L’HOSPITALITE DE LA RCA S’EST RETOURNEE

Mercredi 04.10.2017 : 07H51

L’HOSPITALITE DE LA RCA S’EST RETOURNEE CONTRE ELLE : LES TCHADIENS ET SOUDANAIS, MAITRES DU PAYS

Le fait d’accueillir des réfugiés politiques et autres sur son territoire est-il mauvais en soi ? L’hospitalité constitue-t-elle un danger  pour un pays ? N’est-ce pas cette situation qui a conduit aujourd’hui la RCA dans ce chaos indescriptible ?

Depuis longtemps, le pays de feu président Barthélemy Boganda a accueilli sur son territoire national des réfugiés politiques, venus principalement du Tchad et du Soudan. La RCA a toujours été une terre d’asile. Tous ceux qui cherchent refuge sont accueillis à bras ouverts par les Centrafricains. En RCA, les étrangers vivent comme s’ils étaient chez eux. Ils ne sont nullement inquiétés par qui que ce soit. Nombreux sont des Tchadiens et Soudanais qui exercent leurs métiers en toute liberté et en toute quiétude. Ils ont fait des enfants qui ont grandi en RCA. Plus de 99,99 % de ces Tchadiens et Soudanais exilés en RCA ont pris la nationalité centrafricaine, ce qui n’est pas interdit. Même certains Centrafricains au Tchad, au Soudan, en France, aux Etats-Unis se sont naturalisés. Ils sont appelés de nos jours Tchadiens, Soudanais, Français, Américains et autres. Ils exercent des fonctions dans ces différents pays et sont considérés comme des citoyens de ces nations. Ils respectent les lois du pays ou des pays où ils se sont naturalisés.

Mais seulement en RCA, c’est un autre son de cloche. Les Tchadiens, Soudanais et autres qui ont pris la nationalité centrafricaine depuis plusieurs années, se comportent aujourd’hui comme les maîtres incontestés et incontestables du pays. Allez dès à présent dans nos villes de province et vous vous rendrez à l’évidence.

Pour étayer nos propos, nous prenons comme exemples les villes de Mobaye et d’Alindao. Dans ces localités, les Centrafricains d’origine tchadienne agissent comme les ennemis de leurs concitoyens, ceux avec  qui ils ont grandi ensemble, mangé ensemble, dormi ensemble, étudié ensemble… Avec l’arrivée des mercenaires tchadiens, soudanais, nigériens, mauritaniens, maliens, ils se croient tout permis. Les tueries et les incendies massifs qui se sont produits dans ces villes sont l’œuvre de ces compatriotes. Ce sont eux qui doigtent les personnes à abattre. Ils participent activement aux actes barbares sur leurs compatriotes. Et pourtant, certains, dans les villes attaquées par les Anti-Balaka, avaient pris la direction du Tchad. Arrivés dans ce pays, ils n’ont même pas été reçus par leurs soi-disant frères et sœurs d’origine. Ils ont peiné. Dépassés par la souffrance, la misère ordurière, la pauvreté absolue, ils ont regagné la RCA, leur terre patrie. Aujourd’hui, ils vivent mieux. Ceux-là ne peuvent nous démentir. Et l’adage populaire qui dit, « on est bien chez soi qu’ailleurs », s’est concrétisé. Ils ne pourront plus aller au Tchad sous peine d’être encore marginalisés par les Tchadiens.

Alors, pourquoi continuent-ils toujours à soutenir ces mercenaires dans leurs actes barbares ? L’expérience vécue au Tchad, au Soudan lors de leur soi-disant rapatriement par le régime de Deby ne peut-elle pas leur donner matière à réflexion ? Quand on est Centrafricain d’origine tchadienne ou soudanaise, doit-on soutenir les mercenaires venus de ces pays ? C’est ce que nous voyons aujourd’hui avec nos compatriotes qui se sont naturalisés Centrafricains.

C’est pour autant dire que l’hospitalité des Centrafricains s’est retournée contre eux. Elle est devenue un danger permanent. Et sans nous voiler la face, c’est cette situation qui a conduit la RCA dans l’abîme. Les autorités centrafricaines en charge de délivrance des actes de naissance, des certificats de nationalité et autres documents administratifs doivent désormais remuer mille fois leurs stylos avant d’apposer leurs augustes signatures au bas d’un document.

Sous d’autres cieux, on ne distribue pas à tour de bras des documents administratifs aux individus venus d’ailleurs. Ceux-là doivent être minutieusement suivis, contrôlés pendant des années avant d’avoir la nationalité. Mais en Centrafrique, une personne peut être au Japon, en Espagne, au Tchad, au Soudan… et obtenir la nationalité centrafricaine. Tout ceci par le truchement de certains compatriotes malintentionnés qui ne cherchent que leurs intérêts égoïstes au détriment de l’intérêt général. Et les conséquences sont ce que nous vivons aujourd’hui. Comme on le dit le plus souvent, « tout se paie ici-bas », ceux-là même qui distribuaient des certificats de nationalité aux Tchadiens, Soudanais, à cause de quelques billets de banque, ont payé aussi le lourd tribut de cette crise enclenchée par la coalition Séléka, avec le soutien des mercenaires tchadiens et soudanais.

Peuple centrafricain, ouvrons désormais nos yeux, et agissons maintenant  comme de bons citoyens pour ne pas tomber encore dans les erreurs du passé. Les Tchadiens, Soudanais, Nigériens… sont devenus les maîtres de notre pays à cause de notre hospitalité légendaire et notre façon d’agir. Acceptons les étrangers sur notre terre mais ne leur délivrons pas des documents d’état-civil (actes de naissance, certificats de nationalité, passeports) n’importe comment.  Sinon, nous retomberons de nouveau dans une crise qui sera encore plus destructive que celle qui est en cours.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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