L’UNION AFRICAINE ET L’IMPLUNITE

Lundi 12.06.2017 : 10H18

L’Editorial de Julien BELA

L’UNION AFRICAINE ET L’IMPLUNITE

 

Le Tchad qui préside la Commission de l’Union Africaine, peut-il promouvoir l’impunité en Centrafrique, alors qu’il a fait juger Hissein Habré ? Le Tribunal International pour les génocidaires au Rwanda, n’a-t-il pas existé ? Une chose est sûre, l’Union Africaine (UA) n’a pas encore fait sa toilette démocratique qui pourrait affirmer contre vents et marées, la primauté du droit. La levée de bouclier des dictateurs africains contre la Cour Pénale Internationale (CPI) en est une belle illustration. Quelle différence notable en terme de gouvernance, entre Idriss Déby Itno et Hissein Habré ? N’est-ce blanc-bonnet et bonnet-blanc ? Les génocidaires rwandais sont traqués à travers le monde. L’Union Africaine du DROIT doit supplanter l’Union Africaine des dirigeants mercenaires, des dictateurs hors pair. La puissance militaire n’est pas une garantie suffisante pour jouer les « gendarmes » des autres Etats. L’Union Africaine, elle-même n’a pas désigné des « Etats-gendarmes » des autres Etats. Que le Tchad n’entraine pas l’Union Africaine dans son sillage.

Le Forum National de Bangui avait pour socle, une consultation populaire à la base, sur toute l’étendue du territoire national. Les Centrafricains unanimement, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, ont réclamé que justice soit rendue. Tous les groupes armés étaient présents à ce Forum National. La Cour Pénale Spéciale fait partie des recommandations et résolutions fortes de cette assise. La transition avec Catherine Samba-Panza a commencé à les appliquer. Touadéra n’a fait que poursuivre dans la même logique. Mieux encore, il y a un comité de suivi de l’application de ces recommandations et résolutions. L’Union Africaine, de grâce, ne peut couver les œufs de l’impunité en Centrafrique, un Etat de droit qui affirme la primauté. Combien d’amnisties ont été votées en faveur des groupes armés ? L’amnistie s’apparente en RCA à une couveuse, afin que d’autres rebellions puissent germer demain.

Les mutinerie de 1996 à 2003, ont bénéficié d’une amnistie. Une autre loi d’amnistie a vu le jour en 2008, lors du Dialogue Politique Inclusif (DPI). Chaque crise après une amnistie, monte en puissance en terme de cruauté. Les mutineries ont provoqué la fracture sociale. La rébellion de Bozizé a été particulièrement meurtrière, d’où l’expression «  le boucher de Paoua ». Après l’amnistie de 2008, c’est la rébellion Séléka où l’être humain n’a même pas la valeur d’un poulet crevé. La RCA est devenue une vaste boucherie humaine, une charcuterie. Les groupes armés rivalisent dans les défis d’horreurs : des familles entières brûlées vives dans leur maison ; des corps humains découpés en morceau, les parties génitales coupées et exhibées en tout bout de champ en public. Une vraie république sur la coupe des vampires assoiffés de sang, experts en horreur, en cruauté, un laboratoire de l’enfer. Des êtres humains doués de raison et de bon sens, sont devenus des machines à broyer la chair humaine.

Même votre frère, père, cousin qui atteint un tel seuil d’horreur, il faut le juger. C’est un danger pour l’humanité car, ivre de sang. Le monde moderne et civilisé tient la personne humaine pour « SACREE ». Les Etats Unis, la France, l’Union Européenne, le Canada, doivent relever le défi, soutenir la primauté du droit. C’est une aspiration profonde du peuple centrafricain. La Cour Pénale Internationale (CPI), la Cour Pénale Spéciale (CPS), grande sœur et petite sœur, fourbissent déjà les armes du droit, afin que la coopération soit plus fluide. Les groupes armés peuvent accentuer les tueries pour mettre la pression, mais la justice est un roseau qui se plie, mais ne se rompt pas.

Julien BELA    

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