ENTRETIEN AVEC BENJAMIN GREKOI : SES 04 VERITES...

Vend 16 mars 2018 : 08H57

ENTRETIEN AVEC BENJAMIN GREKOI : SES QUATRE VERITES DANS L’AFFAIRE BERENGO ET LA FAMILLE BOKASSA

Grekoi et famille bokassa 1« Benjamin Grekoi s’insurge  contre les agissements de Jean Serge Bokassa. Selon lui, Jean-Bedel Bokassa Ngboundoulou détient les secrets profonds de son père. En faisant un tour à Mbaïki, il a rencontré une dame qui est la dernière de l’ex-Empereur Bokassa. Il a retrouvé ses racines. Grékoi n’a pas peur des menaces de mort. Il veut tout simplement contribuer à la restauration de la paix dans son pays. Il souligne le comportement de l’entourage des chefs d’Etat qui se sont succédés à la tête du pays : « Tout va bien », « les dispositions ont été déjà prises », « tout est sous contrôle », autant de propos mielleux qui cachent leur hypocrisie, leur fourberie et leur mensonge grossier. Conséquence logique, la chute des différents régimes de Kolingba à Bozizé, en passant par Patassé ».

Centrafric Matin : bonjour Benjamin Grekoï

Benjamin Grekoï : bonjour monsieur le journaliste

 

Aujourd’hui, il y a une mésentente au sein du gouvernement. D’après nos investigations, c’est parce que c’est vous qui avez fait venir l’un des fils de Bokassa, Jean Bedel Bokassa Ngboundoulou. Est-ce vrai ?

En qualité de qui je peux créer une mésentente dans le gouvernement ? Je répète toujours que je suis un Centrafricain qui cherche la paix. Car, sans la paix, personne ne peut parler du développement. Ce n’est pas par hasard que j’ai fait venir Jean Bedel Bokassa Ngboundoulou. C’est parce que je faisais partie des gens qui ont contribué à la chute du régime de l’empereur Bokassa. C’était par ignorance que j’avais agi de la sorte puisque j’étais encore enfant. Etant devenu mûr et sachant gagner mon pain quotidien à la sueur de mon front, je regrette amèrement l’acte que j’ai posé pour contribuer à la chute de l’empereur Bokassa. Je demande à Dieu de me pardonner.

Parmi tous les présidents qui se sont succédé à la tête du pays, seul l’empereur Bokassa a l’esprit d’un bâtisseur et du développement de la RCA. C’est pourquoi je me suis intéressé à l’affaire de la famille Bokassa.

 

L’un des fils Bokassa, Jean Serge Bokassa continue aujourd’hui de bomber la torse suite à cette affaire. Comment l’appréhendez-vous ?

Je pense qu’il ne faut pas condamner Jean Serge Bokassa. Certes, il est le fils de l’empereur Bokassa. Mais il n’a pas hérité de son caractère. Ce qu’il raconte sur les ondes des radios et dans les journaux ne reflètent pas le comportement d’un homme sage. Ce qu’il m’a fait, je demande à Dieu de le pardonner, parce qu’il ne sait pas l’objectif que je poursuis.

Je ne cherche nullement à rentrer dans la vie privée de Jean Serge Bokassa. C’est la haine qui nous pousse à nous entretuer. Parce que, les Centrafricains n’aiment pas voir leurs compatriotes évoluer. Je suis quelqu’un qui est en permanence en contact avec les gens qui ont travaillé sous le régime de l’empereur Bokassa. Ce qui m’a poussé aujourd’hui à découvrir le secret de Béréngo que Jean Serge Bokassa ne connait pas.

Bokassa gboundoulou a mbaikiJ’ai la photo d’une vielle maman qui habite à Béréngo que Jean Bedel Bokassa Ngboundoulou était allé rencontrer. Qu’est-ce que cette vielle maman représente pour la RCA ? Je pense que Jean Serge Bokassa ne connait pas. C’est moi qui détiens ce secret parce que j’ai côtoyé beaucoup de personnes qui sont des proches parents de l’empereur Bokassa.

Jean Serge Bokassa manipule des gens qui m’appellent au téléphone pour m’insulter et me menacer, en préméditant ma mort. Mais je n’ai pas peur, puisque je me bas pour mon pays. C’était grâce à moi que Serge Bokassa est devenu ce qu’il est aujourd’hui. Je demande à Dieu de le pardonner pour son acte. Lorsque le site de Béréngo était envahi par de hautes herbes, qui a pris son temps pour le nettoyer ? Personne.

Jean serge Bokassa doit comprendre que Béréngo est un patrimoine national. Beaucoup de Centrafricains ont également contribué à la construction de ce site que vous voyez aujourd’hui. L’empereur Bokassa était un homme sage. Lorsqu’il a quitté Bangui pour regagner Béréngo, il a regroupé toutes les sociétés de la place pour les tenir informer que désormais, c’est le lieu où il résidera pour le reste de sa vie. Si les enfants Bokassa veulent aujourd’hui faire de Béréngo une affaire d’Etat, cela les engage.

Les gens disent clairement qu’il faut limoger Jean Serge Bokassa du gouvernement, c’est pourquoi il est entrain de s’agiter. S’il était réellement sérieux et conséquent avec lui-même, il devrait démissionner de lui-même.  Ce sont les mêmes personnes qui ont comploté contre son père qui le manipulent.

Le secret que détient son frère cadet, Ngboundoulou sur leur père, personne ne le sait. Je suis sûr de tout ce que je vous dis. La preuve en est que Ngboundoulou m’a confirmé certaines réalités que Katouka m’a racontées sur Béréngo. Et donc, je demande à Touadéra de travailler la main dans la main avec Ngboundoulou. Quant à Jean Serge Bokassa, il doit être sage et vigilant. Voilà le conseil que je peux lui donner.

 

Vous avez parlé de la haine et de la jalousie qui font obstacle au développement de notre pays. Selon vous, comment pouvons-nous remédier à cela ?

Monsieur le journaliste, c’est à cause de la haine et de la jalousie que le pays est tombé plus bas aujourd’hui. Lorsqu’un président est élu, c’est l’histoire du clan, de la région, de l’ethnie. J’ai payé le pot cassé à l’époque de Patassé. Les gens étaient allés raconter des mensonges à mon nom. Ce n’était que des années plus tard que certaines personnes se sont rendu compte que c’était du mensonge.

C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui. Partout, les gens parlent d’un probable coup d’Etat contre le régime Touadéra. Tout ceci, dans le but de perturber la paix et la tranquillité du peuple centrafricain. Et je vous assure que tant que nous ne changeons pas de mentalité et de comportements pour nous unir comme un seul homme, nous allons rester toujours faibles devant les autres. Et les gens vont profiter de cette situation pour nous exploiter et nous dominer.

Ce que le Centrafricain est incapable de faire, il dit qu’il peut le faire. Ce qu’il n’a jamais vu, il avoue qu’il a vu. C’est de cette manière que certaines personnes ont trompé les gens pour être nommés au gouvernement. Si on passe un test pour nommer les gens au gouvernement, vous allez vous rendre compte que beaucoup de personnes qui sont dans le gouvernement, ne méritent pas les postes qu’ils occupent. Fort malheureusement en RCA, c’est souvent sur le critère d’affinité familiale, ethnique, régionale et amicale qu’on nomme les gens au gouvernement.

Alors qu’à l’époque de Bokassa, les gens étaient nommés au gouvernement sur la base de leurs compétences. L’ex-empereur Bokassa ne cherchait nullement à faire la différence dans l’armée. Aujourd’hui, l’armée centrafricaine est politisée et ethnicisée. Voilà pourquoi les FACA sont tombées plus bas que terre. C’est la haine qui nous a poussés dans cette crise. Je demande à Jean Serge Bokassa de ne pas laisser libre cours à la haine. Ce sont les ennemis de la RCA qui cherchent à verser de l’huile sur le feu.

Il y a un problème de communication qui tue le pays. Les Centrafricains ne se communiquent pas assez. Et ce sont les rumeurs qui tuent la RCA. L’autre jour, j’ai dit la vérité à Bozizé afin de chercher à résoudre si vite le problème entre les Roungas et les Goulas. Mais personne ne voulait m’écouter. L’entourage de Bozizé m’a laissé entendre que des disposions ont été déjà prises, alors que ce n’était que du mensonge. Et aujourd’hui, l’avenir m’a donné raison par rapport à la crise que nous traversons. Et donc, Touadéra doit se méfier également de son entourage.

 

Vous avez soulevé un problème, celui de l’entourage des anciens chefs d’Etat centrafricain, qui, selon vous, ne leur donnait pas de bons conseils. Pouvez-vous nous donner des éclaircissements à ce propos ?

Vous savez, les gens n’aiment pas celui qui dit souvent la vérité. Et c’est mon cas. Lorsque j’écoutais quelque chose et que je partais informer Bozizé, son entourage ne faisait que le tromper. L’un de mes amis m’a donné un document sensible que j’avais remis à Bozizé afin de le renseigner sur un danger qui guettait le pays. Mais ce sont ses proches parents qui l’entouraient qui l’ont trompé. Et finalement, les choses ont mal tourné. Et je pense qu’ils ont tous regretté aujourd’hui. C’est pourquoi je vous dis que c’est la haine et la jalousie qui tuent ce pays.

Si Dieu te donne une responsabilité, il faut l’assumer dans l’honnêteté, au lieu de tromper les gens pour conduire le pays dans le gouffre. A l’époque de Kolingba, les gens disaient qu’il y a la paix, tout va bien. Alors que ce n’était pas le cas. Il en était de même sous le régime Patassé. C’est parce que les gens ne disent pas la vérité que nous sommes tombés dans cette crise.

Tous ceux qui vont agir de cette manière sous le régime Touadéra, finiront un jour par payer le prix. Parce que le pouvoir de Touadéra est un miracle de Dieu. Et il faut que tous les Centrafricains puissent bénéficier de ce miracle. Les gens pensent que je bénéficie du soutien de Touadéra pour agir de la sorte. Ce qui n’est pas le cas. J’ai fait revenir Jean Bedel Bokassa Ngboudoulou en RCA avec mes propres moyens. C’est parce que je veux que la paix revienne dans mon pays.

Je vous remercie.

 

Propos recueillis par Bénistant MBALLA

 

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