L'USAGE DE LA FORCE ET LE DIALOGUE

Jeudi 12 Oct. 2017 : 08H03

RCA : LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE DOIT CHOISIR ENTRE L’USAGE DE LA FORCE ET LE DIALOGUE

Ali Darassa, leader du mouvement Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) vient de défier l’opinion nationale et internationale en ces termes : « aujourd’hui, nous sommes en plein combat. A Bangui, le gouvernement dit qu’il y a la paix. Mais sur le terrain, en province, ce n’est pas vrai. La guerre est loin de terminer ». C’est au cours d’un entretien accordé à nos confrères de l’Agence France Presse qu’il a tenu ce propos. Et  cette déclaration intervient quelques mois après la signature à Rome de l’accord politique de cessez-le-feu immédiat des hostilités entre les représentants des quatorze (14) groupes armés, le gouvernement centrafricain et la communauté internationale.

  Les groupes armés reconnaissent dorénavant la faiblesse de la communauté internationale quant au dialogue prôné comme le seul moyen pour restaurer la paix, la sécurité, le vivre ensemble, la cohésion sociale et la réconciliation nationale dans l’ensemble du pays. Si aujourd’hui les groupes armés ne faiblissent pas dans les exactions, les tueries, les pillages et les incendies des édifices publics et privés, des ONG humanitaires internationales et nationales, c’est parce qu’ils bénéficient toujours d’une impunité totale.

 Depuis la date du 12 décembre 2012 où la crise a éclaté en République Centrafricaine à ce jour, aucune action concrète n’a été menée par la communauté internationale pour réduire la capacité de nuisance des groupes armés. La communauté internationale tourne autour du pot et évite de s’attaquer aux racines de la crise centrafricaine pour restaurer l’autorité de l’Etat dans tout le pays et favoriser la libre circulation des personnes et des biens. Si le calme précaire est observé dans la capitale Bangui, ce n’est pas le cas dans les villes de l’arrière-pays où les groupes armés s’auto proclament des « futurs gouverneurs » des régions. Et pour étayer nos propos, Mahamat Alkhatim, leader du Mouvement Patriotique Centrafricain (MPC) s’est farouchement opposé à la nomination des préfets par le gouvernement centrafricain, au motif que c’est lui le « gouverneur » de cette région.

A l’heure actuelle, certaines régions du pays qui n’ont guère connu de violences depuis le déclenchement de la crise en RCA, tombent les unes après les autres sous le contrôle des groupes armés. C’est le cas des régions du Mbomou, Haut-Mbomou, Basse-Kotto, Bocaranga, Koui, pour ne citer que celles-ci. Les exactions sont devenues monnaie courante dans ces villes, obligeant les populations civiles à fuir dans la brousse, sur les sites de fortunes et sur les territoires étrangers. Leurs conditions de vie deviennent de plus en plus déplorables. Qu’à cela ne tienne, les groupes armés ne cessent de se ravitailler en armes et munitions de guerre au su et au vu même des Nations-Unies qui privent l’Etat centrafricain de son armée nationale à travers l’embargo du conseil de sécurité de l’ONU. Et malgré cela, aucune mesure n’a été prise pour arrêter ces trafiques d’armes qui alimentent la crise à l’intérieur du pays.

Des hautes personnalités des Nations-Unies ne cessent de fouler le sol centrafricain. Ce qui devrait en principe apporter une solution à cette crise qui perdure. Mais ce n’est pas le cas. Profitant de l’inaction de la communauté internationale pour résoudre la crise et restaurer définitivement la paix dans l’ensemble du pays, les groupes armés roulent le peuple centrafricain dans la farine. Selon Ali Darassa de l’UPC, « le désarmement est une veille chanson pour endormir la conscience des gens ». Une manière de dire clairement à la communauté internationale qu’il n’est pas prêt pour déposer les armes et faire la paix à travers le programme Désarmement ,Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) dont les chantiers sont en exécution. Et cela n’étonne personne puisque c’est toujours de cette manière que l’UPC, le FPRC, le MPC, les 3R et les Anti-Balaka de Maxime Mokom roulent le peuple centrafricain et la communauté dans la boue, malgré leur adhésion au processus du DDRR.

Faille-t-il dans ce cas d’espèce continuer avec le dialogue ou faire usage de la force ? La réponse à cette interrogation est simple. Soit la communauté internationales continue de tourner autour des vrais problèmes qui font perdurer la crise, soit elle change de fusil d’épaule et opte pour une diplomatie offensive afin de contraindre les groupes armés à cesser avec les violences et à s’aligner définitivement sur la logique de la paix par le respect leurs engagements au programme de désarmement.

En outre, la communauté internationale doit cesser d’entretenir le flou sur la question de l’embargo qui empêche le redéploiement des forces de sécurité intérieure pour sécuriser l’ensemble du pays. Dans le contexte actuel de la RCA, l’embargo n’a plus sa raison d’être. Car, comment expliquer les trafics d’armes qui se développent entre les frontières de la RCA, du Tchad, du Soudan voire des deux(02) Congo malgré la présence des Nations-Unies dans le pays ?

L’une des solutions est soit de procéder à l’arrestation des chefs rebelles, soit de les rapatrier purement et simplement dans leur pays d’origine afin de favoriser le retour de la paix dans tout le pays. Toutes les solutions envisagées par la communauté internationale pour tenter de mettre un terme à la souffrance de la population semblent être peine perdue. Et dorénavant, c’est l’usage de la force qui s’impose pour arrêter les massacres. Car, « aux plus grands maux, les plus grands remèdes », dit un adage populaire et très connu de tous.

 

Bénistant MBALLA

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