IL EST ESSENTIEL QU’UN RELEVEMENT ECONOMIQUE PRENNE SON ..

Mardi 10 Janvier 2017 : : 10H28

« IL EST ESSENTIEL QU’UN RELEVEMENT ECONOMIQUE PRENNE SON ESSOR EN 2017 ET QUE CET ESSOR, CE RENOUVEAU ECONOMIQUE PASSERA PAR LA VALORISATION DES POTENTIELS AGRICOLES CONSIDERABLES DU PAYS »

 

C’est la phrase phare prononcée par le représentant des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) en RCA, Jean-Alexandre Scaglia, lors d’une conférence de presse, qu’il a animée le vendredi  06 janvier 2017. C’était dans la salle de réunion de cette agence onusienne à Bangui. Et ce, en présence de ses plus proches collaborateurs.

Ladite conférence de presse a un triple but, à savoir, présentation des vœux du nouvel an à la presse ; faire le bilan d’activités de la FAO de 2016 ; et projeter les perspectives pour l’année 2017. Les jeux des questions et réponses entre les journalistes et le représentant de la FAO, ont mis un terme à cette conférence de presse.

Voici publié dans son intégralité le propos liminaire du représentant de la Fao en RCA.

 

Le Petit YEKOA

 

 

L’année 2016 a été une année charnière qui est restée marquée par l'action humanitaire, mais qui a vu le redémarrage de certaines initiatives en matière d'élevage, d'agriculture et de foresterie .

L'année 2017 qui vient de commencer devrait voir l'amorce de la relance des secteurs agricoles et des ressources naturelles renouvelables qui constituent des priorités d'action du Chef de l'Etat même si l'action humanitaire devra rester soutenue, notamment pour ce qui concerne la PAO dans le cadre du processus du retour des déplacés internes et des réfugiés mais également dans le cadre du processus de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR).

Comme je vous l'avais dit lors de mes vœux en l'an 2016, l'appui à la relance économique et particulièrement à la relance de l'agriculture, de l'élevage et des forêts est essentiel pour assurer une stabilisation durable du pays.

Il est également essentiel que la population centrafricaine sente que le vent du développement souffle à nouveau sur le pays afin de retrouver des raisons d'espérer à un avenir meilleur.

Dans cet esprit, la table-ronde de Bruxelles entre les donateurs et les Autorités centrafricaines avec le soutien de la communauté internationale a permis de croire en cette relance grâce à l'accueil très favorable et aux appuis déclarés qu'a reçus le pilier 3 concernant la relance économique.

La PAO qui a été partie prenante dès le départ de cette initiative du Plan national de Relèvement et de Consolidation de la Paix en République centrafricaine (RCPCA) souhaite que les promesses financières importantes faites par différents bailleurs et institutions financières pour une relance massive et à grande échelle des secteurs de l'agriculture, de l'élevage et des forêts se matérialisent rapidement en 2017 et appelle l'ensemble des  partenaires de ces secteurs à rester unis, à continuer de travailler de manière solidaire et efficace, chacun apportant son expertise et ses compétences de manière à transformer les promesses de Bruxelles faites en 2016 en une réalité concrète en 2017.

En 2017, une fois encore, le vœu principal de la PAO est que la communauté nationale et internationale prennent conscience de l'enjeu que représentent les secteurs des ressources naturelles renouvelables en général et l'agriculture en particulier pour le redressement de la RCA,

En effet, ce dont a besoin la RCA c'est de l'emploi pour sa population, et le secteur agricole peut être un grand pourvoyeur d'emploi pour tous et pour la jeunesse centrafricaine en particulier.

Cette jeunesse qui devrait s'intéresser à l'agro-entrepreneuriat comme non seulement une solution au problème de chômage, mais au-delà, à un ensemble d'activités capables de leur fournir un avenir et un bien être.

Dans ses vœux à la Nation et dans ses vœux au corps diplomatique, le Chef de l'Etat a fait une allusion marquée au processus du Désarmement Démobilisation Réinsertion Rapatriement. C'est un processus auquel la PAO contribuera en partenariat avec les autorités nationales et la MIIMUSCA dès le premier semestre de cette année 2017.

Une série d'études de cas a été menée auprès des jeunes dans la ville de Bangui qui ont choisi de gagner leur vie au travers des métiers agro-pastoraux montre que ces jeunes gagnent en moyenne 75 000 francs CFA par mois et que ces revenus peuvent être améliorés avec le temps.

En résumé, en 2016, la PAO a mis en œuvre des distributions de semences, l'extension des réseaux d'Associations Villageoises d'Epargne et de Crédit (AVEC), l'extension des Champs Ecoles Paysans (CEP), la relance des processus FLEGT (certification des exportations de bois), la relance du processus GEF, la relance de la campagne de vaccination du gros et du petit bétail, la relance des appuis aux pêcheurs, la réhabilitation de la pisciculture, la réhabilitation des discussions sur la gouvernance foncière.

Bien que ces actions paraissent multiples et constituent des étapes importantes, je suis conscient qu'elles restent très insuffisantes pour assurer une relance des secteurs agricoles au sens large.

Bien sûr, ces actions devront continuer en 2017 mais devront impérativement couvrir des zones géographiques importantes, devront toucher un nombre d'agriculteurs, d'éleveurs et de forestiers encore plus important.

De plus, d'autres activités importantes devront démarrer très rapidement. Je citerai à titre d'exemple le démarrage des cultures de rente telles que le café, le cacao, le coton, mais également, il est urgent de revoir les codes fonciers et les codes d'investissement en matière de ressources renouvelables, de revoir les chaînes de valeur afin d'inciter à nouveau des investissements étrangers en République centrafricaine.

Il est également essentiel de mettre sur pied les services d'appui étatiques au développement agricole, par exemple l'Institut Centrafricain de Recherche Agricole (ICRA), l'Agence Nationale pour le Développement de l'Elevage (ANDE) et bien d'autres, mais également les Chambres agricoles, tant nationales que régionales. Il faut aussi repenser rapidement aux formations pour les jeunes si on veut que les jeunes se dirigent vers l'agro-entrepreneuriat. L'accès à de nouvelles compétences demeure un élément crucial au relèvement du pays.

Pour cela, les besoins globaux de l'ensemble du secteur demeurent énormes mais une fois encore, il ne s'agit pas de dons mais d'investissements dans l'avenir. Ces besoins ne sont que faiblement couverts, alors que le besoin propre à la PAO est de 80 millions de dollars US, le portefeuille actuel ne s'élève qu'à 25 millions de dollars US, soit un peu plus d'un quart des besoins nécessaires pour la seule PAO qui ne représente qu'une partie des besoins pour le redressement des secteurs agricoles, de l'élevage et des forêts.

 

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