L’Editorial de Julien BELA

L’Editorial de Julien BELA

LE CHOIX DU METIER DES ARMES

C’est en toute liberté, en toute indépendance, avec conviction et vocation qu’un individu choisit le métier des armes, en s’engageant dans l’armée. L’armée a pour mission régalienne, la défense de l’intégrité du territoire et ses biens. Elle est l’instrument par excellence de l’indépendance, de la souveraineté et de la force de l’Etat. Une Armée est au service de la République et non d’un individu, fut-il chef d’Etat. Elle doit être républicaine reflétant toutes les ethnies du pays, dynamique, courageuse, disciplinée, prête au sacrifice suprême quand la patrie est en danger. Ce sont les Centrafricains qui se saignent pour fournir à leur armée, les équipements militaires nécessaires et indispensables à l’accomplissement de sa mission.

Depuis plus de trente (30) ans, les Forces Armées Centrafricaines (FACA) ont entamé leur descente aux enfers : le tribalisme ronflant, la politisation exponentielle, la discrimination, l’injustice, les détournements des PGA par les officiers supérieurs, ont parachevé la désagrégation de l’armée. Conséquence logique, l’indiscipline généralisée et avérée. L’affairisme a fait irruption au sein de l’armée, développant un goût très prononcé pour l’argent, la vie mondaine, la boisson, les fesses, les braquages, les exactions sur la population civile. Pour un téléphone portable qui ne coûte plus rien, c’est la torture la plus atroce qui est infligée à un compatriote. L’armée, jadis, facteur de sécurité, s’est transformée en facteur d’insécurité, agressive, impulsive. Le phénomène des « libérateurs » en est une parfaite illustration, distribuant des coups de poings, de pied, de crosse, aux agents de l’Etat dans l’exercice de leur mission. Ce sont les « intouchables » du régime Bozizé. Bozizé, ne voyant que les coups d’Etat partout,  a brisé la colonne vertébrale des FACA.

La coalition Séléka a roulé sur un boulevard pour entrer à Bangui. La Garde Présidentielle exclusivement de la tribu de Bozizé, surarmée mais inefficace, car mal formée n’a pas résisté dès que les Séléka ont franchi la ligne rouge. C’est la débarque, à qui mieux mieux. Les FACA, avec un seul chargeur, ne pouvaient résister. Bozizé a creusé lui-même la tombe de son régime. Aucun Etat ne peut se défendre en comptant sur les armés des autres pays. Pire encore, les tonnes d’armes achetées par Bozizé sont restées intactes, alors que le fauteuil de Bozizé est menacé. Ces armes sont tombées gracieusement, avec des tonnes de minutions, entre les mains des Séléka qui s’en sont servis pour massacrer le peuple centrafricain. Un général d’armée, avec des tonnes et des tonnes d’armes toutes neuves, avec une Garde Présidentielle hyper armée, détale devant des individus qui tirent au hasard, incapables d’atteindre un éléphant à 02 mètres. C’est la pire des humiliations qu’un général puisse infliger à l’armée dont il est le Chef Suprême.

Par la grâce de Dieu, les FACA se remettent sur pieds, comblées de bonheur, car elles seront réhabilitées et formées par les meilleurs experts militaires au monde. L’EUTM aiguise les techniques de combat, les Etats Unis se préoccupent de la logistique et de la médecine militaire,  la Russie octroie les armes avec des instructeurs pour le maniement.

Les éléments des FACA sont choyés. En retour, ils doivent se montrer à la hauteur de l’offre. Ceux qui se sont retrouvés au sein de l’armée par accident, doivent faire leur valise. Il faut aimer son métier pour mieux l’exercer, avec discipline, courage, détermination et patriotisme. La force d’une armée repose sur la discipline, l’obéissance à la hiérarchie en toute circonstance, la bravoure, la témérité qui permettent de gravir les échelons et les médailles de mérite. Le comportement des FACA, durant cette période de restructuration, doit pousser l’EUTM, les Etats Unis et la Russie à faire encore plus. Les FACA ne sont pas formées pour des malfrats, des groupes armés, mais pour garantir éternellement, dans l’espace et dans le temps, l’indépendance, la souveraineté et la force de l’Etat centrafricain. Elles peuvent aussi contribuer au maintien de la paix sous d’autres cieux. Les FACA doivent relever le défi de l’excellence, du courage et de l’honneur.

Julien BELA

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