LA COHESION SOCIALE EST-ELLE ENCORE POSSIBLE EN RCA

Vendredi 30.06.2017 : 10H49

LA COHESION SOCIALE EST-ELLE ENCORE POSSIBLE EN RCA ?

Avec le regain des violences qui s’est déroulé dans certaines régions du pays, les Centrafricains lambda ont commencé à s’interroger en ces termes : la cohésion sociale est-elle encore d’actualité en République Centrafricaine ?

Sans passer par quatre chemins, nous pouvons affirmer sans nous tromper que la cohésion sociale est et demeure en Centrafrique. Les violences perpétrées par les groupes armés sur les populations civiles ne remettent pas en cause la cohésion sociale car les Centrafricains ne sont pas dupes mais plutôt mûrs. Ceux qui tentent par tous les moyens de nuire à la cohésion sociale, au vivre ensemble, à la réconciliation nationale, sont les combattants étrangers qui pullulent dans les différentes branches dissidentes de l’ex-Séléka. Les combattants centrafricains cherchent par tous les voies et moyens à restaurer la cohésion sociale au sein des communautés. Car vous êtes sans ignorer que les Centrafricains de souche sont très hospitaliers et solidaires. Ce sont les mercenaires tchadiens, soudanais et autres qui ont poussé certains compatriotes à être plus agressifs ou des loups pour leurs concitoyens.

L’exemple du Km5 est là pour nous édifier. Depuis que la crise a éclaté en RCA et après la prise du pouvoir par la coalition Séléka le 24 mars 2013, nombreux sont ceux qui disaient que le Km5 est de mèche avec les groupes armés, principalement les combattants Séléka. Mais au fil des jours, on a pu comprendre que nos compatriotes musulmans ont été aussi pris en otage par ces criminels. Mais grâce à leur détermination et courage, ils ont mis hors d’état de nuire certains malfrats qui leur rendaient la vie difficile. Cette prise de conscience générale de nos compatriotes a permis aux musulmans et non musulmans de cohabiter ensemble aujourd’hui. Les non musulmans vont et viennent au Km5 pour faire leurs achats ou rendre visite à leurs frères et sœurs. Présentement, la cohésion sociale est au Km5, considéré entre temps comme le « couloir de la mort ».

Donc, rien ne s’oppose à l’heure actuelle à la cohésion sociale, au vivre ensemble et à la réconciliation nationale. Il suffit que les Centrafricains se lèvent comme un seul homme pour dire, « plus jamais ça » et tout rentrera dans l’ordre. Ce peuple qui est meurtri aujourd’hui par plus de quatre (4) ans de tueries, d’incendies de maisons et de destruction systématique des édifices publics et privés, n’est pas méchant, sanguinaire comme pensent les uns et les autres. Cette culture d’agressivité nous est imposée par les seigneurs de guerre venus d’autres pays d’Afrique.

Si aujourd’hui les groupes armés décident de déposer les armes pour faire la paix, vous verrez que la cohésion sociale se mettra en place dans les secondes qui suivent. Dans certaines régions du pays où les affrontements entre les groupes armés sont pratiquement inexistants, il y a la cohésion sociale. Les non musulmans et les musulmans cohabitent ensemble. C’est précisément aujourd’hui dans les préfectures de la Haute-Kotto, de la Basse-Kotto et du Mbomou où les affrontements se poursuivent que les deux (2) communautés n’entretiennent peut-être pas des relations. Une fois que ces affrontements prendront fin, la cohésion sociale s’installera immédiatement. D’ailleurs, dans ces préfectures citées ci-haut, les habitants vivaient en parfaite harmonie avant les affrontements entre les groupes armés.

Qu’on sache une fois pour toute que les Centrafricains sont un peuple prêt à oublier ce qui leur est arrivé. Il suffit que la paix et la sécurité reviennent sur l’ensemble du territoire national et vous nous donnerez raison. Donc, la cohésion sociale ne s’est pas encore évaporée dans la nature. Persévérons dans la recherche de la paix, mettons en pratique toutes les recommandations et les accords signés çà et là et la solution à la cohésion sociale viendra d’elle-même. Les Centrafricains doivent prendre leur mal en patience en attendant que le ciel s’éclaircit. Prions Dieu ou Allah chaque jour qui passe, pour que cette cohésion sociale, ce vivre ensemble, cette réconciliation qui nous ont échappé depuis presque cinq (5) ans, reviennent au pays de feu président fondateur Barthelemy Boganda, notre chère et belle nation. Après le génocide rwandais, les populations vivent en parfaite cohésion sociale. Pourquoi pas aussi en RCA après cette crise déclenchée par l’ex-coalition Séléka ?

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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