L’Editorial de Julien BELA : CENTRAFRIQUE, MON PAYS

Lundi 08.05.2017

L’Editorial de Julien BELA: CENTRAFRIQUE, MON PAYS

« Centrafrique, pays merveilleux », pouvait-on lire sur des dépliants, à une certaine époque dans notre pays. Aux Etats-Unis, Donald Trump déclare haut et fort, « Les Etats-Unis avant tout ! ». La Grande-Bretagne, et tant d’autres pays prônent l’ère du nationalisme, du patriotisme triomphant. En Afrique du Sud, la xénophobie contre les émigrants ; en Libye, en Algérie, en Egypte, au Kénya, c’est l’attachement formel à la terre des aïeuls, « mon pays d’abord ! ». En Centrafrique, la classe politique est étrangère à son propre pays. La logique est celle de la conquête du pouvoir par tous les moyens, notamment la voie antidémocratique. Chaque leader tient absolument tirer le drap de son côté. Touadéra élu à la majorité écrasante, personne ne veut le digérer. Cette victoire est restée au travers de la gorge de la classe politique.

Certains leaders endettés jusqu’au coup pour les élections de décembre 2015, sont pressés comme du citron par leur créancier. Comment faire pour rembourser autant d’argent ? Ils ont lamentablement échoué à ces élections. Ils broient eux-mêmes du noir. Les alliances électorales ont été un cauchemar. C’est la panique généralisée. Les créanciers veulent leur argent. C’est la tourmente. « Les bons comptes font de bons amis », dit-on. Or, ils font les mauvais comptes et brisent leur amitié. Désormais, il faut le pouvoir par tous les moyens. L’avidité du pouvoir fait perdre la tête au point de renier son propre pays, la terre de ses ancêtres. Des scénarios de coup d’Etat sont projetés pour les uns, pour d’autres, ils tirent les ficelles des groupes armés. Il faut faire échec à Touadéra par tous les moyens.

La soif du pouvoir de certains leaders dépasse la soif du globe terrestre qui, malgré les mers, les océans, les fleuves, les rivières, les marigots, les ruisseaux, les nappes phréatiques, avale d’un trait les eaux provenant des pluies diluviennes. D’un homme politique à un autre qui accède au pouvoir, c’est le même scénario qui va se répéter. Il n’y a qu’un seul président dans un pays. Les cinq (5) ans, durée d’un mandant présidentiel, passent comme la fumée. Pourquoi tant d’impatience, au lieu de se battre pour la paix et la stabilité. Touadéra a hérité de la patate chaude. C’est un fait.

Aucun leader politique n’a de solution magique, ni de baguette magique, pour instaurer la paix, la sécurité et la stabilité. Le président de l’Assemblée Nationale habite le Km5, « le couloir de la mort ». Investi de la souveraineté  populaire, n’est-il pas mieux placé pour éteindre le feu du Km5 ? Il a, par le passé, reçu une grenade dans sa concession, ne pouvait-on pas être  un mobile fondamental pour prendre à bras le-corps la question de la sécurité et de la paix au Km5 ? La paix intéresse tous les Centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Pourquoi les leaders politiques n’aiment pas leur pays, la terre qui les a vus naître, grandir et être un cadre ? Touadéra doit compter sur lui-même et son gouvernement pour offrir la paix et la sécurité aux Centrafricains, laissant les assoiffés du pouvoir, ceux qui se sont endettés des cheveux aux orteils, les putschistes face à leur propre conscience.  Demain au pouvoir, accepteront-ils ces peaux de bananes, ces bâtons dans les roues, ces manigances de coup d’Etat ? Bozizé n’a jamais toléré une menace contre son fauteuil. Ce n’est pas la disparition du Colonel Charles Massi qui nous démentira. « Ne fais pas aux autres, ce que vous ne voulez pas qu’on vous le fasse ».                     Julien BELA  

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