INTERNEWS : LES JOURNALISTES CENTRAFRICAINS DESORMAIS ...

Lundi 12 décembre 2016 : 10H17

INTERNEWS : LES JOURNALISTES CENTRAFRICAINS DESORMAIS OUTILLES SUR, « LE TRAITEMENT MEDIATIQUE DES VIOLENCES BASEES SUR LE GENRE »

 

« Du 05 au 09 décembre 2016, les journalistes centrafricains ont renforcé leurs capacités sur le thème intitulé : « le traitement médiatique des violences basées sur le genre ». Organisé par l’ONG Internews en partenariat avec USAID, cet atelier qui a regroupé une dizaine de journalistes vise à développer les connaissances et les compétences des participants en matière de plaidoyer sur le genre, afin de leur permettre  d’œuvrer dans le sens de la création d’un  environnement favorable à la mise en œuvre de l’équité entre l’homme et la femme et d’une prévention et réponse appropriées aux Violences Basées sur le Genre (VBG). A la suite des connaissances théoriques apprises, les participants ont effectué des visites sur le terrain pour palper du doigt les réalités de la situation de certains survivants des VBG. C’était dans ce sens que le groupe de journalistes de la presse écrite a réalisé un sujet de reportage sur « les difficultés de la prise en charge psychosociale d’une survivante des VBG ». Voici l’intégralité de l’article réalisé. »

 

Bénistant MBALLA

 

 

 

La République centrafricaine a traversé des crises récurrentes ces deux dernières décennies avec des conséquences extrêmement graves pour le pays et sur les populations dont certaines ont été victimes de cas de viol. Malheureusement, ces personnes sont confrontées à de nombreux problèmes d’ordre sanitaire, moral et de prise en charge psychosociale.

Dans le cadre d’une formation des journalistes sur les violences basées sur le genre, notre groupe constitué de NDAGIYE Nicolas, SALAMATOU Alfred, NZINGAZO Guy Marcelin, KOULAKA Odilon et MBALLA Bénistant a réalisé une enquête auprès d’une survivante et d’autres acteurs qui œuvrent dans le domaine des Violences Basées sur le Genre (VBG). Il s’agit notamment des spécialistes psychosociaux, des médecins, des responsables des structures de prise en charge psychosociale et juridique.

Ces enquêtes ont permis au groupe de réaliser ce travail qui doit interpeller la conscience des uns et des autres afin d’agir pour soulager la souffrance des survivants.

De tous les cas de viols enregistrés pendant ces moments de crises, il y a l’une des survivantes rencontrée qui a bien voulu témoigner. Cette dernière habitait chez son frère à Garoua-Boulaï où elle faisait ses commerces et c’est quand son frère était décédé qu’elle est rentrée à Bangui pour résider au Pk 13. La survivante a parlé de  la réaction des éléments de la coalition Séléka en guise de représailles contre les anti-balaka par rapport aux attaques du 5 décembre 2013. «Nous avons tenté de fuir, a-t-elle dit, pour nous mettre à l’abri des exactions des éléments de Séléka qui pourchassaient les Anti-Balaka avec risque de tout confondre, qu’on allait tomber dans la main des Séléka pour être violées, certaines ont été tuées et ils ont amené d’autres jeunes filles avec eux.

Apres, j’étais obligée de revenir et passer trois jours ensemble avec d’autres personnes dans la maison d’une compatriote. Mais, j’ai été contactée par le téléphone que les forces françaises de la Sangaris étaient en train de faire des patrouilles. C’est ainsi que j’ai pris le courage pour sortir et tenter de regagner le site de Saint-Jean de Galabadjia. De là, Dieu a fait de sorte que je me suis retrouvée avec mes enfants. Puis, l’un de mes enfants a eu à louer une maison qu’on a regagnée. Quelques mois après, faute de moyens, on était obligé de déménager où j’ai gagné une fois de plus le site et mon enfant a rejoint sa belle-famille.

Mais la vie sur le site n’était pas facile. J’ai été identifiée par les responsables du site de Saint Jean et par rapport à mon cas, ils m’ont transférée sur le site de Benz-vi. C’est de là que j’ai reçu la visite de l’ONG les Flamboyants qui par la suite m’a orientée vers le Centre pour la prise en charge psychosociale».

Il est à noter que l’ONG les Flamboyants travaille en partenariat avec Médecins Sans Frontières (MSF), DRC et IRC.

Mme Yakola Naomi, agente psychosociale de l’ONG les Flamboyants, a précisé les conditions dans lesquelles les survivantes sont prises en charge. La toute première chose à faire au niveau du Centre consiste à conseiller les survivants à se dépasser ou à surmonter les faits. « En cas d’agression physique où les survivants arrivent au niveau de notre Centre, nous allons d’abord les introduire dans un hôpital où ils bénéficient d’une prise en charge médicale. Après, ils vont revenir au niveau du Centre pour être accompagnés. Pour les cas de viols, certaines survivantes partaient directement à l’hôpital où elles ont bénéficié de la prise en charge médicale avant d’être renvoyées au niveau du Centre pour être accompagnées.

Dans le cas où les survivantes arrivent directement chez nous, on va les référencier à Médecins Sans Frontières (MSF) France pour la prise en charge médicale. Concernant la prise en charge proprement dite, Yakola Naomi a souligné : « Quand les victimes arrivent, nous leur fournissons des fiches de références qui vont leur permettre d’être prises en charge par MSF France qui travaille en collaboration avec notre Centre dans le cas des agressions et des viols. On va faire leurs examens et les soumettre aux traitements médicaux. Le délai d’accompagnement est relatif selon les cas, c’est-à-dire d’une semaine à un mois.

En sus de cela, nous organisons des Activités génératrices de revenus (AGR) pour soutenir financièrement les survivants ou les survivantes.

Sur le plan juridique, il y a des actions qui sont menées dans ce sens en vue de rendre justice aux survivants ou aux survivantes.

Gondjé Eloi, Administrateur financier de l’ONG les Flamboyants, intérimaire de la coordonnatrice Goumba Anne-Marie, a quant à lui présenté le Centre en soulignant qu’il dispose de deux agents psychosociaux qui travaillent pour le compte de ladite structure. Et nous travaillons sur la base de la confidentialité, a-t-il précisé.

En définitive, les survivants connaissent souvent des traumatismes graves qu’ils arrivent péniblement à surmonter. A cet effet, ils ont besoin d’être assistés à travers la prise en charge psychosociale pour les aider à sortir de leur situation.Pour cela, le gouvernement et les organisations œuvrant dans le domaine des violences basées sur le genre, chacun en ce qui le concerne, doit tout mettre en œuvre pour soulager la souffrance des survivants.

 

Le groupe Presse Ecrite constitué de :

 

- NDAGIYE Nicolas

- SALAMATOU Alfred

- NZINGAZO Guy Marcelin

- KOULAKA Odilon

- MBALLA Bénistant

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