« LA CRISE CENTRAFRICAINE EST POLITIQUE ET NON ... »,

Mardi 27 06.2017 : 10H01

« LA CRISE CENTRAFRICAINE EST POLITIQUE ET NON RELIGIEUSE »,

SELON LA PLATEFORME DES CONFESSIONS RELIGIEUSES DE CENTRAFRIQUE

Un culte œcuménique d’engagement pour la paix en République Centrafricaine s’est déroulé le vendredi 23 juin 2017 aux environs de 18 heures dans la salle de Banquet de l’Assemblée Nationale. Organisé par la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique (PCRC), ce culte a été célébré en présence du chef de l’Etat, du président de l’Assemblée Nationale, de quelques membres du gouvernement, ainsi que de certains chefs de mission diplomatiques et des représentants des organisations internationales.

Quatre (04) moments forts ont rythmé la célébration de ce culte placé sous le signe d’engagement pour la paix en République Centrafricaine. Il s’agissait des messages livrés par les trois (03) leaders de la Plateforme des Confessions Religieuses, de l’acte d’engagement proprement dit, du message du chef de l’Etat et des prières élevées à Dieu par les croyants des différentes communautés.

A en croire l’imam Kobine Layama, « l’islam est la soumission absolue à Dieu et vise la paix. Un musulman est un croyant totalement soumis à la volonté de Dieu. Par conséquent, il doit respecter la volonté divine contenue dans le Coran (Cf. chapitre 4 versets 114, focalisés sur l’amour du prochain et le pardon). Pour ce faire, le dialogue interreligieux pour la paix au sein de la communauté islamique est la condition sine qua non pour le rétablissement de la paix durable et le relèvement du pays. Nous condamnons les actes barbares que le peuple centrafricain continue de traverser. La crise que nous traversons n’est pas religieuse, mais plutôt politique ».

Son Eminence Dieudonné cardinal Nzapalainga, se souvenant de la visite du pape François en République Centrafricaine, a indiqué, « l’heure est grave pour la RCA qui traverse encore des moments difficiles. Je me souviens de la visite du pape François qui était venu nous tracer le chemin de sortie de la crise. D’après le constat fait par le pape, ‘’Les populations sont prises en otage, vivent dans la peur, la détresse(…). Les Centrafricains doivent cultiver la tolérance, le pardon et l’amour du prochain’’. Le peuple centrafricain est fatigué avec la recrudescence des violences. Ceux qui font que la crise perdure, y trouvent leur compte. Nous disons non à la manipulation. La crise que nous traversons est politique, géopolitique, géostratégique et non religieuse ».

Pour le pasteur Nicolas Guérékoyame Gbangou, « la vie est constituée de certaines normes de conduites que tous les citoyens doivent suivre. C’est pourquoi, il est nécessaire que les Centrafricains doivent s’engager à respecter la parole de Dieu sur le pardon, l’amour du prochain et la paix, garant du vivre ensemble et de la cohésion  entre le peuple. Nous rejetons l’idée d’une crise religieuse. Le peuple centrafricain doit rester toujours solidaire… ».

Une petite cérémonie (échange de Bible et Coran) entre les trois leaders religieux, communément appelée « Acte d’engagement », a permis de comprendre que la religion n’a rien à voir dans la crise que le pays traverse. Chrétiens et musulmans doivent se soumettre à la volonté de Dieu, en respectant sa parole.

Une occasion qui a permis au chef de l’Etat, professeur Faustin Archange Touadéra de rappeler, « la célébration de ce culte est d’une importance capitale car, une partie du pays reste sous le contrôle des groupes armés. C’est depuis 2012 que nous assistons à des actes barbares. Plusieurs accords de paix ont été signés. Les 14 groupes armés ont pris part au programme DDRR. Malgré les multiples accords, les groupes armés continuent de semer la terreur. La crise n’est pas confessionnelle, mais plutôt politique. La RCA est un pays laïc, et elle le demeurera. Seule la justice va nous éclaircir un jour. Nous devons persévérer dans la prière qui est une arme de lutte contre les forces du mal… ».

Trois (3) prières élevées à Dieu par des  croyants musulman, protestant et catholique ont bouclé la boucle.

 

Bénistant MBALLA

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