafricaine depuis Bokassa à Djotodia, les mains (baladeuses) instigatrices ne sont plus un mystère. Dans le même temps, on réclame la tête des chefs rebelles à travers une Cour Pénale Spéciale. Or, on le sait, ce sont les guerres qui engendrent les dictateurs et l’assassinat des Droits de l’Homme. De qui se moque-t-on ?

Chère Minusca ! Ne laissez pas la RCA sombrer dans l’abîme, comme l’a été le Rwanda, et le mot d’ordre : « Silence, on génocide », ne doit pas avoir lieu chez-nous.

Rappelons que le 21 juin dernier, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres avait annoncé le retrait des soldats congolais déployés en Centrafrique, où ils sont accusés de diverses dérives « viols sur mineurs ». Ce qui est paradoxale, la même population de cette région de Berberati, s’oppose à ce retrait. Elle estime que la Minusca chercherait à déstabiliser Berberati comme l’avaient été pour les autres villes (Bangassou, Mobaye, Alindao, Yalinga et maintenant Bria).

Selon le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française à l'Onu, ces problèmes sont principalement liés à deux phénomènes : la misère qui règne dans le pays et le niveau de préparation des soldats.

«La grande misère qui règne en République centrafricaine fait que toute proposition sonnante et trébuchante intéresse vivement les Centrafricains. Par ailleurs, le fait que ces contingents n'aient pas la pratique de ce type d'opérations, ils se retrouvent donc confrontés à des situations pour lesquelles ils sont mal préparés», indique le général sur les ondes de l’agence de presse russe Sputnik.

Est-ce dire que les Casques bleus africains sont des violeurs, et truands dans l’âme ? Une chose est sûre, depuis le déploiement de la force onusienne en République Centrafricaine, il y a eu des cas de viols avérés, d’abord contre le contingent de la RD-Congo, puis les forces françaises de l’«Opération Sangaris ». Mais voilà qu’un énième scandale de viols refait surface cette fois-ci contre le contingent de la République du Congo. Les Centrafricains sont sidérés une fois de plus, contre les manœuvres de diversion de la Minusca. Y a-t-il une justice à deux vitesses au sein des Casques bleus des Nations Unies ?

En effet, comment comprendre que parmi les contingents épinglés pour cas de viols, seuls les Casques bleus africains ont été sanctionnés, voire retirés de la zone où ils contrôlaient ? Les cas de viols sur les enfants de 10 à 17 ans par les soldats français de la « Sangaris », où en sommes-nous ?

Rappelant, qu’une ONG américaine, Aids Free World se trouvait à l’origine des dénonciations des cas de viols et abus sexuels commis par les soldes onusiens qui ont donné lieu à un rapport de l’ONU resté confidentiel jusqu’à sa fuite dans le quotidien britannique The Guardian en avril 2015.

L’enquête préliminaire (procédure non contradictoire) ouverte par le parquet de Paris en juillet 2014 pour « viols sur mineurs par personne abusant de l’autorité de ses fonctions », avait débouché sur une information confiée aux juges d’instruction en mai 2015. Trois (3) dossiers supplémentaires y ont été joints, l’un concernant un frère et une sœur dénonçant des fellations, les deux autres, des mineures victimes présumées de viol et viols en réunion. Les juges n’ont trouvé aucun élément pour les poursuivre.

Une troisième enquête préliminaire visant des soldats français, est ouverte pour « agression sexuelle » en mars 2016. Le journal Mediapart avait apporté le témoignage d’une femme de 25 ans, qui affirme avoir été violée par plusieurs soldats dans un blindé à Bangui, en avril 2015. A l’heure actuelle, plusieurs autres plaintes pour des cas d’agressions sexuelles ont été classées par le parquet français ou sont en voie de l’être selon les sources judiciaires, sans que leur nombre soit communiqué.

Il importe de relever une hypocrisie fondatrice de l’argumentaire du Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres et son acolyte, le représentant spécial de l’ONU pour la RCA, Parfait Onanga-Anyanga de retirer purement et simplement les contingents Marocains et Mauritaniens des villes de Bria et Bangassou, pour « complicités d’exactions et connivence avec les ennemis de la paix », sur la population civile.

Chère Minusca ! Les Centrafricains ne sont plus dupes, occupez-vous de votre mission, au lieu d’attiser le feu de la haine, de la division dans notre pays. Et ceci malgré les subterfuges qu’utilise, Antonio Guterres pour noyer le chien en accusant le Contingent Congolais d’être auteur de viols et vols.

Non à un possible foyer de crime qui se prépare dans les casseroles de la Minusca pour déstabiliser Berberati et ainsi mieux la piller.

Sinclair ARIES

 

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