KINA, CATTIN, KOKORO, DES QUARTIERS A HAUT RISQUE..

Ven 19.07.2019 : 10H13

KINA, DOLOKO, CATTIN, KOKORO, DES QUARTIERS A HAUT RISQUE : DES CADAVRES DECOUVERTS UN PEU PARTOUT

Maire et min s pL’insécurité continue de battre son plein dans certains quartiers de la capitale centrafricaine, Bangui. Il ne se passe pas un jour sans que des cas d’assassinat ne soient enregistrés dans ces quartiers cités ci-haut. Chaque fois qu’un incident survient au Km5, ce sont nos compatriotes résidant dans ce secteur qui paient le plus lourd tribut.

Au cours de la semaine dernière, juste après les affrontements qui ont opposé les commerçants à la bande armée de Moussa, des cadavres ont été découverts dans certains quartiers non loin du Km5. Au quartier Camerounais, un homme âgé d’une soixantaine d’années a été retrouvé mort et son corps a été transféré à la morgue. Nous ne savons pas si ses proches ont récupéré le corps et l’ont enterré après un communiqué diffusé à la Radio Ndéké-Luka.

Récemment au quartier Kokoro 5, un corps sans vie a été découvert dans un puits. Le chef dudit quartier, après moult tentatives pour retrouver les parents de l’homme assassiné, a procédé à son inhumation, en compagnie de quelques jeunes. Depuis 2013 jusqu’à la date d’aujourd’hui, beaucoup de nos compatriotes qui se rendent au Km5 pour faire leurs achats ou écouler leurs produits sont tombés dans le filet des drogués dudit secteur. Nombreux sont torturés. D’autres ont perdu leur vie sans toutefois laisser des traces. Les groupes d’autodéfenses qui pullulent dans cette dernière enclave musulmane de la capitale, préfèrent jeter les corps de leurs victimes dans les puits aux quartiers Kina, Doloko, Kokoro, Catin qui sont tous envahis par de hautes herbes, faute de maisons d’habitation détruites ou incendiées.

Voyant que peu de gens habitent ces quartiers, les groupes d’autodéfenses, ces criminels patentés du Km5 règnent en maître absolus des lieux. Les braquages, suivis de morts d’hommes ou de viols de femmes, sont devenus monnaie courante. Les populations de ce secteur vivent la peur au ventre et ne savent plus à quel saint se vouer pour se protéger. Les quelques retournés ne peuvent fermer  les yeux la nuit car des dangers peuvent survenir à tout moment.

C’est ainsi qu’ils exigent du gouvernement le déploiement des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) dans lesdits quartiers pour les protéger. Ils estiment aujourd’hui qu’ils sont lésés car ni l’Exécutif, encore moins les Casques Bleus de la Minusca ne daignent les protéger. C’est autant dire qu’ils sont abandonnés à leur triste sort, ainsi que dans la gueule de ces loups, lions, vautours (drogués du Km 5) qui les dévorent à longueur de journée.

Aujourd’hui, il est difficile, voire impossible pour les Banguissoises et Banguissois de s’aventurer dans les quartiers précités et tant d’autres. Car faire un pas dans ce secteur est synonyme de mort subite. A telle enseigne que ses habitants ont préféré vivre dans d’autres quartiers de Bangui ou Bimbo pour échapper aux exactions de ces groupes d’autodéfenses. Mais dans un passé récent, certains d’entre eux ont été abattus par ces malfrats quand ils revenaient jeter un coup d’œil dans leur concession.

Ce qui est grave, les corps sans vie des personnes jetés ça et là, constituent un danger permanent pour la santé des retournés. N’étant pas enterrés dans de bonnes conditions, les corps en état de décomposition peuvent provoquer des maladies de toute sorte. Le cas d’un individu dont le squelette est encore visible dans le puits, à en croire le chef du quartier Kokoro 5, est très dangereux pour tous ceux qui sont dans ces quartiers. La Croix-Rouge Centrafricaine ou les Sapeurs-pompiers, par le concours du Président de la Délégation Spéciale de la Ville (PDSV) de Bangui, Emile Gros Raymond Nakombo, peut repêcher le corps pour l’inhumation digne de ce nom. D’où nécessité pour le gouvernement d’y déployer des FDS. Car, on ne peut demander aux gens de regagner leurs domiciles (Opération Noël à la maison) sans pour autant prendre des mesures sécuritaires. C’est une façon qui ne garantit nullement la protection des personnes et des biens.

Alors, ce cri de détresse des populations des quartiers Kina, Doloko, Kokoro et autres sera-t-il entendu ? Difficile de le croire. Car, pour votre gouverne, il semblerait que le secteur Km 5 et ses environs immédiats (3e arrondissement de la ville de Bangui) sont réservés exclusivement aux forces internationales. Gendarmes, policiers, encore moins les éléments des Forces Armées Centrafricaines ne peuvent manœuvrer dans ledit secteur sans aucune autorisation de la Minusca. Ce n’est pas un mythe mais plutôt une réalité. Et c’est ce qui complique les opérations sécuritaires au Km 5 et ses environs. Tout porte à croire que les drogués, ces bandits de grand chemin, sont super protégés par cette force internationale dont il nous est difficile de savoir avec exactitude ce qu’elle est venue faire en République Centrafricaine.

Pour tout dire, les habitants des quartiers Kina, Doloko, Catin, Kokoro et tant d’autres, ont encore du chemin à parcourir pour être réellement protégés réellement contre ces malfrats. Le ciel ne s’est pas encore éclairci sur leur sort.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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