L’ECOLE FATIMA-GARÇONS ET FILLES DESORMAIS OUVERTE

Lundi 21 Novembre 2016 : 10h52

L’ECOLE FATIMA-GARÇONS ET FILLES DESORMAIS OUVERTE

 

Les élèves et les enseignants de l’Ecole Fatima Garçons et filles ont poussé un ouf de soulagement, ce vendredi 11 novembre 2016. Fermée après la crise militaro-politique sans précédent qu’a connue le pays, cet établissement public œuvrant dans le domaine de l’enseignement primaire et qui se trouve dans le 6e arrondissement de la ville de Bangui, non loin du lycée de Fatima, a rouvert ses salles de classe, ce lundi 14 novembre 2016. Cette réouverture s’est faite en présence du ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Aboubakar Moukadas Noure, des quatre (4) directeurs de cette école, des parents d’élèves et les élèves eux-mêmes.

Mais qu’est-ce qui est à l’origine de la réouverture précitée de l’Ecole Fatima Garçons et Filles ? Pour votre gouverne, les élèves et les enseignants dudit établissement, suite à l’insécurité grandissante qui régnait dans le secteur avec l’incursion momentanée des criminels du Km5, ont été déportés à l’Ecole Nzangognan, toujours dans le 6e arrondissement. Même ceux de l’Ecole Kina. Dans une salle de classe, il y avait deux (2) enseignants pour deux niveaux différents, soit CI avec CP ou CE1 avec CE2. Les élèves avaient de la peine à assimiler les leçons, mais les enseignants faisaient ce qui était mieux de faire. Au lieu d’en rester là, la collaboration entre les directeurs de l’Ecole Nzangognan et ceux de Fatima, était tendue. Les disputes et les querelles étaient interminables, intermittentes.

C’est ainsi qu’un jour, l’un des directeurs de l’Ecole Nzangognan et un autre de l’Ecole Fatima que nous réservons le droit de les citer nommément, après d’âpres palabres, se sont rentrés dedans, en présence des élèves.

Et ce fut le directeur de l’Ecole Fatima qui a terrassé celui de Nzangognan qui serait l’auteur de ces désordres. La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre dans les quartiers. Sur le bout des lèvres des élèves, on pouvait entendre, « les directeurs se sont battus à l’Ecole Nzangognan devant leurs élèves. Celui de Fatima a battu l’autre de Nzangognan. C’est une honte ». Et les parents de s’interroger de la sorte, « est-il possible que les deux directeurs se comportent de la sorte ? Ne sont-ils pas ceux-là qui sont censés donner l’éducation à nos enfants ? Et si les élèves se battent entre eux, que leur diront-ils » ? Et savez-vous pourquoi il n’y a pas d’entente entre ces directeurs ? La raison est simple. Selon un instituteur qui a requis l’anonymat, « c’est à cause des fournitures scolaires distribuées aux élèves par l’Unicef que les mésententes sont nées ».

Qui veut tout s’accaparer de ces fournitures scolaires ? Imaginez la suite. Face à ces désagréments qui pourraient à la longue, engendrer un autre conflit dont les conséquences seraient catastrophiques, le ministre de l’Education Nationale, Aboubakar Moukadas Noure, sur l’invitation de l’Association des Parents d’Elèves (APE) de Fatima, a procédé le vendredi 11 novembre 2016 aux environs de 09 heures à la réouverture officielle de cet établissement. Il a été prévu aussi le déploiement des forces internationales (Casques Bleus) et des forces de sécurité intérieures pour sécuriser l’Ecole Fatima-Garçons et Filles. Pour le moment, il n’y a que les élèves et enseignants de l’Ecole Kina qui sont restés à l’Ecole Nzangognan.

Une chose est de rouvrir l’Ecole Fatima pour permettre aux enfants d’étudier dans de bonnes conditions, mais une autre est de les sécuriser. Car dans toutes ces choses, c’est la sécurisation dudit établissement qui préoccupe les parents d’élèves. Mais avant que tout ce dispositif sécuritaire soit mis en place, les élèves et enseignants ont déjà regagné l’Ecole Fatima Garçons et filles et les cours vont bon train. Nous profitons aussi de cette occasion pour attirer l’attention du ministre de l’Education Nationale sur le cas des élèves du Lycée de Fatima qui suivent les cours en ce moment à l’Ecole Saint Jean dans le 2e arrondissement de la ville de Bangui. Ils sont constamment menacés par les habitants des quartiers qu’ils traversent pour s’y rendre, surtout ceux de Langbashi et de Sapéké. De plus, on leur barre la route. Ces derniers temps, des gens appellent les filles du lycée de Fatima, « Babarosa ». D’après certaines indiscrétions, il semblerait que le proviseur du Lycée de Fatima et le directeur de l’Ecole Saint Jean ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde.

Donc mieux vaut sécuriser aussi le Lycée de Fatima comme l’Ecole Fatima pour que les lycéens dudit établissement regagnent leurs classes d’antan. Si les directeurs des Ecoles Nzangognan et Saint Jean estiment pour leur part que ces établissements scolaires sont leur patrimoine personnel, ils se trompent largement. C’est à cause de la crise que les élèves y sont déportés. A bon entendeur, salut !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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