LA FLAMBEE DE PRIX DES DENREES ALIMENTAIRES EST INQUIETTANTE

Mercredi 26 Octobre 2016 : 09h24

LA FLAMBEE DE PRIX DES DENREES ALIMENTAIRES EST INQUIETTANTE

MarcheBangui, la capitale fait face aujourd’hui à une augmentation de prix des produits de première nécessité. Nous citons entre autres la viande de bœufs, les poulets de chaire, importés pour la plupart du Cameroun, les oignons et ails, même les chenilles et les poissons qui sont des denrées alimentaires locales. La liste n’est pas exhaustive.

Conséquence directe, le panier de la ménagère est vide à Bangui. Nous osons croire aussi que ce phénomène de hausse de prix touche également nos villes de province. Car dans certaines villes, les activités agricoles, de pêche, de la chasse, de la cueillette, de l’élevage sont pratiquement inexistantes. Nous citons en exemple les villes de Kaga-Bandoro, de Bouca, de Bambari où les tensions communautaires sont encore vivantes.

S’agissant de la viande de bœuf, n’en parlons pas. Les évènements meurtriers qui se sont produits à Kaga-Bandoro et sur l’axe Grimari-Sibut où les Casques Bleus ont été attaqués, alors qu’ils escortaient des véhicules, ont aggravé le convoyage des bœufs pour approvisionner la ville de Bangui. Pour un ménage de cinq (5) personnes, il faut nécessairement acheter la viande de bœuf pour cinq mille francs (5000F) CFA afin de subvenir aux besoins de la famille. Mais là, chaque membre de la famille doit se contenter d’un morceau préparé. Le père et la mère, sils ont la chance, peuvent espérer à deux (2) morceaux chacun. Les vendeurs de poissons frais et fumés, des chenilles, de la viande boucanée des animaux de brousse, de la viande fraîche de cochons et cabris, ont profité de la rareté de bœufs sur les marchés pour augmenter à un rythme exponentiel leur prix.

Et la rédaction de « Centrafric Matin », s’interroge en ces termes : est-ce que les vendeurs de ces produits de première nécessité se soucient de leurs compatriotes ? Absolument pas, car c’est depuis plus des décennies que le salaire des fonctionnaires est resté stationnaire. En plus de cela, beaucoup de Centrafricains ont tout perdu dans cette crise qui ne dit pas son nom : des meubles et immeubles. Ils sont dépourvus de tout et sont nus comme un ver de terre. Devant cette flambée de prix des denrées alimentaires, que feront-ils pour joindre les deux (2) bouts ? Leurs enfants mangeront-ils quand ils reviendront de l’école ? C’est toute la question qui se pose avec plus d’acuité.

Cette situation doit interpeller le Gouvernement que dirige SimpliceSarandji, sous la très haute impulsion du président de la République, chef de l’Etat professeur Faustin-Archange Touadéra. Car pour travailler normalement afin de développer le pays, il faut nécessairement manger à sa faim. Et on dit le plus souvent que « ventre plein, nègre content ». Mais comme le ventre du nègre n’est pas plein, sera-t-il content ? Le ministre du Commerce, celui de l’Agriculture et de  l’Elevage, doivent se jeter à l’eau pour pallier à cette hausse de prix des denrées alimentaires. Cette situation est très inquiétante car les femmes commencent déjà à se plaindre. Et nous savons tous que quand la femme se fâche, c’est grave. Car, si déjà avec 4000 ou 5000F CFA, une femme n’arrive pas à payer, ne fusse que, un morceau de viande et des condiments, c’est que la hausse de prix a franchi le seuil de l’intolérable.Marche 2

Donc, mieux vaut arrêter cette situation qui perdure car elle peut encore être source d’une nouvelle crise. C’est pourquoi nous attirons l’attention du gouvernement sur ce cas bien précis. Il est intolérable que le prix des produits locaux, puisse aussi s’envoler comme si ces denrées sont importées des pays européens. Et chaque fois qu’on pose la question à ces vendeurs pour savoir pourquoi ils augmentent leur prix, ils nous répondent ainsi : « Nous rencontrons trop de tracasseries de la part des groupes armés. Ils nous exigent de fortes sommes à payer avant de franchir leur barrière. C’est ce qui fait que, quand nous arrivons à Bangui avec nos produits, nous sommes obligés d’augmenter le prix. Sinon, nous jouons aux pertes ». Mais si nous prenons le cas des chenilles qui viennent de la préfecture de la Lobaye et qui se vendent très chers, est-ce que ce raisonnement tient debout ? A vous d’y méditer et de nous donner une réponse claire, précise et nette.

Mais il convient de signaler que c’est le centrafricain qui tue le centrafricain. Et cette thèse se justifie par rapport à la hausse de prix des denrées alimentaires qui se produisent localement. Nous exhortons ces vendeurs à se soucier de leurs compatriotes en leur vendant des produits de première nécessité à bas prix. Car c’est tout le monde qui déplore cette flambée de prix des denrées alimentaires à Bangui et dans nos provinces.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

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