LA FLUIDITE DES TRANSPORTS

Mardi 17.10.2017 : 10H36

LA FLUIDITE DES TRANSPORTS MISE A MAL PENDANT LA PERIODE

SCOLAIRE

Depuis quelques semaines, les Centrafricains n’ont plus que leurs yeux pour pleurer faute de fluidité des transports occasionnés par la rentrée scolaire 2017-2018. Chaque matin, c’est à des empoignades que se livrent les usagers pour trouver place à bord d’un taxi-bus, taxi-moto ou d’un taxi.

Il faut jouer des muscles et des coudes. Il n’est pas surprenant de se prendre un coup ou se faire marcher dessus. Et les receveurs de bus ont trouvé une formule : « Piétine ton voisin et demande pardon! ». C’est la règle. Sinon, il faut être rapide pour rattraper les véhicules qui ne s’arrêtent pas aux endroits les plus fréquentés.

Ce lundi 16 octobre, la ville de Bangui, capitale de la RCA, peuplée de plus de 600.000 habitants, est encore paralysée par les embouteillages monstres au niveau du pont Sapeké en construction. Même aux heures creuses, des attroupements étaient visibles aux arrêts de bus. Parmi les conducteurs des véhicules de transports en commun, beaucoup sont pointés du doigt car ils sont responsables de nombreux  cas d’accidents de circulation dans la ville. D’après les statistiques disponibles, plus de 345 personnes ont été tuées sur les routes Centrafricaines en 2016. Des chiffres en hausse, mais très probablement minorés par les autorités. Parmi ceux qui font plus de victimes, les chauffeurs de taxi-moto, arrivent en haut du classement. « Leurs engins sont appelés  aide-moi à mourir, à cause de nombreux accidents qu’ils provoquent », s’alarme Torin, chauffeur à Bimbo. Ce dernier d’ajouter, «ils conduisent très mal, comme des fous, et ne veulent jamais être dépassés. Pour éviter cela, soit ils bloquent le passage d’autres véhicules ou poursuivent celui qui vient de le dépasser. Ils font aussi de la vitesse parce qu’ils se précipitent sur les clients ».

Un grand nombre de ces conducteurs, pour ne pas dire tous, ont d’abord été des laveurs de voiture ou bien receveurs. Donc, ils n’ont pas forcément suivi une formation en Auto-école. Sans permis de conduire, ils deviennent chauffeurs. Et ce, sans aucune notion du Code de la route.

Cependant, les travaux de canalisations et collectes d'eaux des avenues de Bangui ne semblent pas arranger la donne,  à l’image de la route Pétévo-Bimbo et Pétévo-Km5. Les véhicules des particuliers n’y sont pas épargnés. Quasiment aucun panneau ne limite la vitesse. Au niveau du poste de la police de Pétévo, un panneau limite discrètement la vitesse à 60 km/h.

 

Attention aux « aide-moi à mourir »

 

Pour parer aux embouteillages, les conducteurs des taxis-motos font leur apparition. «Il y a huit ans, on ne voyait pas de motos faire le transport à Bangui. Aujourd’hui, avec les motos, on est rassuré d’éviter les embouteillages », confie Vicko, un vendeur à la sauvette, qui a souvent recours à ce moyen de transport. Depuis deux ans, les motos rivalisent avec les taxis et taxi-bus dans le transport en commun. D’une capacité de deux personnes, conducteurs compris, certaines motos transportent jusqu’à quatre, voire cinq individus. « C’est pour rentabiliser nos courses qu’on prend parfois beaucoup de gens », explique Armel.  « Le carburant coûte cher, et les distances sont longues. Sans parler des embouteillages, même si on arrive à les éviter », poursuit-il. Les conducteurs des motos conduisent souvent sans casque de protection pour eux et leurs clients. Quelques uns, rares en tout cas, portent tout de même des lunettes, uniquement en cas d’extrême nécessité. Il n’est pas surprenant non plus de voir un client rester sur l’asphalte au passage d’une moto. « Je ne comprends pas ceux qui prennent ces motos. Si la moto passe dans un trou, tu verras quelqu’un bondir et tomber sur la route. Nombreux se blessent aux coudes et genoux », martèle Gildas qui vient d’assister à un accident. Un vieil homme qui a assisté à une scène raconte : « Une jeune fille vient de faire une chute sur la route, sous mes yeux. Le conducteur de la moto l’attendait quelques mètres plus loin, alors qu’elle peinait à se relever ».   

Face aux problèmes de transport que connaît la ville de Bangui, il est temps que les autorités compétentes prennent les mesures, dispositions et sanctions qui s’imposent. Avec l’augmentation exponentielle de la population de Bangui, il est très difficile de tenir le coup. Les autorités doivent prendre des mesures adéquates, pour désengorger les routes et faciliter les mouvements des populations qui, tôt le matin, se dirigent presque tous vers le centre-ville. Il faut aussi rappeler que le soir venu, on assiste au mouvement inverse.

En attendant une solution miracle, pour bien se déplacer à Bangui, il faut soit avoir un véhicule personnel, soit recourir aux « taxis course », que les Centrafricains prennent en solitaire. Certaines personnes se lèvent très tôt pour prendre les premiers véhicules en circulation. Encore une fois, ce sont les particuliers qui mettent leurs véhicules sur les routes.

 

Sinclair ARIES

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire